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Le programme spatial chinois va non seulement bon tain, mais il a permis à la Chine de réaliser des percées techniques dans des domaines hautement spécialisés. Avec trois taïkonautes à bord, et après deux jours de vol, le vaisseau spatial Shenzhou VII a atterri dans l’après-midi du 28 Septembre 2008.

Ce retour spectaculaire sur Terre a marqué la réussite du troisième vol habité chinois, faisant de la Chine le troisième pays du monde à accomplir une marche spatiale, après les Etats Unis et la Russie.

Une percée réussie

Le 27 Septembre 2008, à 16h 40, le taïkonaute chinois Zhai Zhigang réussissait à ouvrir la porte du module. Dix minutes plus tard, il agitait le drapeau national chinois dans l’espace. Bien que cette sortie extravéhiculaire n’ait duré que moins de 20 minutes, elle représente sans conteste un important succès pour la technique spatiale chinoise.

Aussi, le Conseiller du Programme spatial habité chinois, M. Wang Yongzhi, déclare : “Après avoir réussi le vol de Shenzhou VII, nous pouvons dire que nous maîtrisons la technique de sortie extravéhiculaire. Notre prochain objectif important est de faire de la recherche sur la technique d’amarrage“.

Entre 2010 et la fin de 2011, la Chine lancera Tiangong I, un laboratoire spatial miniature. Deux ans après ce lancement, les Shenzhou VIII, IX et X seront successivement lancés et s’arrimeront au Tiangong I.


Des mesures de sécurité

Avant le vol de Shenzhou VII, la Chine a acheté des scaphandres à la Russie. Cependant, lorsqu’il a effectué sa première sortie dans l’espace, le taïkonaute chinois a finalement porté une combinaison spatiale de fabrication chinoise.

L’extérieur du scaphandre doit être résistant aux radiations, aux rayons ultraviolets, au froid et à la chaleur. Car il se peut que le taïkonaute soit contraint d’affronter des températures extrêmes : haute température (200° Celsius face au soleil) ou basse température (dos au soleil).

Grâce à cette tenue spatiale, le taïkonaute peut éviter d‘être blessé s’il était frappé par de petits objets dans l’espace. Le scaphandre est également équipé d’un microphone et d’un écouteur qui permettent au taïkonaute de communiquer avec le centre de commande sur Terre et avec ses collègues.

Le Commandant Général Adjoint du Programme spatial habité chinois, M. Ma Xingrui, informe : “Le scaphandre ressemble à un petit système de survie. Sa fabrication nécessite la maîtrise de nombreuses techniques. Je pense que réussir une percée technique dans ce domaine est loin d’être facile“.

Des détails techniques

Par rapport aux précédents vaisseaux spatiaux habités chinois, Shenzhou VII devait rester dans l’espace pendant un temps. Dans ce cas, l’installation de toilettes dans l’habitacle était nécessaire. Mais à cause de l’étroitesse du vaisseau, ces toilettes étaient non seulement petites, mais pliables.

En la traitant pendant quelques heures, l’urine humaine a pu atteindre les normes… de l’eau potable. L’intérieur du module de rentrée de Shenzhou VII était décoré d’un tissu de fibre de verre particulier, une sorte de matériau non seulement calorifuge, ignifuge et atoxique (c’est-à-dire qui conserve la chaleur, est non inflammable et non toxique), mais résistant aux radiations. Ce type de tissu a réussi à résoudre le problème de la poussière. C’est que sous gravité zéro, une particule de verre, même minuscule, peut s’infiltrer dans le nez et la bouche du taïkonaute.

Shenzhou VII a transporté des médicaments traditionnels chinois dans l’espace : ce qui constitue une première dans l’histoire spatiale. Au cours de ce vol, les taïkonautes ont pris un médicament contenant une dizaine d’ingrédients. Ce qui a permis d’élever leur fonction cardiovasculaire et de se prémunir contre les maladies spécifiques de l’espace.

Oumar DIAWARA

(Source : La Chine au Présent)

02 Avril 2009