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A la présentation de son nouveau roman « La Saison des pièges », samedi dernier à la Maison de la presse, Seydou Badian Kouyaté n’est pas allé avec le dos de la cuiller avec les autorités qu’il a accusées d’être les responsables de l’humiliation subie par le Mali dans la crise du Nord. Et d’affirmer que l’Algérie veut la co-souveraineté du Mali.

« La politique que les autorités sont en train de mener au nord est désastreuse pour le Mali. Elle est un danger pour le Mali d’aujourd’hui et pour le Mali de demain. Il est temps que les Maliens se lèvent pour la dénoncer car l’avenir de ce pays en dépendra ».

Ces propos viennent de celui qui a été impliqué dans le dossier du Nord dans les années 1960, il s’agit de l’auteur de l’hymne national du Mali, Seydou B. Kouyaté. M. Kouyaté au cours de cette rencontre s’est insurgé contre le pouvoir en place qui, regrettera-t-il, gère la crise selon son bon vouloir avec l’implication de l’Algérie et de la Libye.

L’attitude des autorités algériennes et libyennes et l’importance que leur accordent nos autorités, font aux yeux du conférencier que ce conflit va au-delà de tout ce qu’on peut imaginer par rapport à « la souveraineté de cette partie du territoire ». Le politicien littéraire n’a cessé de se questionner sur un certain nombre de faits qui lui coupent le sommeil.

Un Etat méconnaissable

« L’armée, à ses dires, a été disqualifiée et a reçu un jet de boue à la face». Seydou Badian est taraudé par le fait qu’une trentaine de nos soldats aient été pris en otage sans qu’un seul coup de feu soit tiré. « Est-ce des consignes qui leur ont été données pour qu’ils ne tuent pas des rebelles ? Ce n’est pas le Mali que je connais ».

Pour une résolution des problèmes du Nord/Mali, l’ancien ministre du Développement sous le président Modibo Kéita propose la convocation d’une conférence internationale réunissant le Niger, le Mali, la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Libye en présence du président Abdoulaye Wade et Thabo Mbeki qui vont débattre de tous les problèmes qui y ont trait.

« Sans cela tôt ou tard, le Mali perdra une partie de son territoire », a-t-il averti. Car, à l’en croire, « les accords ne dureront pas longtemps ». Cette question de souveraineté se voit dans les actes. « C’est déjà la co-souveraineté avec l’Algérie. Il suffit d’une petite chose pour que l’Algérie joue aux sapeurs pompiers ». D’autres remarques faites par le conférencier lui font dire que certains tentent de ressusciter l’Organisation des régions sahariennes (ORS). Ce jour, a-t-il dit, n’est pas loin. « Le jour où le pétrole va jaillir, vous verrez ».

Pour que cela n’arrive, il a exhorté la jeunesse à se lever comme un seul homme pour barrer la route à ceux qui sont en train de laisser le Mali à la dérive. Sans être partisan de la violence, le doyen a proposé aux jeunes de prendre conscience de l’avenir du pays. « Levez-vous, marchez, dénoncez, dites non même si on doit vous tuer mais dans la légalité ». Il a conclu que le « Bateau Mali » peut tanguer, mais ne chavira jamais. « Levons-nous le Mali ne mérite pas la médiocrité ».

Amadou Sidibé

21 avril 2008.