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C’est le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Ibrahima N’Diaye, au nom du Premier ministre, et son homologue du Niger, Mme Maïzama Hadiza, qui ont donné lundi, le coup d’envoi de la deuxième édition du Salon international de la formation professionnelle (SIEFOR) au Centre international de conférence de Bamako.

On notait la présence, dans la salle Balla Moussa Keïta où s’est déroulée la cérémonie d’ouverture, de Mme Bello Rokiatou Touré, la directrice générale de l’institut de management et de technologie (IMATEC) cheville ouvrière de la manifestation, de nombreux étudiants et chercheurs d’emploi, attirés par l’objet du salon.

« Je suis venu au salon de l’emploi dans l’espoir de voir s’ouvrir pour moi les portes du travail. Je suis au chômage depuis près de trois ans, mais je n’ai pas encore perdu l’espoir« , explique ce jeune électromécanicien d’une trentaine d’années, sorti de l’ECICA. Son propos confirme que le SIEFOR vise juste au coeur des préoccupations actuelles.

Organisé par l’IMATEC et ses partenaires, le Salon international de la formation professionnelle s’emploie à fournir aux jeunes, adultes et parents des informations sur les trois niveaux de formation (professionnel, secondaire et supérieur), les choix de carrière et le marché du travail.

Pendant trois jours, les visiteurs auront l’opportunité de discuter avec des représentants de centres de formation professionnelle, d’écoles techniques, d’universités, d’écoles supérieures, d’organismes de financement nationaux et internationaux, d’organismes professionnels et d’entreprises du Mali et d’ailleurs.

Le SIEFOR, selon ses promoteurs, joue un rôle décisif auprès des jeunes et des adultes qui ont des choix à faire pour leur avenir. « En regroupant sous un même toit tous les intervenants tant au niveau de l’éducation que des choix de carrière, ce salon s’impose comme un outil unique et essentiel dans cette démarche« , soulignent-ils.

La première édition du SIEFOR a permis, annoncent ses initiateurs, de créer une centaine d’emplois, d’offrir une trentaine de stages de formation, une vingtaine de stages en entreprise et environ un soixantaine de contacts professionnels.

Lieu d’exposition, d’information et de débat, le SIEFOR entend établir et renforcer les relations de partenariat entre employeurs, agences de recrutement et formateurs. Il s’attache aussi à favoriser la rencontre entre demandeurs d’emploi et agences de recrutement et entre étudiants et tous ceux qui ont besoin de formation et des formateurs pour les orienter.

Les entreprises peuvent présenter leurs services et leurs secteurs d’activité et les visiteurs s’informer sur tous les services liés à la promotion de l’emploi et à la formation professionnelle et sur les organismes de financement de la formation.

Des thèmes relatifs à la recherche du premier emploi, la valorisation des acquis, la lettre de motivation, l’optimisation du CV et la préparation des entretiens d’embauche seront débattus en atelier durant le salon. De petits stages de formation de deux heures chacun sont également prévus pour les jeunes diplômés.

Pour la directrice de l’IMATEC, ce salon doit permettre aux participants de se frotter aux réalités du marché du travail. Mme Bello Rokiatou Touré militent pour une synergie entre le privé et le public afin d’offrir une réelle opportunité de formation professionnelle aux jeunes.

Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique du Niger, Mme Maïzama Hadiza, a souhaité que la manifestation soit le début d’un partenariat fécond entre les deux départements qui partagent les même objectifs de formation et d’emploi des jeunes.

Le thème de cette édition « Entrepreneuriat et emploi des jeunes » s’inscrit en droite ligne dans la composante II du programme de l’emploi des jeunes initié par les pouvoirs publics, a constaté le ministre Ibrahima N’Diaye en faisant référence au développement de l’esprit d’entrepreneuriat chez les jeunes.

« Ceci dénote d’une convergence de vues et d’une unité d’actions des acteurs étatiques et non étatiques du secteur de l’emploi et de la formation professionnelle« , a-t-il souligné. Face à l’étroitesse de l’offre d’emploi salarié, le salut est à l’auto-emploi dans les secteurs porteurs et dans ce cadre le secteur rural est le premier gisement d’emplois, a t-il estimé.

Mh. TRAORÉ


Réactions contrastées

Deux jours après l’ouverture de la 2è édition du Salon international de l’emploi et de la formation (SIEFOR), l’affluence des visiteurs, majoritairement composés de jeunes diplômés sans emploi, d’universitaires et de scolaires, ne faiblit pas. Un engouement qui pourrait s’expliquer par un accroissement du chômage des jeunes et la situation préoccupante de l’école malienne.

Pour ses jeunes visiteurs, le SIEFOR présente toutes les apparences d’une porte ouverte sur des opportunités d’inscriptions dans des universités répondant mieux à leurs aspirations. Le salon est, en effet, un moyen efficace pour les établissements scolaires et universitaires de se faire connaître du grand public et de nouer des relations de partenariat avec d’autres structures à vocation de formation à l’intérieur comme à l’étranger.

Une trentaine d’établissements scolaires, de centres de formation et de structures d’accompagnement pour l’emploi et la formation des jeunes, comme l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) et l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE), prennent ainsi part à la manifestation.

Aujourd’hui, nombre d’exposants apprécient leur participation au SIEFOR, à l’image du directeur administratif de l’Institut supérieur de technologies appliquées (Technolab-ISTA).

« C’est une bonne initiative que de rapprocher les étudiants des structures de formation. Pour notre part, nous sommes satisfaits car les jeunes ont enlevé tous les dépliants d’information sur notre école. Nous avons aussi noué un partenariat avec une université tunisienne. Nos attentes sont comblées« , témoigne-t-il.

Dans les allées, on ne croise cependant pas que des personnes heureuses. Nombre de jeunes en quête d’emplois avouent être restés sur leur faim et ne cachent pas leur désespoir comme A. Traoré.

« J’ai cru comprendre que le SIEFOR était un salon de l’emploi et de la formation. Mais à ma grande surprise, je ne vois que des centres de formation dont l’objectif est de se vendre. J’ai parcouru l’exposition, je n’ai vu nulle part de recruteurs. C’est dommage« , déplore notre interlocuteur.

Ce constat vaut pour d’autres observateurs qui estiment qu’en deux éditions, le Salon, malgré sa dénomination, n’a pu véritablement établir la passerelle entre les besoins de formation et de recrutement. Aux initiateurs du salon de prouver le contraire.


M. KONATÉ

14 Mai 2008