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Le thème de l’édition 2012 de la Semaine nationale du patrimoine culturel «Patrimoine culturel, facteur de dialogue, de paix et de cohésion sociale pour la consolidation de l’unité nationale» est on ne peut plus explicite. Il prend en effet en compte le contexte particulier dans lequel se tient l’évènement, qui prendra fin demain, 20 juillet 2012. Un contexte de crise politico-institutionnelle à laquelle sont venus s’ajouter les exactions commises par les occupants des régions du Nord de notre pays.

L’ouverture officielle de la Semaine Nationale du Patrimoine Culturel 2012 a eu lieu le lundi 16 juillet dernier au CICB, sous la Présidence de Tiéna Coulibaly, ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, représentant le Premier ministre et en présence des ministres de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l’Enfant, Mme Ichata Alwata Sahi, de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, le Général Tiéfing Konaté et, bien sûr, de l’hôte du jour, Mme Diallo Fadima Touré, ministre de l’Artisanat, de la Culture et du Tourisme.

Devant une salle comble, où l’on comptait, outre les représentants de la presse, des ambassadeurs et représentants d’organisations internationales, des hommes de culture et des artistes, Mme le ministre, après les maîtres de la parole du Recotrade a prononcé un discours d’ouverture des plus pertinents, après avoir demandé à l’assistance d’observer une minute de silence à la mémoire de nos compatriotes ayant perdu la vie lors des récents douloureux évènements, au Nord comme au Sud du Mali.

Mme Diallo Fadima Touré pourfendra tout d’abord les «bandits armés qui foulent au pied nos traditions et nos biens culturels, et se croient impunis. L’ensemble de ces forfaits sont consignés dans une plainte du gouvernement du Mali auprès de la Cour pénale internationale» dira-t-elle, avant d’ajouter «le Mali, ce vaste pays de vielles civilisations, dont les populations ont su passer allègrement de la simple cohabitation au brassage harmonieux des familles et des ethnies, transcendant les écueils de la haine, en passant par la notion du cousinage à plaisanterie (Sinankouya) pour mieux vivre ensemble, restera debout vaille que vaille».

Mme le ministre ajoutera «les conflits armés constituent une menace pour le patrimoine culturel, en particulier lorsqu’ils sont animés par des hordes déchainées, sans foi ni loi. Le péril est plus grand lorsqu’en plus c’est une kyrielle de groupes armés, venant d’horizon divers, mus par de intérêts sordides et des ambitions plus ou moins différentes, mais tous unis pour déstabiliser le pays». Elle dressera la liste des dégâts commis sur notre patrimoine culturel au Nord du Mali par les occupants.

Ainsi, à Tombouctou 9 mausolées classés dans le patrimoine national du Mali et inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO; la porte de la Mosquée Sidi Yéhia, la tombe de Mahamane Alassane Haïdara, premier Président de l’Assemblée nationale du Mali; le monument El Farouk de la place de l’indépendance et le Monument aux morts ont été saccagés, détruits ou profanés.

Juste après la cérémonie d’ouverture, qui était agrémentée de saynètes et d’un défilé de mode traditionnelle, le ministre Tiena Coulibaly et les autres officiels ont visité une exposition de photographies qui montrent les biens culturels maliens classés sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Parmi eux, les mosquées et des mausolées de Tombouctou; le tombeau des Askia à Gao; la mosquée de Djenné; la falaise de Bandiagara; la Case sacrée de Kangaba ou le Balafon sénoufo, entre autres, aux quels s’ajoutent le Sankémon, la pêche emblématique de San ou le Yaaral et Dégal du Delta central du Niger, une traversée des bœufs annuelle.

Outre cette exposition, un village artisanal est aussi au menu des réjouissances de la Semaine, ainsi que des projections de films, des séances de contes, des promotions commerciales de livres et autres objets culturels et des conférences-débats aux thèmes et aux personnes-ressources de haute volée. Elles se dérouleront sur trois sessions et permettront aux spécialistes de formuler des recommandations.

Il s’agit de «Traditions et pratiques culturelles de renforcement de la cohésion sociale dans le contexte pluriethnique du Mali», «Patrimoine culturel, identité et diversité: les fondements de la culture de paix sociale au Mali» et «Créations artistiques et culturelles: témoignages de la connaissance et de la reconnaissance mutuelle entre communautés».

Ramata Diaouré

Le 22 Septembre du 19 Juillet 2012