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Sur initiative du président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré, les Chefs d’Etat de la région sahelo-saharienne envisagent de faire front commun pour instaurer la paix et la stabilité sur toute la bande au cours d’une conférence des chefs d’Etat, qui se tiendra très prochainement à Bamako. En prélude à cette rencontre, une conférence ministérielle préparatoire a regroupé, le 11 novembre 2008 à l’Hôtel de l’Amitié, les ministres des affaires étrangères de la Libye, de l’Algérie, du Tchad, du Burkina Faso, du Niger et du Mali.

Présidée par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Moctar Ouane, la réunion a enregistré la participation du ministre Délégué Chargé des Affaires Maghrébines et Africaines de l’Algérie, Abdelkader Messahel ; du ministre Délégué Chargé de la Coopération régionale du Burkina Faso, Minata Samaté ; le secrétaire chargé des Affaires de l’Union Africaine de la Libye, Dr Ali Treki ; le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Niger, Aïchatou Mindaoudou ; le secrétaire d’Etat Chargé des Relations Extérieures du Tchad, Djidda Moussa Outmane.

Les ministres de l’Administration Territoriale, Général Kafougouna Koné et de la Défense, Natié Pléa ont également pris part à la réunion.
La conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahelo-saharienne a été initiée par le président de la République, Amadou Toumani Touré, pour poser les fondements d’un cadre de coopération destiné à préserver la paix, la sécurité et promouvoir le développement dans la toute région sahelo-saharienne. L’initiative constitue, selon le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Moctar Ouane, l’expression d’une vision solidaire et ambitieuse de l’avenir de la région sahelo-saharienne.

Pour lui, cette dernière est confrontée à de nombreuses menaces, qui affectent la sécurité des personnes et des biens tout en accentuant les difficultés que rencontrent déjà les Etats de la région dans leurs efforts de lutte contre la pauvreté. Aussi, disait-il, des réseaux criminels veulent continuer de tirer profit de cette situation, et s’organisent pour affronter les forces de sécurité des Etats de la région sahelo-saharienne en vue de l’instauration d’un espace de non droit propice à leurs activités illicites telles que le banditisme transfrontalier, le terrorisme, les trafics d’armes, de drogues et d’êtres humains.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Moctar Ouane a indiqué que, pour faire face aux défis sécuritaires, qui vont au-delà des frontières nationales et qui menacent la sécurité collective, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, les pays de la région doivent promouvoir une approche concertée et globale, c’est à dire une action collective résolue et efficace.

C’est dans cette perspective que la réunion ministérielle préparatoire a examiné la situation sécuritaire dans la région sahélo-saharienne (état des lieux et stratégies de lutte) et dégagé les voies et moyens de promouvoir la coopération pour le développent dans la région sahélo-saharienne, notamment dans les domaines de l’agriculture, des infrastructures des investissements, de la communication, du transport, du commerce, du partenariat.

La conférence a évoqué l’impératif de créer les conditions propices à l’instauration d’un environnement de paix et de stabilité, de soutenir et poursuivre les efforts inlassables déployés par les gouvernements respectifs pour faire de la région sahélo-saharienne un espace de développement intégré, d’échange et de coopération fondé sur des valeurs africaines communes de fraternité, de solidarité, d’entraide et de respect mutuel.

A la fin des travaux d’une journée, la réunion ministérielle a recommandé de prendre les mesures appropriées pour combattre le terrorisme sous toutes ses formes ; de renforcer la coopération sécuritaire transfrontalière, à travers, notamment, l’organisation de patrouilles simultanées et mixtes ; de promouvoir l’échange d’informations et la mise en œuvre du concept des pays- frontières ; et de renforcer la coopération tant au niveau bilatéral, régional que multilatéral.

La conférence a aussi recommandé des actions spécifiques dans les domaines du désenclavement, des aménagements agro-pastoraux, de la sécurité alimentaire, de la santé, de l’éducation, de la formation et de la création d’emploi.

De même, elle a mis l’accent sur la nécessité de promouvoir et de poursuivre les programmes de développement entrepris par les gouvernements de la région, à travers les stratégies axées, notamment, sur la réalisation et le financement d’infrastructures de base, de microprojets destinés à lutter contre la pauvreté et à favoriser l’insertion socio-économique des jeunes.

La réunion a élaboré et recommandé à l’approbation des Chefs d’Etat et de Gouvernement les projets de Déclaration et de Plan d’action sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahélo-saharienne.

I. Maïga

13 Novembre 2008