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Se basant sur son expérience professionnelle, un ancien ministre et diplomate de carrière expliquait : “Pour un développement rapide et durable de l’Afrique, il faut trouver une alternative ayant trait aux facteurs-clés de l’insécurité et du sous-développement”. Toute chose qui met en évidence le côté pertinent du problème de la sécurité et du développement, en Afrique.

En effet, l’insécurité, en tant que source d’angoisse et de souffrance, en appelle à la notion de prévention et de mesures diverses en vue de restaurer un des besoins fondamentaux de l’individu : la sécurité. Pour preuve, les multiples conflits et attentats, de par le monde, constituent une grave menace pour la paix sociale. Aussi, c’est un devoir impératif, pour les grandes puissances et pour le continent africain, de trouver les meilleures voies et moyens pour y mettre fin.

En Afrique, l’insécurité quotidienne, due aux conflits frontaliers, ethniques, ou politiques, compromet gravement la stabilité intérieure des pays et certains pouvoirs africains. Mais il n’en demeure pas moins que sur ce plan, l’Afrique de l’Ouest est la moins exposée, par rapport au reste du continent.

Parmi les causes de l’aggravation de l’insécurité en Afrique, il faut citer la dette publique asphyxiante, les conflits communautaires et de leadership, le réchauffement de la planète, la propagation des maladies incurables (facteurs aggravants du taux de mortalité) la mauvaise gouvernance, l’arrogance et l’égoïsme des pays nantis et la prolifération des armes légères.

En Afrique, plus d’un million d’individus contrôlent 80% du PIB mondial, et plus de 320 millions d’individus vivent au dessous d’un Euro par jour. Par ailleurs, l’insécurité constitue un des plus grands phénomènes du sous-développement, avec des conséquences telles que l’aggravation de la violation des droits humains, le mal-vivre des populations, l’accroissement de la souffrance l’appauvrissement des structures d’Etat, la déliquescence, la fragilisation et la déstabilisation institutionnelles et étatiques,l’anéantissement des efforts de développement… A cela, il faut joindre la marginalisation, l’exclusion, la migration clandestine, et la fuite des cerveaux. Plus de 340 000 intellectuels africains ont dû fuir leurs pays d’origine, à la recherche de conditions de vie meilleures.

Le combat contre le fléau passe inévitablement par une lutte acharnée contre toutes les formes de pauvreté, en vue de bâtir un monde sécuritaire et un mode de gouvernance plus adaptés à nos besoins sociaux. Des besoins qui consistent à reformer et à lier le développement à la sécurité, à intégrer cette sécurité à la gouvernance démocratique globale et à promouvoir les processus participatifs.

Il faut également redistribuer les cartes de sécurité entre tous les acteurs de développement, faire de la sécurité un facteur-clé de développement, à travers tous les acteurs bilatéraux ou multilatéraux de développement (Etats, organismes internationaux et partenaires techniques et financiers).

Hady BARRY

04 juillet 2007.