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La quatrième session extraordinaire du Comité inter-parlementaire de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) s’est ouverte hier au Centre international des conférences de Bamako.

La cérémonie d’ouverture, présidée par le chef de l’État, Amadou Toumani Touré, s’est déroulée en présence d’un parterre de personnalités parmi lesquelles les présidents des parlements des huit pays de l’Union, des parlementaires mauritaniens, marocains et belges.

Cette session extraordinaire a pour thème l’émigration en Afrique de l’ouest. Un sujet d’une brûlante actualité. En ouvrant les travaux, le président de la République a relevé que les chiffres sont très alarmants.

En effet, le nombre de migrants à travers le monde est passé de 75 millions à plus de 200 millions de personnes en moins de vingt ans. Les services de migration de l’ONU, estiment que si rien n’est fait, le phénomène ira crescendo surtout en Afrique.

Se référant à ces données, le président Touré a indiqué qu’un Africain sur dix vivra bientôt hors de chez lui. Particularité : le phénomène revêt de plus en plus, un visage féminin sur notre continent.

Ses causes sont multiples : manque d’emploi dans les régions de départ, situation politique dans certains pays, illusion de prospérité dans les pays du Nord etc.
Malgré les difficultés qu’endurent nos compatriotes, force est de reconnaître qu’ils drainent une manne financière importante vers le pays.

L’apport de la diaspora se classe ainsi au deuxième rang des ressources dans notre pays et dépasse de loin l’aide publique au développement dans certains domaines, a constaté Amadou Toumani Touré. Et le chef de l’État d’attirer l’attention des parlementaires sur quelques aspects positifs de la migration. Il s’est dit convaincu que certes le tout humanitaire est illusoire, mais le tout sécuritaire l’est tout autant.

Il faut, a préconisé le président de la République, un savant dosage des deux approches en vue d’encadrer le phénomène au bénéfice de toutes les parties.
Dans leurs différentes interventions, le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, et son homologue du CIP, Mélégué Traoré, ont rappelé que le débat sur la migration retient l’attention des parlementaires à travers le monde.

Récemment, les parlementaires européens ont voté une nouvelle loi, à caractère de bouclier législatif, pour réglementer la gestion du flux migratoire, désormais, à l’intérieur de l’espace de l’Union européenne. Pour Dioncounda Traoré et Mélégué Traoré cette loi du parlement européen va à l’encontre des droits de l’homme.

Le président de l’AN a ainsi estimé que « les opportunités formidables offertes par la mondialisation ne seront valablement investies pour le bénéfice de l’humain, que lorsqu’à la totale liberté des flux financiers qu’elle occasionne, correspondra une gestion plus intelligente, plus solidaire et plus juste des flux migratoires. »

Pour Mélégué Traoré la migration entre l’Afrique et l’Europe ne doit pas occulter l’importance du phénomène à l’intérieur du continent. Il a expliqué qu’ils sont des millions d’Africains à s’installer dans les pays voisins ou ailleurs sur le continent.

Mais, parfois en dépit de la proximité sociologique et des discours sur l’intégration africaine, il faut reconnaître que les Africains subissent parfois des traitements inhumains et totalement indignes d’une planète que l’on voudrait mondialiser, en Afrique comme ailleurs dans le monde.

« Et dans notre sous-région, la libre circulation des personnes et des biens, la liberté d’installation sont malheureusement restées des voeux pieux« , a critiqué de son côté Dioncounda Traoré.

Cette session extraordinaire du CIP passera donc au crible la question des migrations. Les parlementaires sont appelés à se pencher sur ce phénomène qui soulève tant de passion, d’abord sur le continent et ensuite à travers le monde.

Pour ce faire, quatre ateliers thématiques sont constitués pour discuter de sous-thèmes, a expliqué Mélégué Traoré, en se félicitant de la ratification de toutes les dispositions du Traité l’Union par le parlement ivoirien.

Jusqu’à présent, la Côte d’Ivoire était le seul pays à ne pas avoir entièrement ratifié ce texte qui stipule la libre circulation des personnes et des biens et le droit d’établissement.

Le représentant de la Commission de l’Uemoa, Duarte Rui Barros, a rappelé quelques réalisations de la Commission à l’intérieur de la communauté et les projets d’intégration en cours d’élaboration.

Au nombre des réalisations, il a évoqué la construction du Centre d’excellence et l’adoption des textes facilitant la libre circulation des étudiants de la communauté entre les universités publiques de l’Union et le projet de modernisation et d’équipement des centres hospitaliers de l’Union.

Chaque année, a-t-il évalué, la sous-région perd 12 millions d’euros, (environ 7,86 milliards de Fcfa) dans les évacuations sanitaires, à cause de la faiblesse du plateau technique de nos hôpitaux.

A.O. DIALLO

26 Juin 2008