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Le Collectif des élus des régions du Nord du Mali s’est montré favorable à l’intervention de l’Ecomog (forces armées de la Cédéao) et s’est élevé contre le redéploiement des fonctionnaires au sud.

Lors d’un point de presse présidé par le président de l’Association des municipalités du Mali (AMM), Boubacar Bah dit Bill, des maires du Nord ont dit oui à l’intervention des forces armées de la Cédéao et non au redéploiement des fonctionnaires au sud.

« On a vu sur le terrain nos militaires fuir avant même l’arrivée des assaillants. Dans leur fuite, les armes, les munitions et les uniformes qu’ils ont cachés dans des maisons ont posé des problèmes aux populations restées sur place« , ont témoigné des maires.

Plusieurs de ceux-ci ont indiqué que l’armée malienne n’est plus combative. Ils ont sollicité les forces de l’Ecomog pour récupérer les régions occupées du Septentrion. Les maires ont souligné que les soldats de la Cédéao ne sont pas des forces extérieures… de la même manière que les soldats maliens ont été engagés pour d’autres pays, l’Ecomog devrait faire la même chose pour le Mali, ont-ils soutenu.

Les maires du Nord et leurs homologues du Sud ont déploré l’absence totale d’administration publique et privée dans les zones occupées. Ils ont dit à la décision des autorités actuelles de redéployer le personnel de l’administration publique initialement au nord dans les régions du Sud.

Pour eux, cela aggraverait la souffrance de leurs populations qui ont aussi besoin des services de l’Etat. Le collectif a informé qu’à ce jour, plus de 70 % des maires des régions de Gao, Kidal et Tombouctou sont sur le terrain. Ils représentent toutes les administrations de l’Etat, ils soutiennent leurs populations.

Les maires, qui étaient au centre de toutes les critiques, sont aujourd’hui acceptés par les populations qui les sollicitent pour divers services. Il serait impensable pour le Collectif des maires des régions du Nord de délocaliser ces maires qui ont décidé de ne pas abandonner leurs populations.

Qu’est-ce qui arrivera aux populations si on leur enlève aussi les seuls représentants de l’Etat auprès d’eux ? Vers qui vont-ils se tourner ? Et qu’adviendra-t-il de ces populations laissées aux mains des bandits armés ? se sont-ils interrogés.

Aminata Traoré

Les Echos du 28 Mai 2012