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C’est mardi soir que l’accord tant attendu entre les autorités de Bamako et les rebelles touareg occupant a été signé, à Ouagadougou. Une sorte de compromis en vue de permettre la tenue de l’élection présidentielle du 28 juillet. Cet accord envisage un retour de l’armée malienne à Kidal et un cantonnement des combattants rebelles.

Signé, pour Bamako, par le ministre malien de l’Administration territoriale, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, et par Bilal Ag Acherif et Algabass Ag Intalla au nom des deux groupes touareg, le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) et le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (Hcua), cet important document, intitulé ‘’Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali’’, incluant les arabes et les groupes d’auto-défense, est une grande avancée pour la stabilité au Mali.

C’est avant tout dans un profond souci de rétablir et de maintenir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national et particulièrement dans les régions du nord, et leur attachement à la Constitution de la République du Mali du 25 février 1992, que les Maliens ont signé cet accord sous l’égide du médiateur de la Cedeao, Blaise Compaoré. Ainsi, après onze jours de tractation, les différentes parties ont dû faire quelques concessions pour trouver une issue à la situation sécuritaire qui règne à Kidal.

Physiquement, l‘’Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali’’ est un document de 12 pages pour 25 articles. Il prévoit un cessez-le-feu, un déploiement progressif de l’armée malienne à Kidal en partenariat avec les forces françaises de l’opération Serval et celles de la Minusma, et un cantonnement des combattants touaregs sur des sites de regroupement. Leur désarmement interviendra dans un second temps, lors d’un processus plus approprié.

Il est aussitôt acquis que l’élection présidentielle de juillet prochain se tiendra sur tout le territoire national. Le document note aussi qu’à l’issue de l’élection présidentielle, et 60 jours après sa mise en place, le nouveau gouvernement malien devra, en collaboration avec la commission dialogue et réconciliation, entreprendre des pourparlers de paix avec toutes les communautés du Nord « en vue d’aboutir à une paix définitive ».

L’ensemble des signataires n’ont pas tari d’éloges pour ce grand pas vers la paix au Mali. Blaise Compaoré, le médiateur, s’est félicité du «caractère équilibré, réaliste et pragmatique de cet accord intérimaire, qui ouvre la voie à des pourparlers inclusifs visant l’établissement d’une paix définitive, la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, la réconciliation de la nation malienne avec elle-même».

Quant au patron de la Minusma, Bert Koenders, il estime que les acteurs qui ont signé cet accord doivent penser au futur du Mali et y mettre une réelle volonté politique. Pour Pierre Buyoya, envoyé spécial de l’Union africaine, signer est une chose, mettre ses engagements en application en est une autre. Le colonel Moussa Sinko Coulibaly, tout ému, garantit que c’est «un véritable tremplin vers un Mali nouveau bâti sur des valeurs démocratiques». Mahamadou Djeri Maïga, porte-parole du Mnla-Hcua, confie être fier de s’engager dans « un accord qui permettra de reconstruire le vivre ensemble et qui engage les Maliens à tourner la page de la haine». Quant à l’émissaire de Bamako, Tiébilé Dramé, « rien ne sera plus comme avant ».

L’adhésion de la Coordination des Mouvements et forces patriotes de résistances (Cmfpr), et du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) traduit le caractère inclusif dudit accord préliminaire. Après signature du document attestant leur adhésion, Me Harouna Toureh, porte-parole du Cmfpr-MAA a précisé que leur adhésion solennellement est conditionnée au fait que les groupes armés indépendantistes déposent immédiatement les armes.

Rokia DIABATE,

Envoyée spéciale à Ouagadougou

Le Prétoire du 20 juin 2013.