Partager

Lors de ce second tour des législatives, tous les regards étaient braqués vers Ségou, où Me Mountaga Tall et Dramane Dembélé, respectivement candidat du CNID et de l’ADEMA à l’élection présidentielle du 28 septembre 2013, étaient candidats. Et selon les premières tendances, leur liste d’alliance ADEMA-CNID-RPDM vient d’être écrasée par la liste d’alliance RPM-MIRIA-FARE, avec 58 499 voix soit 57,61% des suffrages exprimés contre 43 040 voix soit 42,39%. Si ces résultats venaient à se confirmer, ces deux candidats malheureux lors la présidentielle ne siégeront donc pas au sein de la nouvelle Assemblée nationale.

Sikasso : Amion Guindo dit Poulo, ancien député trébuche

L’ancien député et ex candidat à la présidentielle du 28 septembre 2013, Housseini Amion Guindo dit Poulo ne reviendra pas comme député à l’Assemblée nationale. En effet, selon les premières tendances, la liste ADEMA-CODEM-MIRIA, sur laquelle il figure, est distancée de peu par la liste RPM-MPR-FARE avec 56010 voix soit 50,32% contre 55305 soit 49,68% des suffrages exprimés. Et pourtant Sikasso était considéré comme étant le fief du premier responsable de la CODEM, Amion Housseini Guindo.

* Kolondiéba : Dr Oumar Mariko retrouve l’Assemblée nationale

Le tremblement de terre annoncé par certains confrères à Kolondiéba n’a pas eu lieu. Moussa Coumbéré, ex-colistier de Dr Oumar Mariko va devoir attendre les élections législatives de 2018, pour mettre fin à la carrière politique de son mentor. Dr Oumar Mariko et Baferma Sangaré, tous du parti SADI, en attendant la décision de la cour constitutionnelle, sont pratiquement rassurés d’occuper des sièges à l’Assemblée nationale. Le 15 décembre 2013, à l’issu du 2ème tour des législatives, la liste SADI a devancé la liste URD à Kolondiéba de 7 391 voix. La population de Kolondiéba a clairement affiché son choix pour la liste SADI qui a engrangé 23 892 voix, au moment où la liste URD était créditée de 16 501 voix. A préciser que Daouda Moussa Koné, ancien responsable du bureau politique du parti SADI et Moussa Coumbéré, ancien député, sous les couleurs du SADI, contre toute attente, ont débarqué a l’URD, en une matinée, avec armes et bagages, au motif que le parti SADI refuse de quitter l’opposition. Ironie du sort, leur arrivée à l’URD, coïncide avec la volonté de Soumaila Cissé et des responsables de l’URD, d’inscrire l’action de leur parti dans l’opposition. L’on pourrait se demander si Daouda Moussa Koné et Moussa Coumbéré, ne sont pas des opposants dans l’âme.

* Elections législatives : Réseau APEM demande à la cour Constitutionnelle plus de diligence et de transparence

Le Réseau APEM a apprécié dans son ensemble la bonne organisation de ces élections législatives du 15 décembre 2013 et a estimé le taux de participation dans les zones urbaines et péris-urbaines à 29, 4%. Le Réseau APEM par contre a demandé à la cour constitutionnelle, plus de diligence et de transparence. C’était lors de sa conférence de presse organisée à l’hôtel Radisson, le lundi 16 décembre 2013. Selon le porte parole du Réseau APEM Ibrahim Sangho, le POCE a déployé 3300 observateurs et observatrices nationaux fixes et 200 superviseurs, coordinateurs et points focaux mobiles dans 45 circonscriptions électorales avec 33, 33% de femmes. Les faits marquants selon Ibrahim Sangho ont été la présence effective des matériels de vote, des délégués, assesseurs et observateurs. Il a indiqué que son réseau, s’est fondé sur 2406 rapports pour apprécier le bon déroulement de ce vote. D’une manière générale, les opérations de vote se sont déroulées dans un climat serein a-t-il indiqué. Mais les membres du Réseau APEM ont relevé l’enlèvement par le sous- préfet de 16 urnes à Ber, cercle de Tombouctou, des bagarres à Kayes dans le centre de vote de lafiabougou, dans les bureaux N°5 et bureau N°5 Mission 1er cycle. Le POCE a demandé à la cour constitutionnelle plus de diligence et de transparence en communiquant davantage.

