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Les rideaux sont tombés dimanche après-midi sur la 5e édition du Festival sur le Niger à Ségou. Rendez-vous du « donner et du recevoir », l’édition 2009 a été marquée par des conférences-débats, des prestations d’artistes et autres manifestations culturelles à la grande satisfaction d’un public qui a massivement fait le déplacement.


« Grâce à ce Festival, nous nous sommes enrichis à tous points de vue. Nous sommes désormais plus réceptifs à d’autres cultures, plus ouverts au monde, capables de plus de compréhension de l’autre, pourtant si proche
» . Ce sont là des propos du ministre de l’Artisanat et du Tourisme Ndiaye Bah à la clôture de la 5e édition du Festival sur le Niger à Ségou, un événement qui commence à convaincre les observateurs.

Du 28 janvier au 1er février, Mamou Daffé, son directeur, et le comité d’organisation ont réussi le pari de la mobilisation. Pendant quatre jours, l’ambiance était au rendez-vous dans la Capitale des Balanzans au point que le festival est devenu à Ségou ce qu’est le Fespaco pour Ouagadougou. L’équipe dirigée par Mamou Daffé est en passe de réussir l’objectif du festival, c’est-à-dire faire de la Cité des Balanzans, la plus grande destination touristique du pays.

Charlotte et Morgane, deux accrocs de festivals n’en revenaient pas. « L’an dernier, on était là, on est reparti sur notre faim. Ça circulait assez mal entre les deux scènes. On voit que le festival a grandi et les organisateurs ont beaucoup travaillé. En plus, l’ambiance est super sympa ». Et d’ajouter qu’ils sont à leur 10e festival en l’espace de deux ans à travers l’Afrique et l’Europe. « Le Festival sur le Niger occupe, ont-ils poursuivi, une bonne place dans notre classement ». A leurs dires, « si les organisateurs s’y mettent encore, l’événement égalera ou dépassera même les plus grands festivals du continent et d’ailleurs ».

Le nombre de visiteurs cette année a considérablement augmenté. De moins de 1000 visiteurs à la 1re édition, l’événement a enregistré plusieurs milliers de participants. Ce qui, aux yeux de Mamou Daffé, est un bon signe pour la suite.

Le ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, a salué les festivaliers pour leur conviction que le dialogue interculturel peut rendre notre monde meilleur et notre avenir mieux partagé, puisque mieux compris. Il a noté que la vision du promoteur qui a permis à cet événement de devenir quasiment une industrie culturelle, correspond à la mission et traduit concrètement la préoccupation du chef de l’Etat qui souhaite que la culture nourrisse son homme.

Cette année, contrairement aux années passées, les Maliens en général et les Ségoviens en particulier se sont appropriés du festival. Du premier au dernier jour, les artères de la ville ont grouillé de monde. Expatriés, ressortissants de Ségou et d’environs, professeurs d’université et étudiants, hommes de culture, festivaliers tout simplement, chacun y était suivant ses intérêts.

« Famakadissongo »

Plusieurs sites de prestation ont été dressés pour permettre au plus grand nombre d’être en communion avec les artistes. De 9 h à 14 h et de 16 h à 18 h, manifestations traditionnelles et artistes en herbe rendaient aux spectateurs leur savoir-faire en matière de danse et dévoilaient leur mystère. Des sites de danse, les festivaliers regagnaient qui la foire commerciale, qui les soirées-cabarets pour rendre davantage agréable la fête. D’un coin du quai aménagé à cet effet jusqu’au bateau Kankou Moussa accosté, l’ambiance était ainsi maintenue de bout en bout.

Les différentes prestations auront démontré la richesse de la culture de la région et du pays. Ainsi, la cérémonie d’ouverture en son et en couleurs, présidée par Mohamed El Moctar, ministre de la culture, a été essentiellement une mise en scène intitulée « Famakadissongo » qui a retracé un pan du Royaume bambara de Ségou.

A Ségou, selon l’histoire, dans le Royaume bambara, il fut une période de l’année où tous les chefs de tous les territoires soumis devaient défiler à la cour royale pour payer l’impôt. Toujours, selon les détenteurs de l’histoire, cela se faisait dans une fête populaire, au cours de laquelle toutes les ethnies et toutes les organisations socioprofessionnelles venaient avec leur folklore.

L’une des grandes activités qui a émerveillés les spectateurs a été le concert géant au quai des arts. Les artistes Oumou Sangaré, Coumba Gawlo Seck, Babani Koné, Abdoulaye Diabaté, Mamadou Diabaté dit Djelikedjan, l’un des joueurs de kora à faire carrière aux Etats-Unis, Adia Soumano, Bassékou Kouyaté, Mangala Camara, Oumar Koïta, Neba Solo, le Nigérien Mamar Kassey, Vieux Farka Touré ont montré ce dont ils sont capables.

Les milliers de festivaliers ont aussi savouré la musique des Amazones de Guinée et du Super Biton de Ségou. La musique du Venezuela a été servie par Pibo Marquez avec son groupe.

A la 5e édition, Mamou Daffé et le comité scientifique ont décidé de mener la réflexion sur : « solutions environnementales ». Une conférence publique a permis de décortiquer le thème. On peut dire sans fausse modestie que la 5e édition du festival a tenue toutes ses promesses puisqu’en dehors des activités, une conférence animée par Malick Sène, le secrétaire exécutif du HCNLS, sur le Sida a retenu l’attention.

Amadou Sidibé

03 Février 2009