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“Il faut arrêter cet alarmisme inutile qui ne sert à rien”

Le ministre de l’Equipement et des transports, Ahmed Diane Séméga s’est rendu le 3 décembre dernier à la Compagnie Aérienne du Mali (CAM) pour s’imprégner des réalités de ladite Compagnie aérienne et surtout voir comment fonctionnent les installations techniques.

jpg_Sans_titre-1-27.jpgUne visite qui a tout l’air d’un soutien au moment où la Compagnie Aérienne du Mali fait face à une attaque en règle de la part de certains journaux de la place. Attaque consécutive à un incident technique du vol 15206 du lundi 24 novembre 2008 qui, de passage du niveau 110 vers 250, a vu son voyant “cabin alt” s’allumer”.

Conformément à la procédure, le commandant est descendu au niveau 100 et a effectué un QRF (retour d’un avion déjà en vol). Ce qu’il y a de plus normal surtout si l’avion quitte sa base principale.

C’est cet incident qui a été mis à profit par certains pour dire que la CAM n’est pas une compagnie fiable et qu’elle est sur la liste rouge de l’Union Européenne. D’aucuns ont même parlé de manque d’oxygène dans l’avion en concluant, hâtivement, qu’un avion de la CAM a échappé de justesse à un crash. Malgré les démentis apportés sur le terrain et les explications techniques fournies par les responsables de la CAM, les rumeurs s’amplifièrent. Toutes choses qui sont nuisibles et fortement préjudiciables à l’image de cette jeune compagnie nationale.

C’est donc, pour rassurer les responsables de la CAM du soutien de l’Etat que le ministre de l’Equipement et des transports a effectué une visite de courtoisie au siège social de ladite compagnie.

Entouré du président du Conseil d’Administration et de l’ensemble du personnel, le Directeur général de la CAM fera savoir que leur mission est de contribuer au désenclavement intérieur du Mali et surtout de promouvoir le développement du tourisme dans notre pays.

Ce qui, selon lui, constitue “un défi important pour nous, en raison du dynamisme et de la grande mobilité des populations maliennes”. Notre vision, dira-t-il, est de faire de la CAM une compagnie de référence en Afrique ; faire de Bamako, un HUB pour la sous-région. Et d’ajouter aussi que “la Compagnie Aérienne du Mali que j’ai l’honneur de diriger fait désormais partie des compagnies qui comptent dans la sous-région”.

Il tiendra cependant à dire qu’ils sont conscients que beaucoup de challenges les attendent encore en raison de la nature de leur métier concurrentiel et normalisé, et aussi en raison de la crise économique et financière que traverse le monde”. “Je suis personnellement déterminé avec l’ensemble du personnel de la CAM à relever ces défis”, a-t-il indiqué.

Mais, tout cela, fera-t-il remarquer au ministre, ne pourrait être réalisé sans le soutien de l’Etat et du partenaire stratégique (le Fonds économique de développement de l’AGA Khan”.

Cette visite, dira-t-il en conclusion, est “une première dans l’histoire de notre compagnie et constitue une marque de soutien et un tournant important dans les relations entre la CAM et sa tutelle”.

En réaction aux propos du Directeur général de la CAM, le ministre de l’Equipement et des transports dira qu’il est animé de deux sentiments, d’abord celui de la fierté. Selon lui, pour une autorité malienne, on ne peut ne pas être fier tant par l’encadrement que par le partenariat dirigé par un expert malien. Les directeurs, les principaux dirigeants ainsi que le personnel naviguant commercial sont maliens. Ce qui constitue à ses yeux une fierté bien justifiée.

Selon le ministre, la tutelle n’a autre ambition que de faire en sorte que nous ayons pour nous un instrument national. Le message à transmettre est de faire en sorte que le désenclavement soit vécu sur les routes aériennes. Pour Ahmed Diane Séméga, “le dynamisme enclenché est un bon dynamisme”. Et d’ajouter que son appui est inébranlable surtout pendant ces temps de turbulence.

Selon lui, “il faut qu’il y ait l’union sacrée autour de la CAM”, car cet outil qui a beaucoup de difficultés, qui perd beaucoup d’argent, fait voler au forceps les avions. Pour Séméga, “beaucoup de spéculations sur des incidents techniques de la CAM ont été faites ces temps-ci. Des incidents mineurs qui ont été amplifiés au-delà des proportions”.

Notre soutien, ajouta le ministre Séméga, ne signifie pas un chèque en blanc, ni du laxisme. Et de rassurer que le Mali n’est sur aucune liste rouge, avant de dire que “je me fais l’avocat de cette compagnie qui est la nôtre, c’est une marque de sérieux”.

Il faut, dira-t-il, arrêter cet alarmisme inutile qui ne sert à rien. Il faut aider la CAM à se renforcer au bénéfice du Mali.

Deuxième sentiment du ministre, celui de l’espoir. Selon lui, l’espoir est aujourd’hui permis d’avoir des ailes véritablement maliennes. C’est un pays vaste, les distances sont longues d’un point à l’autre. La réponse qu’on a sur place, c’est la CAM.


B. Fall

12 Décembre 2008