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Les journées mondiales se bousculent au Mali et leur célébration suscite un regain d’activité dans nos ministères. Le factice embellit les manifestations et se couvre d’un zèle envahissant des maîtres de cérémonie. Le gouvernement a de la matière et les ministres, tout en mouvement, dévorent ces instants qui soignent leur image.

L’Organisation des Nations-Unies (ONU) a consacré certaines dates comme jours de commémoration pour attirer l’attention sur les enjeux internationaux importants. Des associations ou institutions ont elles aussi promu des journées dédiées à un thème particulier ? Les objectifs de développement activent les initiatives des hommes du progrès. Chaque mois héberge son lot de journées.

Le festival des journées a tôt fait de donner des allures fantasques à nos ministres, séduits par l’aubaine. La célébration est galvaudée. Le spectacle exaspère les esprits les plus éclairés. Les discours mortifères viennent pervertir les attentes et consolider les incertitudes. Les radotages couvrent lesdites journées et des gestes inutiles s’utilisent pour donner le change aux populations. Les autorités s’exercent dans des gymnastiques infécondes, les danses, les astuces pour consommer les fonds alloués à l’organisation des manifestations.

Ce mois finissant a été rythmé par les différentes comédies à l’occasion des journées internationales : l’hypocrisie de la paix, des blagues pour distraire les familles, les rêveries autour des musées, des fantasmes sur la diversité culturelle et des fables pour masquer les lacunes de nos gouvernants.

Les ministres d’ATT affaiblis par le désœuvrement profitent des journées internationales pour se requinquer et s’occuper. On se donne à loisir des parties de distraction. Les agitations entraînent un vacarme qui cache mal les bulles de la tricherie. Des ministres d’ATT se font plaisir, en remplissant le temps de folklores.

La patronne de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a dû visiter quelques enfants pour rappeler qu’on peut à volonté vaincre l’oisiveté au moment où le code de la famille est placé déjà au placard comme il est de coutume. Les chenils et les bergeries attendent la générosité de madame la ministre. Les brebis et les chiens revendiquent leurs droits de goûter aux délices du Mali émergent.

La démocratie sous l’ère ATT souffre du manque de vision de certains ministres qui tournent en rond et refusent d’abdiquer malgré leur évidente faiblesse. L’immobilisme est inquiétant. Les balades initiées n’enlèvent rien au désœuvrement ministériel. La République a mieux à faire que d’abriter des ministres du paraître. Les incapables reconnus devraient, par amour pour la patrie, démissionner. C’est une question d’honneur. La résistance ne comblera pas le déficit de performance et l’indécision me paraît un mauvais choix.

Après plus de 48 ans d’indépendance, la nation a plus que jamais besoin de bâtisseurs et non des artisans de divertissement, maîtres dans l’art de confondre les priorités.

A plus d’un an de son deuxième mandat, ATT a l’impérieux devoir de rassurer les plus de 70 % d’électeurs qui l’ont plébiscité en 2007.

Le recrutement gouvernemental en vue, doit servir à panser les plaies ouvertes par l’actuelle équipe. Et que les journées mondiales cessent d’être des jours de fête pour «ministres fêtards». C’est une urgence car le changement ne semble toujours pas changer les habitudes des ministres.

Gnimadi Destin

25 Septembre 2008