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Critiqué le plus souvent pour ses positions jugées acerbes et pour sa collaboration avec certains politiciens depuis les événements du 22 mars, le Secrétaire général de l’UNTM Siaka Diakité a levé toute équivoque sur ses intentions. «Nous ne sommes pas dans le front pour acquérir un poste politique quelconque ou pour être dans le Gouvernement » a-t-il fait savoir lors d’un point de presse tenu le mardi à la bourse du travail. Une pierre jetée certainement dans le jardin de l’alliance IBK 2012 sans le nommer qui lors d’un échange avec la presse avait indiqué « qu’elle a quitté le FDR parce que les intérêts ne sont plus les mêmes ».

Selon le Secrétaire général de l’UNTM, le partenariat qui lie sa centrale syndicale à certains partis politiques et associations de la place remonte aux événements du 22 mars 2012 mettant un terme à l’alternance démocratique. L’UNTM s’est réunie à son siège pour dénoncer le coup d’Etat et a été rejointe dans son combat par divers partis politiques et associations partageant les mêmes convictions qu’elle. C’est à partir de là, rappelle Siaka Diakité, qu’est né le front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR). Un front anti-putsch qu’il préside depuis sa création.

Siaka Diakité ne croyait pas si bien dire lorsqu’il affirme « Nous ne sommes pas dans le front pour acquérir un poste politique ou pour être dans le Gouvernement. Nous ne profitons pas de l’occasion pour voler, encore moins pour mentir à notre peuple, parce que nous aimons notre pays. Nous dénonçons le coup d’Etat, parce que nous voulons une situation normative pour mieux défendre les intérêts des travailleurs. Et cela nous ne pouvons mieux le faire que quand l’ordre constitutionnel est réellement rétabli ».

Sur sa présence au sein de ce front dominé par de grandes formations politiques, le patron de l’UNTM précisera qu’elle n’a rien de politique et qu’elle est purement et simplement syndicale.

Sur la situation sécuritaire au nord du pays, l’UNTM accuse le régime d’Amadou Toumani Touré de n’avoir pas considéré les signaux de détresse qu’elle lui avait lancés le 31 janvier 2012. Le coup d’Etat du 22 mars, rappelle t-on, a précipité la chute et a occasionné cette partition de fait du pays.

Le Secrétaire général de l’UNTM a déploré qu’aucun plan de reconquête du territoire ne se dessine depuis que les militaires ont pris le pouvoir. Alors que les unités sont là dans les garnisons militaires. En dépit de la nomination du président par intérim et du premier ministre de transition, aucune initiative n’est jusque là prise sur la situation au nord. Pourtant, il est extrêmement urgent de penser à sauver le Mali afin de planter le drapeau national sur toute l’étendue du territoire et d’amoindrir la souffrance de nos populations.

Dans les régions sous occupation, la situation est catastrophique. Depuis le mois de mars, ces localités n’ont pas perçu leur traitement mensuel. Les structures financières sont inexistantes et la situation alimentaire va de mal en pis. Des responsables d’union régionale des travailleurs des trois régions ont fait des témoignages pathétiques qui prouvent l’urgence d’une intervention en vue de sauver des vies humaines.

L’UNTM fonde beaucoup d’espoirs sur le gouvernement de transition en vue d’une sortie rapide de crise.

Abdoulaye DIARRA

L’Indépendant du 25 avril 2012