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« Si nous voulons nous qualifier, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des points précieux contre certains de nos adversaires ». C’est l’analyse récemment faite par le nouvel entraîneur des Aigles et directeur technique national (DTN) du football malien, Jean-François Jodar. A mots couverts, il parlait certainement de la Sierra Leone, le premier adversaire de ses poulains dans la campagne des éliminatoires de la Can « Ghana-2008 ».

Sans aller trop vite en besogne, il est sûr que le coup de Freetown est jouable. Très lucide dans son analyse critique des raisons de l’échec des Aigles dans la qualification pour la Can et le Mondial-2006, il sait que le premier match est très important et que, dans un groupe, il y a toujours des outsiders contre qui il ne faut pas faire la fine bouche.

Tout comme il ne faut pas trop surestimer ceux qui sont considérés comme des épouvantails. La défaite contre le Liberia à Monrovia au début des éliminatoires combinées Can/Mondial 2006 a par la suite beaucoup pesé dans le parcours chaotique des Aigles.

Le match de dimanche est avant tout un test psychologique pour les Aigles. Malgré les changements intervenus dans l’encadrement technique, malgré la victoire sur la Tunisie en amical (le 16 août dernier à Narbonne, en France) et malgré leur propre volonté de se racheter, les joueurs ont encore des doutes légitimes.

A Freetown, il ne faut pas s’attendre à un match facile. Heureusement que Jodar et ses protégés en sont apparemment conscients. A part le fait de jouer leur premier match à domicile, les Sierra léonais n’ont rien à perdre. D’autant plus qu’ils vont jouer contre un adversaire considéré comme l’un des favoris du groupe.

Le Mali se déplace avec deux handicaps majeurs. D’abord le manque d’automatisme lié au fait que les joueurs n’ont pas joué ensemble depuis longtemps et aussi à l’arrivée d’un nouvel encadrement technique qui ne les connait pas tous dans leurs spécificités techniques et tactiques.

L’autre handicap, c’est que l’équipe est privée de beaucoup de ses cadres suite à des blessures (Momo, Mamadou Diallo…) ou de suspension (le capitaine Djilla, Soumaïla Coulibaly, Djibril Sidibé…).

Toutefois, ce dernier handicap peut être aussi un atout. Dans cette formation, toutes les places sont à prendre parce qu’il est trop tôt d’attribuer des statuts de titulaires incontestables.

Si on prend le coach au mot, la forme du jour et l’efficacité dans son schéma tactique sont d’abord ses critères fondamentaux de sélection. Ceux qui ont aujourd’hui la chance de pallier l’absence des ténors auront la détermination de s’imposer avec l’espoir de toujours jouer le premier rôle dans la suite des éliminatoires.

A l’encadrement maintenant de savoir fouetter leur orgueil, leur ego sans toutefois leur mettre une pression inutile. Avec des joueurs déterminés comme Bassala Touré, Sammy Traoré, Frédéric Oumar Kanouté, Seydou Kéita, Brahim Thiam, Adama Coulibaly, Fousseïny Diawara, Souleymane Diamouténé… l’étincelle peut jaillir à tout moment pour l’envol tant attendu des Aigles.

Le coup est jouable et il faut y croire !


Moussa Bolly

1 septembre 2006.