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La CSTM forme ses agents sur les APE

Ce jeudi 2 octobre s’est ouvert à la Maison des jeunes, le séminaire de renforcement des dimensions sociales et de développement des Accords de Partenariat Economique (APE) sur «  La Formation syndicale en vue du renforcement des capacités des syndicats africains pour une meilleure implication dans le processus des APE « . Organisé par la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM, le présent séminaire s’étalera sur deux jours.

Les négociations régionales sur les accords de Partenariat Economique (APE) ont été, pour la première fois, lancées en octobre 2003 entre l’Union Européenne et six blocs de négociation (Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique orientale et australe, la communauté de développement de l’Afrique australe, les Caraïbes et le Pacifique). En effet, un premier APE régional complet a été paraphé à la fin de l’année 2007 avec les 15 pays du Cariforum.

Les négociations avec les pays d’Afrique et du Pacifique se sont avérées tendues et n’ont pu arriver à terme avant la fin de la dérogation octroyée par l’OMC à l’Union Européenne et aux pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique). Dès lors, des accords intérimaires ont été signés avec 20 pays, dont la plupart sont des pays n’appartenant pas à la liste des PMA.

La Communauté d’Afrique Orientale composé de la Tanzanie, de l’Ouganda, du Kenya, du Burundi et du Rwanda est la seule région d’Afrique à avoir paraphé un APE, intérimaire au niveau régional. Selon la Commission européenne, les APE intérimaires servent de marchepied aux APE complets et régionaux. Par conséquent, les négociations sont toujours en cours.

A cet effet, selon Boévi Kouglo Lawson Body, représentant la Confédération Syndicale Internationale (CSI- Afrique), la CSI est une confédération créée et mise en place pour défendre les préoccupations des travailleurs si toutefois les APE doivent être signés entre l’Afrique et l’Europe. Elle a été mise sur les fonts baptismaux en novembre 2007 à Accra et réunit son Conseil général pour adopter en décembre de la même année, une résolution sur les APE.

Les nations africaines et européennes devraient renégocier les APE intérimaires ou négocier des APE pour les pays qui n’ont paraphé aucun APE à ce jour afin qu’ils soient strictement compatibles avec les règles de l’OMC. Autrement dit, les négociations concernant le commerce des services, les investissements, les marchés publics, les politiques de concurrence ou la propriété intellectuelle ne devraient être imposées par aucun partenaire.

Le représentant de CSI a rappelé que sa structure s’articule autour de 4 principaux axes: la défense et la promotion des droits des travailleurs; la promotion de l’équité et la protection sociale en Afrique. Il s’agit également de renforcer l’organisation des structures syndicales en Afrique et renforcer l’action dans le domaine de la politique économique.

La CSI, par ailleurs, défend l’inclusion d’indicateurs d’intégration régionale dans les APE, tel que l’établissement d’un dialogue social efficace à l’échelon régional ou l’application de plans de développement régionaux afin que les APE renforcent réellement l’intégration en Afrique et ne l’entravent pas. Boévi Kouglo Lawson Body: « Au cas où les recommandations ne seraient pas prises en considération, la CSI et la CSI- Afrique verraient dans les APE peu de perspectives de développement pour les pays africains« .

Le Secrétaire général de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM), Amadoun Amion Guindo, a brièvement rappelé les différents accords signés dans les différents pays. Celui qui a vraiment marqué un tournant décisif, est l’accord de Kampala, au cours duquel les syndicalistes ont décidé de prendre en compte les préoccupations des travailleurs dans la signature des APE. M. Guindo n’a pas manqué d’ajouter que «  comme les économies fragiles d’Afrique ne résisteraient probablement pas à la concurrence de l’Union Européenne, les APE risqueraient fort d’entraîner un accroissement de la pauvreté « .

Dans ce cas, les nations africaines n’auraient d’autres choix que de demander l’application du système de préférences généralisées. L’Union européenne, pour sa part, se verrait contrainte d’octroyer ces préférences commerciales unilatérales aux pays africains qui en remplissent les conditions.

Fatoumata Mah Thiam KONE

03 Octobre 2008