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Le ministère du travail, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, à travers la direction nationale de la fonction publique et du personnel, organisera bientôt les concours directs de recrutement de 837 agents dans les catégories A, B2, B1 et C de la fonction publique.

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Les cadres concernés s’étendent à presque tous les secteurs d’activités. Les épreuves se dérouleront dans les centres de concours de Bamako, Kayes, Sikasso, Mopti et Gao. Le directeur national de la fonction publique et du personnel, Sidi Traoré, à travers une interview accordée à L’Aube, fait le point des préparatifs, des innovations et des perspectives.


L’Aube : Monsieur le directeur, qu’est-ce que la fonction publique ?


Sidy Traoré :
La fonction publique, c’est l’ensemble des administrations qui concourent à la réalisation des missions de service public poursuivant un intérêt général.


Qu’est-ce qui justifie un concours de recrutement dans la fonction publique ?

L’organisation des concours découle du statut général de l’application du règlement des fonctionnaires qui prévoit que chaque année, périodiquement, les besoins sont évalués pour l’organisation de concours en fonction des besoins des services.

La direction nationale traduit en corps et en spécialités des fonctionnaires pour ouvrir les différents concours. L’organisation de ces concours relève du département en charge de la fonction publique dans tous les domaines.

Pourquoi certains secteurs comme l’éducation, la douane et la justice ne sont pas concernés par ce concours général ?
Peut-être que c’est un manque ou un déficit d’information, sinon au niveau de la justice, je suis sûr et certain que des concours seront organisés.

Mais l’organisation de ces concours relève du ministère de la justice, la fonction publique ne recrute plus, par exemple, les magistrats et les greffiers. Il en est de même pour les ministères en charge de l’éducation. L’enseignement supérieur a déjà organisé son concours de recrutement pour l’année 2008.

Pour ce qui est des enseignements fondamental et secondaire, les recrutements se font au niveau des collectivités territoriales, de concert avec les académies d’enseignement

Pourquoi l’organisation des concours au niveau de la justice ne relève pas de la fonction publique, ne sont-ils pas des fonctionnaires ?

Au sens large de la définition de la fonction publique, les travailleurs de la justice sont des fonctionnaires. Mais les magistrats sont dotés d’un statut particulier, un statut autonome. C’est pour cela que, dans le respect de la séparation des pouvoirs, l’organisation de concours dans ce département est concédé au ministre de la justice pour le compte de la fonction publique.


Quelles sont les mesures prévues pour le bon déroulement des épreuves ?

Déjà, il y a une commission de travail qui a été mise en place. Le ministre a pris un arrêté qui fixe le règlement général du concours. Ce règlement définit la responsabilité de toutes les parties prenantes, notamment l’administration et les candidats. C’est dans ce cadre également que la commission de travail a été créée pour assurer le bon déroulement des concours.

Au niveau de chaque région également, il existe une commission régionale présidée par le gouverneur de région ou son représentant, et comprenant les représentants de la fonction publique, de la police, de l’académie d’enseignement, de la direction régionale du travail.

Elle veille également au bon déroulement du concours au niveau régional. Pour ce qui est de la sécurité, elle sera garantie à Bamako comme dans les régions. Nous ferons appel aux forces de l’ordre dans les différents centres de concours.


Quelques jours après la clôture, peut-on connaître le nombre de candidatures enregistrées ?

Déjà, nous avons 22 000 candidatures enregistrées à notre niveau dans le District de Bamako. Nous attendons de recevoir, dans la semaine, l’état des candidatures dans les régions de Kidal, Gao, Sikasso, Tombouctou, Kayes, Mopti. Dès que nous aurons enregistré toutes les candidatures, une liste générale sera publiée avant le déroulement des épreuves.


D’emblée, quelles consignes souhaitez-vous donner aux candidats ?

Le règlement général des concours fixe des consignes, des règles de conduite à respecter par tout le monde, candidats, administration et surveillants.

Ces consignes seront affichées devant les salles de concours et au niveau des gouvernorats de région pour bien informer les uns et les autres sur ce qu’ils doivent faire et sur ce qui leur est interdit, sur les sanctions prévues. Par exemple, il est interdit aux candidats d’entrer en salle avec un téléphone portable parce que c’est un moyen de fraude.

Egalement, le candidat, une fois les épreuves commencées, ne doit plus sortir de la salle avant d’avoir rendu sa copie, sauf en cas de force majeure. Dans ce cas, il sera accompagné par un des surveillants. A ceux-ci également, il est interdit de quitter la salle pendant le déroulement des épreuves. Donc, autant il y a des consignes pour les candidats, autant il y’a a pour les surveillants.

Par rapport à différents concours de recrutement passés, on a souvent parlé de fraudes, de ventes de sujets ou d’arrangements divers (copinage, patronage, népotisme). Qu’en pensez-vous ?

Je crois que c’est, en réalité, des propos de marchands d’illusions. Les concours se font toujours, et chaque année, les candidats viennent en masse.

