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Ce dont le Président IBK a hérité n’est à proprement parler pas un Etat normal au sens classique du terme. En effet, après une transition qui n’aura pas fait de bilan connu ou en tout cas communiqué, voila un président élu qui fait face à un tas de friches où tout est à faire ou à refaire. Avec une population aux attentes énormes et à tout le moins d’une impatience sans limites. À qui il a été promis le changement.

Mais quel changement dans la mesure où en dépit des changements réclamés à cor et à cri par tout le peuple, il se trouve des intelligences qui veulent s’opposer à tout changement des animateurs de l’administration et des entreprises. Alors là, soyons au moins démocrates en acceptant que le Président élu a le droit de changer tout ce qu’il veut et de mettre aux commandes des structures du pays les hommes et les femmes en qui il a confiance et qu’il pense être les atouts en mesure de l’accompagner afin d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. Il est alors de mauvais aloi de parler de chasse aux sorcières si nous admettons que c’est à l’heure du bilan que chacun peut brandir ses notes et réclamer ce qui n’a pas été accompli bien que promis.

D’ailleurs à propos d’impatience, on peut constater que le traditionnel bilan des 100 premiers jours ne lui a même pas été consenti. Dès les premiers jours on a pu entendre certains se dire déçus soit par les personnes nommées à certains postes, soit du fait que l’Etat n’occupe pas encore tout le territoire comme eux l’avaient pensé en votant pour le Président IBK.

Il faut que l’on sache que le Président n’est ni un magicien, ni en mesure de tout faire tout seul. Ce qui s’est passé comme dégâts au Mali depuis ces dix dernières années est trop important et requiert la participation de toutes les bonnes volontés afin que le pays puisse se relever et marcher vers le développement. Des pans entiers de notre société se sont effondrés dont l’armée, la sécurité, l’éducation, l’emploi des jeunes, la santé, l’agriculture et tout le reste. Ces travaux d’Hercule, le président IBK peut à coup sûr les effectuer mais il aura besoin de toutes les forces vives de la nation pour ce faire.

Toutefois, il est de notoriété que certains nostalgiques qui ont perdu leurs prébendes et qui, disposant des moyens obtenus comme tout le monde sait et peut être craignant d’être interrogés sur ces biens mal acquis, s’agitent pour semer la confusion. Aidés en cela par leurs alliés qui veulent à tout prix rester à leurs stations afin de perpétuer ?un système? qui a mis à genoux le pays.

Cela, le Mali n’y a pas intérêt et le Président IBK, à coup sûr, ne le laissera pas prospérer.

Idrissa DIOUF

L’Indépendant du 26 Novembre 2013