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Le rapport final du Forum Mondial sur l’Eau de Mexico qui s’est tenu en mars dernier dans la capitale du Mexique a été également publié à l’occasion de cette semaine mondiale de l’eau.

Le Forum de Mexico était consacré aux actions locales. Ce rapport contient tous les engagements et actions pris à Mexico et qui doivent être suivis jusqu’au prochain Forum prévu en 2009 en Turquie. De Stockholm notre confrère Sidy Coulibaly fait le point.

Aujourd’hui, il n’y a pas de crise de l’eau, mais plutôt de sérieux problèmes de gestion de la ressource eau ; l’organisation de grands foras est une perte de temps et d’argent. C’est un peu par ces mots à l’encontre du discours consensuel que le vainqueur du prix 2006 de la semaine mondiale de l’eau Asit K. Biswas a introduit les différents exposés de cette semaine.

Il appelé les participants à ne pas “reprendre les mêmes histoires que l’on entend depuis 30 ans”. A travers le monde, la quantité de l’eau disponible est suffisante pour faire face à tous les besoins.

Seulement, pendant que dans certaines régions son utilisation peut être assimilée à du gaspillage systématique, d’autres, pour diverses raisons, ne sont pas encore à mesure de donner accès à leur population au minimum vital en quantité et en qualité. Prenant la parole à la cérémonie d’ouverture Son Altesse Le Prince d’Orange citant W. H Auden a indiqué que “des milliers de personnes ont vécu sans amour, pas une ne peut vivre sans eau”.

Ceci pour démontrer le rôle central de l’eau dans la vie de tous les individus. La gestion des ressources en eau est confrontée à plusieurs défis dont entre autres celui lié à la corruption. Ce phénomène peut se présenter sous la forme de personnes qui sont obligées de payer des pots de vin afin d’avoir une connexion au réseau d’eau potable ou dans les zones d’irrigation, lorsqu’on détourne l’eau de la parcelle d’un démuni vers celle de personnes plus puissantes financièrement ou politiquement.

Le rapport des Nations Unies sur le développement de l’eau a fait mention du phénomène et estime que ce sont toujours (comme d’habitude) les plus pauvres qui en sont victimes. Même si on ne sait pas aujourd’hui de savoir avec exactitude l’étendue du phénomène, ce sont des situations courantes dans la plupart de nos pays.

On a même observé par endroit des mouvements sociaux liés au phénomène de corruption dans l’accès à l’eau. Il ne fait qu’agrandir les inégalités d’accès à l’eau. Un réseau a été mis en place pour essayer non seulement de comprendre le phénomène, faire de la sensibilisation autour mais aussi chercher à influencer les politiques nationales à travers les initiatives communautaires et du secteur privé.

Appelé Water Integrity Network (WIN) – réseau pour l’intégrité de l’eau – son secrétariat est abrité par la célèbre ONG Transparency International. Mieux gérer les ressources en eau Pour amener les pays surtout pauvres à mieux planifier la gestion des ressources en eau, la communauté internationale a recommandé en 2002 à l’issue du Sommet Mondial sur le Développement Durable de Johannesburg (SMDD), l’élaboration des plans de gestion intégrée des ressources en eau appelés plans GIRE.

La semaine mondiale de l’eau a été l’occasion de faire le point sur ces plans et de poser les questions essentielles les concernant. Que faut-il ou comment amener l’ensemble des secteurs qui gèrent aujourd’hui de manière sectorielle les ressources en eau à prendre en compte les besoins des autres usagers ? Les discussions ont fait ressortir que l’eau est un élément fondamental du développement indispensable à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

L’eau vient dans l’objectif 7 des OMD qui sont au nombre de huit (8). Mais pour une meilleure intégration de sa gestion, il faut, disent les experts, pouvoir faire le lien entre son utilisation et les autres objectifs. Le plan GIRE n’est pas une fin en soi et une fois élaboré il faudrait le mettre en œuvre.

Pour cela, il faut non seulement des moyens financiers mais aussi disposer des ressources humaines compétentes et disponibles. Le Mali est engagé depuis 2004 dans l’élaboration de son plan avec l’appui de différents partenaires dont la Banque Mondiale et le Partenariat Mondial de l’Eau (GWP) avec l’appui du gouvernement canadien à travers l’ACDI (Agence Canadienne pour le Développement International).

L’élaboration de ce plan a suivi des phases successives de mobilisation sociale et d’implication des différents acteurs intéressés. Aujourd’hui, c’est la phase de rédaction du rapport provisoire qui est en cours par la cellule nationale GIRE avec l’appui du Partenariat National de l’Eau (PNE Mali).

Correspondance particulière de Stockholm
– Sidy Coulibaly

29 août 2006.