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Le président du Collectif des handicapés diplômés (COHD), dans l’entretien qui suit nous parle du Mois de la solidarité, des problèmes spécifiques auxquels les handicapés diplômés sont confrontés et la situation de l’emploi des handicapés diplômés.

Les Echos : Les activités de la 12e édition du Mois de la solidarité ont pris fin mardi 31 octobre. Quels sont les enseignements que vous tirez ?

S. A. K. D. : D’abord, vous me permettez de saluer et de remercier votre journal pour la marque de solidarité qu’il ne cesse de manifester depuis des années à l’endroit des personnes handicapées de façon générale et des handicapés diplômés en particulier. Je suis au regret de dire que nous personnes handicapées, sommes déçues par la façon dont les activités ont été menées. Nos préoccupations n’ont pas été entièrement prises en compte quoique chaque année nous sommes invités à l’organisation du Mois au sein d’une commission au sein de laquelle nous exposons nos préoccupations. Malheureusement, on trouve toujours des moyens pour écarter ou mettre au second plan nos vrais problèmes.

Les Echos : Pouvez-vous nous donner des exemples ?

S. A. K. D. : On nous a demandé d’apporter des projets pour financement. Malheureusement depuis des années aucun projet n’a été financé. L’explication ou l’excuse trouvée l’année dernière était l’invasion du pays par des criquets pèlerins. Cette année, il n’y a même pas eu de projet.

Les Echos : Parlons maintenant de l’emploi des handicapés…

S. A. K. D. : Avant 2002, on profitait du Mois de la solidarité pour recruter quelques handicapés à titre exceptionnel en application de la Convention 159 du BIT. Mais depuis 2005, des problèmes ont commencé à ce niveau. C’est en septembre 2005 que 22 handicapés diplômés ont été recrutés à la fonction publique. Cette année, rien n’a été fait. Notre liste qui devait normalement apparaître cette année en ce mois précisément ne l’est pas encore. Et si on doit attendre fin 2006, ça veut dire qu’aucun handicapé ne sera recruté avant 2007. Et si c’est le cas, c’est un recul…

Les Echos : Qu’avez-vous entrepris pour redresser la situation ?

S. A. K. D. : Pour le moment nous voulons simplement que nos autorités nous comprennent. Nous avons besoin de protection, qu’on nous sorte notre liste de 2005 avant la fin des concours généraux puisque nous n’avons rien à voir que cela, car elles savent que tant qu’il y a le concours d’entrée à la fonction publique, il y a un quota réservé aux handicapés diplômés.

Les Echos : Existe-t-il des rapports de collaboration entre le COHD et l’Apej ?

S. A. K. D. : Sur ce point aussi nous avons été déçus parce qu’on n’a pas laissé la latitude au directeur général de l’Apej de s’occuper du dossier du COHD. Sur les 2000 volontaires de l’Apej, le COHD a moins de 10 et cela sur toute l’étendue du territoire. Nous demandons à ce qu’on nous laisse travailler avec le responsable de l’Apej. Vu tous ces problèmes nous demandons aux autorités qu’à défaut d’un ministère chargé des Handicapés, qu’on mette en place un Commissariat à la promotion des personnes handicapées à la tête duquel un handicapé doit être nommé. C’est cela la solidarité. Pour finir, je dois remercier les bonnes volontés et les efforts du gouvernement qui, à notre avis, peut mieux faire.

Propos recueillis par
Idrissa Sako

1er novembre 2006.