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Le Groupement des distributeurs agrées d’engrais est contre la décision du ministre de l’Agriculture d’exclure une frange importante des opérateurs économiques dans l’approvisionnement des producteurs en intrants agricoles subventionnés au titre de la campagne agricole 2016-2017. “Nous ne sommes pas incriminés dans l’affaire d’engrais frelaté. Nous avons le statut et nous souhaiterons rester dans le circuit”, tonne le Groupement.

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L’atteinte des objectifs de la campagne agricole 2016-2017 est sujette à caution. En cause la lettre n°01126 du ministre de l’Agriculture qui exclut des opérateurs économiques du Groupement des distributeurs agréés d’engrais. Le ministre explique sa décision par l’application des recommandations du Conseil supérieur de l’agriculture, tenu le 31 mars 2016.

Ces directives visent l’assainissement du circuit l’approvisionnement des producteurs en intrants agricoles subventionnés. Le Groupement créé en 2009 ne goutte pas cette lettre du ministre Kassim Dénon. Sa mise en œuvre, avoue-t-il, enverra au chômage des dizaines de chefs de familles et des milliards de F CFA en fumées. Douze importateurs sont retenus alors que 40 opérateurs recalés remplissent les critères édictés dans la lettre signifiée aux intéressés.

“Le ministre a précisé dans la lettre qu’il nous a adressée, les critères d’ancienneté, de capacité financière, de représentativité des fournisseurs alors que certains importateurs retenus sont nos collaborateurs. En plus, les cas de mauvaise gestion de la subvention ne nous concerne pas. Nous ne sommes pas incriminés l’affaire de l’engrais frelaté”, assure le porte-parole du Groupement des distributeurs agrées, Sidi Diabaté de la société Séné yiriwaton. Et de préciser que cette décision met une quarantaine d’opérateurs économiques sur le banc de touche.

Selon le porte-parole, la décision dont l’objet est d’assainissement du circuit l’approvisionnement des producteurs en intrants agricoles subventionnés va conduire les sociétés des commerçants qui ont déjà acheté les produits à la faillite.

“Notre objectif est de rapprocher les produits de la population locale. Il s’agit d’amener les intrants vers les agriculteurs qui se sentent dans le besoin. Nous demandons au ministre de revenir sur sa décision afin que nous pussions participer au processus. Nos sociétés ont déjà payé des cautions auprès des services techniques et disposent dans leurs magasins des milliers de tonnes d’engrais non livrés”, selon le PDG de la Société de commerce du Mali, Abdoulaye Tindouré. Il ajoute que leur apport contribue à l’atteinte des objectif assignés par le président de la République.

Si le chef du département ne revient pas à sa décision, la mesure aura des répercussions sur la campagne agricole, annonce-t-il. Selon lui, les 12 sociétés retenues ne sont pas à mesure toutes seules de servir toutes les localités reculées. Afin d’éviter l’échec inévitable au milieu du gué, le Groupement des distributeurs agrées d’engrais invite le ministre Dénon à revenir sur sa décision.

Bréhima Sogoba

L’Indicateur du Renouveau du 28 Juin 2016