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L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la principale centrale syndicale du pays, a célébré hier, mardi 1er mai 2007, la journée internationale du travail. L’évènement, qui a mobilisé sur le boulevard de l’indépendance les militants des 13 syndicats fédérés à l’UNTM, fut mis à profit par le secrétaire général Siaka Diakité pour annoncer deux nouvelles revendications : une augmentation des salaires et l’élaboration et la mise en œuvre d’un chronogramme de travail décent au niveau tripartite.

Comme il est de coutume, l’UNTM a célébré la fête du 1er mai par un grand défilé sur le Boulevard de l’Indépendance. Plusieurs membres du gouvernement dont celui en charge du travail, de la fonction publique et des réformes de l’Etat, le président du Conseil national du patronat malien, la présidente de la Cour suprême, l’ambassadeur de France au Mali et plusieurs autres hautes personnalités ont pris part à cette manifestation riche en couleurs.

Les militants des 13 syndicats fédérés à la première centrale syndicale et leurs démembrements, habillés en tenue imprimée pour la cause, ont défilé au rythme de la fanfare nationale du monument de l’indépendance jusqu’au niveau de la Bourse du travail où la loge officielle était installée.

Pendant trois heures d’horloge, l’assistance a observé le passage, entre autres, des pionniers, femmes travailleuses, des aides ménagères, les 2000 jeunes volontaires de l’APEJ, des syndicats du bâtiment et travaux publics, de l’éducation et de la culture, de l’alimentation, de l’hôtellerie, des mines, de la métallurgie, des banques et institutions financières, de l’administration d’Etat, de la surveillance et prestation de service, des télécommunications.

Si, à travers banderoles et autres pancartes, ils ont rendu hommage à la centrale syndicale et à la fête du travail, certains d’entre eux ont profité de l’occasion pour exhiber des messages forts. Ainsi le Projet d’encadrement et de formation des aides ménagère a sollicité l’instauration d’une journée de repos par semaine pour les « bonnes« , les jeunes volontaires de l’APEJ ont demandé un travail permanent après le stage. La section syndicale de la filière coton a dénoncé la privatisation de la CMDT qui dit-elle va aggraver la pauvreté en milieu rural.

Les travailleurs de la poste s’interrogent quant à l’application du plan stratégique de relance de la poste adopté par le gouvernement depuis le 4 janvier 2006.
L’Untm revendique une augmentation de salaire

La fête du travail de cette année se tient deux jours après l’élection présidentielle.
Le secrétaire général a rappelé que l’UNTM observe la scène politique en tant qu’acteur social, soucieux du bien-être et de la préservation des intérêts vitaux du peuple. C’est pourquoi à la veille de ce scrutin, elle avait adressé un questionnaire aux huit candidats auquel seul le candidat du RPM avait répondu.

Le 1er mai n’est pas un simple évènement festif. Il est l’occasion pour les syndicalistes de faire le point des revendications et de se projeter dans l’avenir. C’est ainsi que Siaka Diakité a énuméré quatre points de succès remportés par l’UNTM depuis le 1er mai 2006, à savoir, l’obtention du plan social de Huicoma, la reprise des travailleurs licenciés de Transrail, l’augmentation du point d’indice et le rappel de la correction de la grille B1 et B2.

Ces revendications faisaient partie des 14 points contenus dans le protocole qui fait l’objet de négociation avec le gouvernement. A ce niveau Siaka a condamné la lenteur dans le traitement du dossier de l’UNTM. A ce cahier de charges, l’UNTM a profité du 1er mai pour ajouter deux points de revendication qui sont l’élaboration et la mise en œuvre d’un chronogramme de travail décent au niveau tripartite et l’augmentation générale des salaires.

Ces revendications se justifient par un niveau de pauvreté de plus en plus élevé au Mali. En effet, a expliqué Siaka Diakité, « le Mali fait partie des 25 pays qui ont atteint un taux de croissance supérieur à 5 %. Malgré ces progrès, la pauvreté s’est considérablement accrue…Les salaires actuels ne nous permettent pas encore de sortir de la pauvreté « .

C’est pourquoi le patron de la Bourse du travail pense que le gouvernement doit placer un agenda de travail décent au cœur de sa politique en réglant les problèmes de nourriture, d’hébergement, de santé, d’eau, d’éducation, d’électricité, de transport et de communication pour être au rendez-vous des objectifs du millénaire.

Yousouf CAMARA

02 mai 2007.