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L’Anssa a été créee en 2003 pour assurer la protection de la santé des consommateurs et soutenir la production locale destinée au marché international.

L’Agence nationale de la sécurité sanitaire des Aliments (Anssa) est un établissement public à caractère scientifique et technologique, doté de l’autonomie financière et de la personnalité civile. Placée sous la tutelle du ministre de la Santé, elle est la structure d’exécution de la politique malienne de la sécurité sanitaire des aliments.

Deux défis majeurs en matière de sécurité sanitaire des aliments ont rendu nécessaire la création de l’Anssa. Mme Maïga Zeynab Mint Youba n’a pas
manqué de les souligner.

Le premier défi se rapporte à la protection de la Santé de nos consommateurs. Selon le ministre, la survenue en Europe en 2001 de la maladie de la vache folle et l’accident nucléaire de Tchernobyl ont réveillé la conscience des consommateurs sur les risques sanitaires liés à l’alimentation.

A l’instar de ces événements, chez nous, la qualité de la boisson «dassoumayala» et l’utilisation du bromate de potassium dans la fabrication du pain ont suscité autant de débats et de passion.

Selon Mme Maïga Zeynab Mint Youba, «en cette période de mondialisation, soutenue par le développement spectaculaire des moyens de transport et où la conquête des nouveaux marchés se fait à tout prix, nos pays importateurs de denrées alimentaires, sans moyens performants de contrôle, sont devenus des cibles faciles à l’introduction de produits alimentaires de mauvaise qualité».

Dans le même temps, poursuit elle, nos productions locales ne sont pas toujours à l’abri de la contamination à cause de l’utilisation incontrôlée de produits phytosanitaires, parfois périmés ou interdites ailleurs, et la non observance de bonnes pratiques d’hygiène au cours de la manipulation des produits.

Les conséquences sanitaires de la consommation de denrées de mauvaise qualité ont été dramatiques pour nos populations, singulièrement les couches rurales et les plus démunies, ces deux dernières années (2003 et 2004), a indiqué le ministre.

D’août 2003 à septembre 2004, une épidémie de choléra a touché plus de 4 000 personnes dont plus de 300 sont décédées. Des cas d’intoxication alimentaire dont les causes n’ont pas été clairement élucidés ont touché plusieurs personnes occasionnant plus de 20 décès.

Ces cas (choléras et intoxication) ont concerné la quasi-totalité des régions du pays. Le second défi, a souligné Mme le ministre, se rapporte à la volonté affichée du gouvernement de soutenir la production locale pour lui faciliter l’accès au marché international, au moment où ce dernier est de plus en plus exigeant en matière de qualité.

Les produits non conformes aux exigences de la communautés n’ont aucune chance avec l’application des directives de l’union européenne relatives aux accords sanitaires et phytosanitaires de l’organisation mondiale de commerce
(OMC), rendues effectives dans toute sa vigueur depuis le 1er janvier 2005.

Compte tenu de ces défis, le gouvernement a adopté une politique nationale et un cadre institutionnel de sécurité sanitaire des aliments dont l’Anssa est le principal outil de mise en oeuvre.

«Grâce à ces nouvelles dispositions, notre pays se dote de moyens nécessaires à la promotion de la sécurité sanitaire des aliments sur toute l’étendue du territoire par le renforcement des capacités des services de contrôle, l’évaluation des risques, la communication sur les risques et la participation aux travaux de la commission du Codex alimentaire dans le cadre de l’élaboration des normes internationales», a déclaré Mme le ministre de la Santé.

Le conseil d’administration doit s’assurer que le budget programme soumis à son examen couvre les préoccupations, et en cas de besoin apporter les ajustements nécessaires. Ces préoccupations concernent le démarrage effectif de l’Agence et son organisation, et la prise en charge effective d’activités relatives aux missions de coordination, d’évaluation du risque de communication sur le risque, d’appui à l’élaboration de la réglementation et de surveillance épidémiologique des maladies d’origine alimentaire.

Boukary Daou

12 avril 2005