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L’administration à Gao, Tombouctou et Kidal délocalisée mais pas désactivée : c’était le message de l’Ortm samedi. Cela donne espoir, les vieilles nations ne devant s’effondrer tel un château de cartes. Le plus grand espoir vient d’ailleurs des femmes et des jeunes du Nord entrés depuis peu en résistance contre l’envahisseur. Qu’il s’agisse du Mnla dont le frémissement fort compréhensible pour une autre forme d’Etat s’est laissé pervertir par sa méthode rejetable.

Ou d’Ansardine dont le procès juste contre l’Etat corrompu, donc l’Etat haram, est invalidé par la jurisprudence du prophète Mohamed (Psl) qui s’était toujours gardé des conversions forcées à l’Islam. L’espoir c’est aussi cette jeune ségovienne du Nord qu’est Aya, élève de cinquième année, qui a gribouillé sur son cahier d’écolier sa désapprobation des rebelles et ses attentes de victoires. Cheick Modibo Diarra, ce week-end, dans la capitale des Balanzan, ne l’a pas rencontrée.

Et pour cause : personne ne connait encore cette Anne Frank malienne. Mais ils ont en commun la prière pour la paix. Sauf que le Premier ministre doit être dans l’action, lui. Une action qui tarde alors que chaque minute étend les tentacules de la pieuvre jihadiste et ses menaces inquiétantes pour l’islam multiséculaire de notre pays. Le corridor humanitaire, si utile soit-il, ne remplace pas l’impératif de la reconquête du terrain perdu. L’assistance militaire extérieure – qui reste d’ailleurs à être clairement sollicitée – si précieuse soit-elle, ne dispensera pas notre armée d’assumer sa seule raison d’être.

Il nous faut sortir urgemment de cette espèce de trou noir qui happe nos quiétudes et notre fierté de grande nation en laissant, à l’instar des responsables de la Cedeao ou de l’Union africaine, la tâche ingrate de nous parler, par médias interposés, de sujets dont notre orgueil s’accommode mal. Notre prière à nous pour un gouvernement à qui il reste moins d’un an, c’est le travail et le résultat. Car le cap c’est le projet démocratique retrouvé et par conséquent nous devons éviter la « gbagboisation » de notre transition. Le Premier ministre doit donc prendre tout son pouvoir. Ce pouvoir ce n’est pas toutes les caméras du pays. C’est la pertinence du jugement, la décision de l’action, la promptitude de l’action.

Adam Thiam

04 Juin 2012