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La rencontre a également regroupé les représentants de la profession agricole, des responsables des structures bancaires et de la société civile.

Cette session avait plusieurs points importants à son ordre du jour : la présentation du plan pour la mise en œuvre de la Loi d’orientation agricole (LOA), le programme d’activités 2008-2009 de la LOA, les orientations du Fonds national de développement agricole et du Fonds de calamité et de risques.

Le secrétaire permanent de la LOA, Daouda Diarra, chargé de présenter le plan d’opération pour la mise en œuvre de la LOA, a expliqué qu’il est prévu pour atteindre le maximum de bénéficiaires de traduire le texte de la Loi en langues nationales bamanan, peulh, sonrhaï et soninké.

D’ailleurs, la version bamanan du texte était versée aux documents présentés à la session d’hier.

D’autres actions sont programmées notamment la confection et la multiplication de brochures contenant le texte de la LOA, l’envoi de missions d’information et d’échanges sur la LOA dans les régions de Ségou, Sikasso, Mopti et Koulikoro. Toutes ces activités sont programmées sur la période 2008-2009.

Le secrétariat permanent envisage également de rendre opérationnels les 74 articles de la Loi. Il est prévu d’élaborer 24 documents de politique, 39 textes législatifs et réglementaires et le Code rural. Le coût de ces activités est estimé à 540 millions Fcfa.

La Loi d’orientation agricole ouvre un vaste chantier qui implique une forte mobilisation des services publics et l’ensemble de la profession agricole.

La stratégie de mise en œuvre repose essentiellement sur l’utilisation prioritaire de compétences nationales (au niveau des ministères concernés et des directions techniques). D’autres expertises pourront cependant être sollicitées en cas de besoin, et selon la complexité des thématiques traitées.


Tirer les leçons de la Crise :

L’un des instruments importants prévus par la Loi est le Fonds national de développement agricole qui va financer l’appui aux activités agricoles et péri agricoles. Plus précisément, il est destiné au financement des activités de recherche, de conseil, de formation, et de renforcement des capacités des acteurs de la profession.

Le Fonds soutiendra la promotion des filières et appuiera l’installation de jeunes exploitants. Il est alimenté par l’État, les collectivités territoriales et les organisations professionnelles agricoles, mais peut recevoir des subventions, dons et legs.

Quant au Fonds national des risques et des calamités agricoles, il contribuera à minimiser l’impact des risques majeurs et des calamités pour les producteurs. Il est alimenté par une contribution de l’État à hauteur de 95 %. Les institutions bancaires, les dons et legs financeront les 5 % restants.

Le montant moyen des ressources du Fonds est estimé à 1,5 milliard Fcfa par an, dont 676,8 millions serviront aux opérations d’indemnisation. Un montant pratiquement similaire (675 millions) servira à financer des programmes de prévention et de lutte contre les calamités.

Enfin 150 millions sont réservés au fonctionnement et aux investissements.
Après cet exposé exhaustif, le président Amadou Toumani Touré a passé la parole aux participants dont certains ont fait des propositions ou observations pour améliorer la qualité des documents présentés. Ce tour de table bouclé, le chef de l’État est intervenu pour féliciter l’équipe en charge de la LOA pour la qualité des documents et le travail accompli.

Faisant un détour dans l’actualité brûlante, le président Touré a indiqué que la flambée sans précédent des prix des produits alimentaires, est venu brusquement rappeler toute l’importance de l’agriculture qui doit être un levier essentiel pour tout pays qui aspire à mieux maîtriser le cours de son développement.

« Nous n’allons pas nous contenter de subir cette conjoncture internationale qui n’épargne aucun pays. Nous allons en tirer les enseignements utiles« , a assuré le chef de l’État, en rappelant que dans le Projet de développement économique et social, il clairement exposé son ambition de faire du pays une puissance agricole pour lui garantir la souveraineté alimentaire.

« Dans la Lettre de cadrage, j’ai souligné l’impérieuse nécessité d’investir fortement dans le secteur rural, pour en faire le moteur de la croissance économique du pays. Je vous demande d’ouvrir la voie à la modernisation de l’agriculture familiale et de créer les conditions d’un véritable décollage de l’agro-industrie« , a poursuivi Amadou Toumani Touré, s’adressant au Premier ministre.

Le chef de l’Etat a indiqué que les efforts vont se concentrer sur la production, la transformation, la valorisation de la commercialisation des produits semi-finis et finis à partir des filières dans lesquelles notre pays dispose d’avantages comparatifs réels.

D’audace et de Rigueur :

Revenant sur les potentialités dont dispose le Mali en matière d’agriculture et les actions en cours, le président de la République a rappelé que notre pays recèle 2,2 millions d’hectares cultivables. Sur la période 2008-2012, il est prévu d’aménager 103 356 hectares dont 61 000 en maîtrise totale de l’eau.

La généralisation de l’utilisation d’équipements performants est en marche avec deux usines de montage de tracteurs (à Samanko et Sikasso) qui seront bientôt opérationnelles. L’inventaire des potentialités aménageables en bas-fonds dans le cadre du programme de la petite irrigation a permis d’identifier 895 335 hectares de terres cultivables.

Par ailleurs, la relance de la production du phosphate naturel du Tilemsi permettra d’amoindrir le coût des engrais. A propos d’engrais justement, le chef de l’État a dénoncé le fait que les commandes d’intrants pour la campagne prochaine traînent encore.

Il a indiqué que les responsables de cette situation répondront de leurs actes. Faisant une mention particulière pour l’Institut d’économie rurale (IER), il noté que cette structure mérite plus d’attention et de moyens en raison des résultats probants de ses recherches.

Le président de la République n’a pas manqué d’évoquer le Salon international de l’agriculture (SIAGRI) qui se tient actuellement à Bamako. Il a encouragé l’APCAM à perpétuer cette initiative qui offre une opportunité unique pour valoriser nos produits agricoles.

Le secteur de l’élevage mérite aussi beaucoup d’efforts, car contribuant pour près de 10 % à la formation du PIB. L’élevage est ainsi le troisième secteur d’exportation après l’or et le coton. Notre pays produit jusqu’à 600 000 tonnes de lait par an. Malheureusement cette production est peu transformée sur place, alors que le Mali importe annuellement pour près de 15 à 20 milliards Fcfa de lait et produits laitiers.

Amadou Toumani Touré a indiqué que le stock de sécurité alimentaire doit être renforcé pour passer à 100 000 tonnes de céréales, contre 35 000 actuellement. La transition était ainsi vite trouvée pour revenir au thème qui fait l’actualité mondiale : la crise céréalière. Le chef de l’Etat a salué l' »Initiative riz » lancée par le Premier ministre Modibo Sidibé, en soulignant qu’il s’agit là d’un projet d’une haute portée nationale et patriotique.

« J’attache la plus grande importance à la concrétisation de ce projet. J’invite en conséquence, tous les cadres engagés dans sa mise en œuvre à faire preuve d’audace et de rigueur pour atteindre l’objectif fixé« , a souligné le président Touré, avant de préciser qu’il attend du gouvernement, dans le cadre d’une bonne planification, la même politique volontariste de valorisation de toutes autres filières.

M. COULIBALY

29 Avril 2008