C’est parce qu’ils ont confiance. Je crois qu’il serait plus intéressant d’interroger ceux qui ont déjà été admis pour savoir s’il existe de telles pratiques dans l’organisation des concours. Nous faisons tout, à notre niveau, pour que les concours se passent dans la rigueur et la transparence la plus totale. Mais le bon déroulement incombe également aux candidats. Ils sont libres, et mêmes tenus, de dénoncer toute irrégularité constatée, y compris dans la salle.

Dans la commission d’organisation, nous avons les représentants des jeunes diplômés qui nous assistent de bout en bout, pendant toutes les opérations, c’est-à-dire de l’organisation du concours jusqu’à la proclamation des résultats, en passant par les corrections. Et ces jeunes veillent à ce que tout se déroule dans la plus totale transparence. Il n’y a aucune inquiétude à ce niveau.

Les jeunes peuvent témoigner qu’il n’y a ni fraude ni une quelconque tricherie. Ce que nous voulons en terme d’admis, ce sont les meilleurs, pour qu’ils puissent bien servir notre administration, notre pays. Les marchands d’illusions peuvent continuer à dire tout ce qu’ils veulent. Cela ne va nous détourner de notre volonté de parfaire encore plus ce que nous sommes en train de faire. La fonction publique garantit l’égalité de tous devant l’emploi public. Il n’y a aucune discrimination.

A propos d’égalité, il semble que les diplômés de certains établissements d’enseignement supérieur ne sont pas autorisés à concourir. Pourquoi ?

La raison est toute simple. Je crois que la question mérite d’être posée au ministre de l’enseignement supérieur. La création d’une école et la validation d’un diplôme sont deux choses différentes.

On peut être autorisé à ouvrir un établissement, mais l’enseignement que vous y dispensez et le diplôme que vous délivrez ne relèvent pas de nous. Il a été demandé à chaque établissement de constituer un dossier et de le soumettre au ministre qui va apprécier le contenu du programme, la durée des horaires de cours, pour se prononcer sur le niveau du diplôme qui y est délivré.

Cela se fait par arrêté ministériel. Mais si cela n’a pas été fait, à quoi la fonction publique va-t-elle se référer pour apprécier un diplôme qu’elle ne reconnaît pas ? Mais une fois que ce diplôme a été validé par le ministère de l’éducation, il n’y a aucune raison à ce que la commission de la fonction publique ne l’accepte pas.


Selon vous, à qui la faute, le ministère ou les promoteurs d’écoles privées ?

La faute incombe entièrement aux promoteurs. Il y a des écoles privées qui ne présentent pas leurs candidats aux examens de l’Etat contrairement à d’autres, et ces dernières ne rencontrent aucun problème.

Les diplômes d’Etat sont délivrés aux candidats présentés par ces écoles et ceux-ci sont autorisés à concourir pour la fonction publique. Cependant, il y a des spécialités dans lesquelles l’Etat ne forme pas, mais pour que ces diplômes soient validés par l’Etat, il faut que les promoteurs suivent la procédure prévue à cet effet, autrement dit, fournir un dossier complet au ministère de tutelle.

Toutefois, cette année, l’Etat a décidé exceptionnellement de faire concourir ces diplômés auxquels vous faites allusion. Des instructions ont été données, après concertations entre les différents ministères, pour corriger ce qui est perçu comme étant une injustice. Notre département entend ouvrir l’accès de la fonction publique à tous les diplômés, sans exclusive.

Les épreuves vont se dérouler du 23 août au 07 septembre. A quand doit-on s’attendre aux résultats ?

Cette année, les résultats seront proclamés au fur et à mesure que les corrections seront faites.

Les autres années, les concours se déroulaient pendant l’année scolaire et les salles de classe n’étaient accessibles que les samedis et dimanches. Cette année, nous avons choisi les vacances, les classes sont libres. Les corrections débuteront immédiatement après les épreuves, et les résultats seront proclamés rapidement.


Quelles sont les perspectives pour l’organisation des concours ?

En terme de perspectives, il y a des innovations en vue. Par exemple, la multiplication des centres de concours.

Auparavant, le centre de concours c’était à Bamako ; maintenant, c’est au moins dans quatre régions, en plus de Bamako. Un service spécial sera crée pour prendre en charge l’organisation de ces concours. Ce service va certainement amener de nouvelles procédures et de nouvelles innovations, l’objectif étant le bon recrutement des agents pour le bon fonctionnement de notre administration.

Ça c’est une grande reforme qui est en cours et qui va permettre à la direction nationale de la fonction publique de se consacrer aux missions de management des ressources humaines.

Là également, il est prévu un service de gestion des ressources humaines au niveau de chaque ministère, et dans chaque région. Avec la coordination, l’accompagnement et le suivi de cette structure, la fonction publique aura vraiment du grain à moudre.


REALISEE PAR CHEICKNA TANDINA

31 Juillet 2008