* District de Bamako : le RPM tombe en commune I

Selon les chiffres disponibles, à part la commune I où le RPM a été battu de justesse par la liste CODEM, CNID avec 15 683, soit 50,57%, contre 15327 soit 49,43%, dans toutes les communes, les listes comportant le RPM, ont remporté les élections. La liste RPM/CODEM est arrivée en tête en commune II avec 13334 soit 61,7% contre la liste ADEMA MPR URD 8278, soit 38,3%. En commune III, avec 10479, soit 50,21%, le RPM bat l’ Adema qui a obtenu 10390 soit 49,79%. En commune IV, avec 15879 soit 57,62 %, le RPM bat la liste YELEMA/ADEMA qui a obtenu 11680 soit 42,38. En commune V avec 17971 soit 50,45%, la liste RPM, ADP-Maliba, bat la liste Adema/CNID/RJP qui a enregistré 17648 soit 49,55%. En commune VI, la liste RPM/UDD, avec 21 242 voix soit 54,07% bat la liste Adema/MPR/URD qui a obtenu 18046 soit 45,94%.

* Second tour des législations : le satisfecit des observateurs de l’UE

La Mission d’Observation Electorale au Mali de l’union européenne a présenté, hier, à la presse son rapport sur le second tour des élections législative du 15 décembre 2013. Constat des observateurs : les opérations de vote, lors du 2ème tour des législatives, ont été généralement bien menées. Selon, le chef de la Mission, Louis Michel, les électeurs ont participé dans la tranquillité au second tour du scrutin législatif le 15 décembre dans la zone d’observation de la MOE UE. 98% des opérations d’observation qui ont concernées 705 bureaux de vote, ont été évaluées positivement par les observateurs. Au-delà, explique M. Louis, le cadre juridique pour les élections législatives reste inchangé entre les deux tours et aligné sur les normes internationales pour l’organisation d’élections démocratiques. Ainsi, pour avoir gagné le pari d’une bonne organisation du 2ème tour des législatives, Louis Michel a salué les autorités maliennes. « Je n’ai relevé à aucun moment le moindre manque de volonté de la part des autorités dans leur collaboration », a-t-il dit. Toutefois, il a rappelé que le travail reste inachevé. « Le toilettage approfondi et l’harmonisation des dispositions relatives aux élections sont nécessaires afin de renforcer la sécurité juridique et d’améliorer la transparence », indique M. Michel. Par ailleurs, il a invité le ministre de l’Administration territoriale à respecter ses engagements concernant la publication des résultats provisoires désagrégés par bureau de vote. « C’est la seule garantie de traçabilité », estime Louis Michel.

Sur un tout autre plan, la mission regrette que la Cour constitutionnelle ait rejeté lors du 1er tour des législations 25 requêtes sur les 85 qui lui ont été adressées pour absence ou défaillance de preuves sans procéder systématiquement à des investigations pour en vérifier le bienfondé. « La mission regrette vivement que la législation en vigueur n’impose à la Cour constitutionnelle ni clarification, ni justification, ni même aux critères qui ont présidé le traitement des procès-verbaux », s’indigne Louis.

Se prononçant sur la légitimé de la future Assemblée nationale, le chef de la mission dira qu’il réfute toute mise en cause de la légitimité des élus. « Une fois qu’une élection a lieu, on ne peut pas reprocher des élus un manque de légitimité », soutient Michel.

Le Républicain du 17 Décembre 2013