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Après l’attaque de Sanankoroba, le braquage d’Ecobank et des actes de banditisme enregistrés ça et là, certains ont vite fait le raccourci et réclamé méchamment la tête du ministre en charge de la Sécurité, le Général Salif Traoré. Il est vrai que ce genre de hold-up n’est pas une habitude à Bamako, comme on le constate à Abidjan, Lagos ou Lomé.

C’est un phénomène nouveau, qui mérite d’être analysé, compris et solutionné avec tactique. On pourrait le lier à la situation d’ensemble du pays, qui fait que des larrons, tapis dans l’ombre, tentent d’en profiter. C’est manifestement le cas. Sinon, on est loin du l’installation de banditisme de grand chemin dans la capitale malienne. Cependant, il y a de quoi s’inquiéter.

Heureusement, les autorités en charge de la Sécurité ont pris au sérieux ces cas, dit-on, isolés, pour prendre le taureau par les cornes. En effet, depuis cette situation, la sécurité est bien renforcée, de jour comme de nuit, les policiers, les gendarmes et les gardes sont à pied d’œuvre pour rassurer les uns et les autres.
C’est ainsi qu’une opération de ratissage à Bamako et environs a permis d’interpeller plus de 120 personnes, avec souvent de sérieux indices, que nous taisons pour les besoins des enquêtes. Les véhicules suspects sont immédiatement immobilisés, avec leurs conducteurs.

Visiblement, ça bouge. Mais cela est-il suffisant pour endiguer l’insécurité de plus en plus grandissante? Il faudra aller au-delà de ces actions. Il faudra même une nouvelle doctrine, laquelle, nous a-t-on dit, est défendue par le Général Salif Traoré. Il s’agit de convaincre les députés, via la Commission Défense et Sécurité, présidée par l’Honorable Karim Keïta, de voter une loi de programmation sécuritaire, pour augmenter de façon considérable le nombre de policiers et de gendarmes, les doter ensuite de moyens modernes de communication, de véhicules et de motos, soutenus avec la dotation subséquente en carburant et autres pièces de rechange.
Les flics, comme on les appelle, n’ont besoin que de moyens pour accomplir leur mission de sécurité. Ils ont déjà le soutien des populations, qui, de plus en plus, collaborent avec eux dans l’intérêt de la Cité.

Bamako est aujourd’hui quadrillée. Les forces de sécurité sont visibles sur les grandes artères de la ville, malgré leurs maigres moyens. Des check points sont installés au niveau des trois ponts de la Ville des Trois Caïmans, des deux côtés de la rive. Avec courtoisie et rigueur, les policiers multiplient les fouilles et autres contrôles des véhicules. C’est dissuasif, c’est rassurant. Personne ne dira que l’Etat n’a rien fait. La plus belle femme du monde, a-t-on l’habitude d’entendre, ne peut donner que ce qu’elle a.

Le Général Salif Traoré est l’un des meilleurs de notre armée nationale. Il est brillant et il a la tête sur les épaules. Il a des belles initiatives. Qu’on le laisse travailler, sans pressions politiciennes et malveillantes. Déjà, il rassure, de par sa rigueur. En effet, sans complaisance, il a fait appliquer la réglementation militaire aux gendarmes qui ont abandonné leur poste de travail lors du braquage de Sanankoroba, ayant entrainé la mort de trois personnes.
Il a été aussi un très bon Gouverneur à Kayes, très pragmatique, très actif. Son action a toujours été couronnée par un bon résultat. Ce qui lui a permis d’entrer dans le gouvernement de Modibo Keïta.

Si on se donne le temps de l’écouter, de le comprendre et de le laisser agir, il aura forcément des résultats, parce qu’il a la compétence, la technicité et, surtout, la confiance des hommes qu’il dirige et l’accompagnement des citoyens.
Ceux qui le voient sortir du gouvernement pour ces braquages, ou qui essayent, par presse interposée, d’aggraver une situation déjà sous contrôle, devront encore attendre.
Et pour cause: un bon discernement fait ressortir que le Général n’a commis aucune faute. Au contraire, il est en train de solutionner un nouveau phénomène dont les contours, nous a-t-on dit, sont bien cernés. A suivre.

Chahana Takiou

22 Septembre du 03 Novembre 2016