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Pour transformer son Haut conseil des collectivités en Sénat, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara fait feu de tout bois et ne minimise aucun forum pour son plaidoyer.

Le Sénat constitue la chambre haute d’un Parlement. En France par exemple, il représente les collectivités territoriales et des Français établis hors du pays. Les sénateurs, en France en tout cas, sont élus pour un mandat de six ans au suffrage universel indirect par 150 000 grands électeurs. Les élections sont organisées tous les trois ans et concernent la moitié des sièges.

Le Haut conseil des collectivités du Mali est une émanation de la décentralisation. La Loi fondamentale de février 1992 a chargé le Haut conseil des collectivités de veiller et de contribuer à la promotion de la décentralisation, au renforcement de la démocratie locale, à la promotion des approches nouvelles de développement harmonieux du territoire, à la prise en compte de la diversité humaine et géographique du pays dans la mise en œuvre des politiques sectorielles et à la promotion du développement local et régional.

Les conseillers sont élus par un système de grands électeurs sur les listes des municipales. Sans avoir tous les attributs d’un Sénat, il en joue presque tous les rôles. Ainsi, au rang des successeurs du président de la République en cas d’empêchement diriment, le président du Haut conseil des collectivités vient en 3e position. C’est dire combien l’institution compte.

Et pourtant, son président n’est pas satisfait. Lors des dernières assises de son parti, il s’est fait remonter les bretelles, car l’Adéma/PASJ n’a pas voulu le suivre. Nonobstant cela, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara continue sa croisade solitaire. A chaque occasion, il plaide pour la transformation de sa structure en Sénat.

Le samedi dernier, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 5e édition de la Journée du Haut conseil des collectivités, qui avait d’ailleurs pour thème… : « Rôle du bicamérisme dans la promotion de la démocratie« , il est revenu sur la question.

Cependant, modifier ou transformer le Haut conseil aujourd’hui ne reviendrait-il pas à remettre en cause la décentralisation elle-même ? Qu’est-ce que Oumarou Ibrahim a contre le Haut conseil ?

Lui seul a les réponses.

Alexis Kalambry

08 avril 2008.