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Le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali, assisté de ses proches collaborateurs, était face à la presse le mercredi 12 janvier 2011 à la Bourse du travail. La rencontre a permis au patron de la première centrale syndicale de faire le bilan de l’UNTM de 1997 à nos jours. Pour lui, la situation du pays est désastreuse.

 » Le combat continue pour le bien-être des travailleurs du Mali ». C’est l’analyse que l’on peut faire des propos tenus par Siaka Diakité, le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), qui n’a pas été tendre avec son partenaire qu’est le gouvernement à l’occasion du point de presse qu’il a animé hier à la Bourse du travail.

Pour M. Diakité, l’UNTM est dans un équilibre instable, car, soulignera-t-il, il s’agit, pour la centrale syndicale, de donner espoir à ses mandants en revendiquant pour eux de meilleures conditions de vie et de travail. « Ce n’est pas aisé, surtout après la grave crise que notre congrès extraordinaire de 1997 a résorbée », a-t-il indiqué.

A ses dires, depuis, l’UNTM a orienté ses efforts vers le syndicalisme de développement, éclairée par sa volonté de satisfaire les justes revendications des travailleurs. Sur le ton comminatoire, le secrétaire général de l’UNTM a ajouté que le niveau déjà dérisoire des salaires s’est effondré. « La cohorte des travailleurs licenciés, déflatés, suite à la liquidation des sociétés et entreprises d’Etat, offre un tableau attristant ».

Faisant allusion aux deux dévaluations monétaires que notre pays a connues entre 1969 et 1994 et le changement du système monétaire, intervenu en 1984, épicentre de ce qu’il a qualifié de séisme, le SG a dit que, pour l’Histoire, « il ne sera pas exagéré d’affirmer que la situation est aujourd’hui désastreuse ».

 » Océan de malheurs »

 » Les préoccupations des travailleurs ont échoué sur les rivages d’un océan de malheurs et de convulsions tragiques », a-t-il indiqué. Et d’ajouter que ces préoccupations ont été largement révélées dans les recommandations de la Conférence internationale sur les dimensions sociales de l’ajustement structurel, tenue en mars 1993 en collaboration avec la Confédération internationale des syndicats libres, maintenant Confédération syndicale internationale (CSI).

A partir de ce constat, et au regard des différents cahiers de charge de revendications, il s’avère que la situation des travailleurs est complexe. Et pourtant, selon le SG, l’UNTM a déployé des gros efforts pour tenir compte des ressources de l’Etat, pour, a-t-il argumenté, éviter de provoquer de graves déséquilibres par rapport à certains programmes qui le lient aux partenaires techniques et financiers.

 » Les salariés demeurent toujours dans un état de vulnérabilité prononcé par rapport au marché. Le contrôle des prix est une exigence pour l’Etat qui doit suffisamment réguler et protéger les citoyens pendant les crises », a-t-il dénoncé tout en reconnaissant qu’une bonne partie de l’effort gouvernemental porte sur des réparations des préjudices, « parce que l’État est aussi justiciable des tribunaux. Les indemnisations et paiements des droits des travailleurs licenciés participent de cette volonté ».

La finalisation du statut des établissements publics à caractère administratif (EPA), la mis en œuvre de l’Assurance maladie obligatoire (Amo), la crise au sein du Syndicat national de l’administration d’Etat (Syntade), la hausse généralisée des prix, le bas niveau des salaires, l’intégration des contractuels dans la fonction publique, les écoles privées jusque-là non syndiquées… ont été d’autres points abordés par Siaka Diakité à la demande des médias présents à la conférence de presse.

Idrissa Sako

13 Janvier 2011.