Partager

Analysant la situation politique, sociale et économique ainsi que les revendications de l’UNTM, hier au cours d’une conférence de presse, le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, a dit manifester une lucide inquiétude sur les enjeux que nous devons affronter. Et à ce titre le leader de l’UNTM a prévenu que l’administration malienne ne sera pas seule à Kidal. Elle le sera avec l’armée malienne ou elle n’y sera pas.

jpg_une-1838.jpgLa présence effective de l’armée malienne dans la 8e région, singulièrement dans la Capitale de l’Adrar des Ifoghas, Kidal, les élections et la plate-forme électorale du FDR, regroupement de partis politiques et d’associations et de syndicats auquel s’identifie l’UNTM ont relégué au second plan les revendications syndicales de la centrale hier au cours d’une conférence de presse qu’a animée le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, à la Bourse travail.

Tout le territoire malien occupé depuis janvier 2012 par les terroristes et les narcotrafiquants ont été reconquis. Il reste la ville de Kidal qui est entre les mains de l’armée française et tchadienne. L’armée malienne n’y est pas. C’est ce qui fait couler beaucoup d’encre et de salive surtout à l’approche de la date du 28 juillet.

Sur ce sujet, l’UNTM est formel : « L’administration seule ne sera pas à Kidal. Elle y sera avec l’armée malienne ou elle ne sera pas », a tranché net M. Diakité, tout en reconnaissant les efforts consentis par l’ancienne colonie pour la liberté et la démocratie au Mali à travers l’opération Serval.

« Il est inadmissible qu’en nous aidant à libérer notre territoire, l’on puisse nous opposer quelques restrictions quant à la façon dont nos forces armées doivent se déployer sur telle ou telles portion à l’intérieur des frontières qui en déterminent les limites », a développé le SG de l’UNTM qui a estimé que ce serait un « parjure, une faute politique grave » d’admettre que la région de Kidal soit sous administration de troupes étrangères.

Précisions

« C’est comme si notre administration était assignée à travailler sous l’arme de l’ami pointé sur la nuque et sur celle de sa population assignée, alors que l’agresseur dans Kidal intra-muros dicte sa loi et ses conditions au Mali et arbore les symboles identitaires de sa souveraineté a contrario de celle de notre pays », a encore souligné Siaka Diakité.

A ses dires, il revient au gouvernement de faire en sorte que les élections aient lieu sur tout le territoire national à la date indiquée du 28 juillet 2013. L’UNTM jouera à fond sa partition, mais est contre toute partition du territoire de même contre le MNLA qu’il qualifie de traître, de Maliens qui ont pris des armes contre des Maliens et qu’il faut traiter comme tels.

Abordant le sujet du FDR le leader de la centrale syndicale a martelé que l’UNTM était toujours membre de ce regroupement de partis politiques, d’associations et de syndicats, né au lendemain du coup d’Etat. Et lui, Siaka Diakité, demeurait toujours le président. Il a rappelé les divergences des intérêts de ceux qui forment le groupement et à cet effet affirmé que l’UNTM ne signera pas la plateforme politique du FDR vendredi prochain et ne donnerait pas non plus une consigne de vote.

Sur les revendications de l’UNTM, Siaka Diakité a reconnu des avancées. « Nous attendons un arbitrage proche par rapport à la date d’effet du coût financier de leur mise en œuvre ».

Denis Koné

Les Echos du 29 Mai 2013