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Village situé à 51 kilomètres en amont de la ville de San dans la région de Ségou, Talo est situé sur les bords du Bani, un affluent du Niger dont les eaux baignent des terres arables à perte de vue.
Pour se rendre à Talo, il faut traverser de vastes étendues de pleines et de savanes, sur une piste latéritique qui serpente entre des hameaux de culture.

Ainsi, sans un dispositif de sauvegarde, cette immense ressource en eau se perd dans la nature. C’est pourquoi le gouvernement, avec l’appui financier de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP) et la Banque africaine de développement (BAD), a entrepris la construction du « Seuil de Talo ». Le seuil de Talo est une réalisation porteuse d’espoir.

D’un coût de 8 milliards de Fcfa, les travaux de réalisation du seuil de Talo ont débuté Le 2 mars 2005 et ont duré 20 mois.

L’ouvrage est composé d’une digue et d’un pont de 300 mètres sert de déversoir, en laissant le fleuve suivre son cours normal. Le seuil de Talo relie les deux rives du fleuve. A l’une des extrémités, se trouve l’ouvrage de prise d’eau principale qui permet l’alimentation des plaines. Grâce au nouvel ouvrage, 20320 hectares de terre destinés aux activités agro-silvo-pastorales pourront être irriguées à terme. L’eau sera ainsi toute l’année, disponible dans le lit du fleuve.

Le seuil en débitant en moyenne 3500 mètres cubes par seconde devrait considérablement améliorer les rendements à l’hectare, exploitants pourront récolter jusqu’à 3,5 tonnes de riz à l’hectare contre un rendement actuel de 1,5 tonne, a expliqué indique Adama Keïta, chef de division activités économiques et suivi environnemental du projet.

Grâce au pont métallique, l’ouvrage contribuera au désenclavement de la rive gauche du Bani et à l’écoulement des produits agricoles.

Au cours de la première phase d’exploitation du projet, à la suite de travaux qui ont coûté 4 milliards de Fcfa, 1600 exploitants seront installés dans les cercles de Bla et San sur environ 7850 hectares.

Le projet tient en compte le volet environnemental qui a fait l’objet d’une étude minutieuse. Ainsi, 250 hectares seront reboisés.

Une trentaine d’enseignants ont été formés en éducation environnementale.

Dans tous les cercles, des centres de santé ont été construits ou réhabilités et équipés jusqu’à Djenné. Une campagne de sensibilisation contre les maladies liées à l’eau, a été initiée.

D’un coût de 4,2 milliards, 133 kilomètres de pistes ont été aménagées pour permettre de relier la localité à différentes routes nationales.

La réception de l’ensemble de l’ouvrage par le maître d’ouvrage, a eu lieu le 18 janvier 2006.

Dans le cadre du dispositif global de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), le seuil de Talo sera géré par un comité de gestion formé à cet effet.

26 janvier 2007.