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Selon le rapport annuel de l’ONU/Sida de 2001, la pandémie fait des ravages dans le milieu des enseignants.

La pandémie sévit au niveau de la jeunesse productive (20 à 29 ans chez les femmes et 30 à 39 ans chez les hommes), peut donc priver la communauté de ses bras valides et réduire à néant les efforts de développement.

Le Sida est donc une catastrophe aux conséquences incalculables pour l’éducation.

Dans le milieu enseignant, il a été constaté que par exemple, en République Centrafricaine, entre 1996 et 1998, le nombre d’enseignants morts du sida égalait celui des retraités pour la même période.

Pour la seule année 1998, en Zambie, près de 1300 enseignants sont morts de la maladie.

Pendant la même période, en Côte d’Ivoire voisine, un enseignant du primaire mourait chaque jour de sida.

Les élèves ne sont pas épargnés par la maladie.

Leur jeunesse, leurs rapports sexuels précoces et surtout non protégés, ainsi que la multiplicité des partenaires, augmentent considérablement les risques chez eux.

Selon la Banque mondiale, chaque minute dans le monde, 6 jeunes de moins de 25 ans sont contaminés et parmi ces derniers, 75 à 83 %, se trouvent en Afrique.

Ainsi, efforts consentis par les pays africains pour atteindre l’éducation pour tous (EPT) avant 2015 sont fortement compromis par cette contamination de grande ampleur.

En effet, si d’ici 2010, la population africaine se trouve réduite de 25 % par rapport aux conditions normales de démographie, quelle projection de taux brut de scolarisation (TBS) faire?

Conscient de cette menace très sérieuse, lors de sa session de février 2002, le Réseau ouest et centre africain de recherche en éducation (Rocaré), avait fait de la thématique « l’impact du VIH/sida sur l’éducation » le deuxième axe prioritaire des 8 axes, qu’il avait dégagés.

Chaque pays africain a alors, lancé un plan pour sécuriser son système éducatif de façon à faire face à la demande éducative.

Avec l’approche par les programmes, tous les pays ont intégré le sida soit comme matière à part, soit comme matière secondaire dans les programmes scolaires, surtout au primaire et au secondaire.

Une autre approche, qui elle n’a pas de liens directs avec les programmes scolaires, se fait à travers des activités, comme les clubs de discussion sur le sida, l’instruction religieuse, l’environnement etc.

Cependant, tant que les enseignants ne seront pas bien préparés à se protéger et à mieux sensibiliser les élèves, la mobilisation restera insuffisante.

Aussi, afin de se sentir à l’aise face aux questions de sexualité, politiques et programmes s’avèrent nécessaires, pour donner aux enseignants les compétences qu’il faut à cet effet.

A l’actif du Rocaré : Activités sur l’impact du VIH/sida sur l’éducation, organisation en collaboration avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada en janvier 2004 au Burkina Faso, d’un séminaire sur « la synergie entre chercheurs et décideurs dans le monde de l’éducation« , au Niger en juin 2005, d’un autre séminaire, cette fois en collaboration avec l’ADEA, sur « la recherche formative« .

Au Mali, plus d’une centaine d’ONG sont engagées dans la lutte contre le sida à l’école.

25 août 2006.