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A la célébration samedi du 7e anniversaire de la disparition de Me Demba Diallo, président fondateur de l’Union des forces démocratiques (UFD), « son héritier spirituel », Siaka Diarra et actuel président du parti, est revenu une fois de plus sur les problèmes qui intriguent la nation malienne avant d’ajouter qu’ils ne céderont pas.

« La plus grande gloire du monde appartient aux hommes qui n’ont pas cédé », écrivait Me Demba Diallo dans son Manifeste. Pour perpétuer la mémoire de ce panafricaniste, repère historique africain et malien, l’UFD, aujourd’hui membre de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), a organisé le 7 juin dernier à l’Agence municipale du développement des quartiers de Korofina, le 7e anniversaire de sa disparition.

Président fondateur de l’UFD, 1er président de l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH), premier Médiateur de la République, l’homme qu’on appelait affectueusement « Ça Goloba » a été une « référence nationale », aux dires de l’actuel président de la formation, Siaka Diarra.

Avocat, politique, conférencier, journaliste, écrivain, Me Demba Diallo a mené une vie très riche tant sur le plan politique, culturel que sur le plan social. Combattant infatigable de tous les temps, sa carrière politique extraordinaire a débuté dans les années 1950.

A cette époque, a rappelé M. Diarra, une effervescence politique animait certains intellectuels disposés à tout donner pour l’indépendance de l’Afrique.

« Parmi eux, il faut voir l’image du brillant avocat, partisan de la paix, de la justice et des libertés individuelles ». Ce qui, a-t-il continué « engendra sa participation à la quasi-totalité des réunions et rencontres internationales de 1950 à 1967 dont les plus déterminantes ont été consacrées à la lutte contre l’injustice, l’intolérance, le colonialisme ».

C’est à ce titre que Me « Ça Goloba » écrira dans l’avant-propos de son livre « Carnet d’un militant du Tiers-monde » : « Ce qui m’intéresse, c’est l’Afrique dans sa globalité : elle participe à la marche inéluctable de l’humanité du 3e millénaire vers le destin planétaire de l’être humain définitivement débarrassé de ces béquilles humiliantes que sont l’intolérance raciale et l’égoïsme occidental approfondissant le fossé entre nations nanties et nations pauvres ».

Non aux prébendes !

Des témoignages et des projections de film retraçant la vie de l’illustre disparu, l’on retiendra que Me Demba Diallo, fut un homme de principe, un homme de culture et social. Ne disait-il pas, « je n’ai rien contre X ou Y, mais je tiens au respect des principes et des règles établies ».

Née dans la clandestinité, l’UFD n’entend pas lâcher prise car convaincue qu’elle a un lourd héritage au regard du parcours historique de son « guide spirituel » qui a conçu la formation, dit-on, comme un parti d’avant-garde au service du peuple malien. Pour ne pas aller à l’encontre des idéaux de Me Demba Diallo, l’UFD a clamé haut et fort qu’elle ne cédera jamais encore moins se détourner de sa vision à cause des prébendes.

« Nous ne sommes pas des béni-oui-oui. Nous avons toujours donné notre position sur des questions touchant la vie de la nation à chaque fois que la situation l’exige ». Pour mémoire, lors de son dernier congrès, tenu en mars dernier à Koulikoro, le parti avait donné le ton en rappelant au pouvoir en place que « gouverner, c’est pouvoir ».

La sortie samedi de Siaka Diarra sur la vie chère, l’école et la crise au nord n’est donc guère surprenante. Face à la flambée des prix des denrées alimentaires, l’UFD propose au gouvernement de s’impliquer davantage dans le contrôle des prix pour soulager les consommateurs. S’agissant de l’école et de la crise au nord, le parti suggère la tenue de concertations nationales impliquant tous les acteurs pour une sortie définitive de ces crises qui n’ont que trop duré.

« Nous sommes véritablement engagés à faire de l’UFD un héritage qui se développe. Nous inscrirons les progrès réalisés par le parti dans cette perspective ; à savoir : la participation à toutes les élections et l’obtention d’élus pour le parti, la tenue régulière des instances statutaires et la gestion correcte des ressources financières. Me Demba Diallo, vous êtes parmi nous et nous suivrons ta voie », a dit le président du parti.

L’UFD fait partie des cinq formations politiques dont les bilans ont été jugés corrects et fiables par la Section des comptes de la Cour suprême en 2007 au titre du financement public des partis politiques.


Mohamed Daou

09 Juin 2008