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Face à la pression de la société civile malienne, la signature du fameux Accord de défense initialement prévue pour ce 20 janvier a été reportée pour le 2 février. La société civile malienne s’est insurgée, la semaine dernière, contre la procédure et la date de signature de cet Accord de défense, qui visiblement comporte des zones d’ombre cachées au peuple. Fort heureusement, les deux parties ont reconnu que la date est inappropriée et qu’elle révèle un défaut de forme que de fond. C’est pourquoi ils ont dû surseoir à sa signature. De ce fait, la société civile consciente du Mali vient de gagner une bataille.

En effet, le nouvel accord de coopération et de défense entre le Mali et la France a été fixé au 2 février. Selon nos sources, les raisons du report tiennent à un problème de forme que de fond. « Il s’agit davantage d’un problème de forme que de fond ; elle a été repoussée d’un commun accord pour ménager la sensibilité de l’opinion publique malienne », a expliqué notre source. Car a-t-il ajouté, même si le document est presque finalisé, il reste à régler quelques points. Sur le fond, ce nouvel accord de coopération et de défense ne devrait pas apporter de grands bouleversements à la relation militaire entre les deux pays. « Il s’agit simplement de toiletter le précédent accord et de revoir notre collaboration en matière de défense à l’aune du nouveau contexte sécuritaire au Mali », assure notre source. Ce texte devrait notamment mieux définir les contours de la présence française dans le pays post-opération Serval.

Ainsi, s’il n’est pas question d’établir une base française permanente au Nord-Mali, les « points d’appui militaire actuels à Gao et Tessalit » n’ont, selon notre source, « pas de date de péremption». Vu l’enjeu de cet Accord, les autorités française et malienne d’un commun accord ont estimé que la date du 20 janvier retenue pour la signature officielle n’était pas de plus approprié et coïncide avec la date anniversaire de l’armée malienne. C’est ainsi qu’ils ont fixé la date du 2 février qui correspond à l’an 1 de la visite de François Hollande dans notre pays. Il faut le dire, n’eut été la sonnette d’alarme de la société civile malienne la semaine dernière, rien ne pourrait fléchir les deux parties de leur volonté de sceller un accord sans que le peuple ne soit préalablement saisi à travers ses mandataires.

La société civile malienne a eu raison de l’accord. Manifestement les inquiétudes de la société civile ont été prises en compte. La campagne médiatique menée par le collectif pour la défense de la République et d’autres organisations a eu des échos favorables. Ce qui a permis aux autorités françaises de revoir leur copie. Le moment semble propice pour les autorités de passer au peigne fin avec le peuple tous les contours de cet accord. Un Accord militaire avec la France n’est pas bien perçu par l’opinion publique malienne. Et pour lever tout soupçon sur son intention, le président de la République IBK, lors de son adresse à la nation du 20 janvier, a assuré que les accords de coopération militaire en discussion ou à venir ne tiendront compte que de l’intérêt du peuple du Mali, de tous les intérêts du Mali et des Maliens tout en renforçant nos capacités et celles de nos partenaires à faire face à l’insécurité structurelle de l’espace Sahélo saharien.

Boubacar SIDIBE

Le Prétoire du 23 Janvier 2014