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Au moment où les déptués s’apprêtent à examiner le projet de loi sur la Sécurité en bio-technologie, la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP), dans son combat pour la défense des intérêts des paysans, en partenariat avec la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique du Mali (COPAGEN-Mali), a organisé, le samedi 11 Octobre 2008, dans ses locaux, une conférence de presse afin d’informer l’opinion nationale et de sensibiliser davantage les élus sur les dangers de l’adoption d’un tel projet de loi.

En plus du président de la CNOP, M. Ibrahim Coulibaly, la conférence a regroupé d’autres responsables de ladite structure, notamment le Trésorier Général Adjoint, M. Ismael Coulibaly, le coordinateur, M. Salifou Sissoko, et les responsables de la COPAGEN-Mali.

Par définition, la bio-technologie concerne toutes les technologies avancées d’amélioration des plantes et des animaux. Elle existe déjà au Mali depuis bien des années, sans qu’une polémique ne soit ouverte, notamment à travers l’insémination artificielle, les micro-tubercules de pomme de terre, la culture de tissus et les vitro-plants de banane… Ainsi, les paysans maliens utilisent déjà des produits de la bio-technologie.


La position de la CNOP

Selon les responsables de la CNOP et de la COPAGEN-Mali, un cadre de bio-sécurité doit avoir pour seul objectif d’assurer la sécurité environnementale, sanitaire et surtout, économique d’un pays, et non d’introdurie le commerce des OGM brevetés. Il doit aussi servir à préserver les variétés, espèces et races locales. Sans cela, il n’a aucun intérêt, surtout pour un pays en développement, ont-ils ajouté.

Dans le cas spécifique du Mali, face à la précipitation d’une minorité de chercheurs de l’Institut d’Economie Rurale (IER), et avec l’appui sans faille de MOSTANTO, SYNGETA et l’USAID, un avant-projet de loi de bio-sécurité a été élaboré et soumis aux députés par le gouvernement, fera savoir le président la CNOP, M. Ibrahim Coulibaly.

Ce document et son cadre ont été élaborés avec la participation de façade d’une partie de la société civile choisie trois personnes au total-, dont la présidente de l’ASCOMA, avec des profils qui ne cadrent pas avec les enjeux de la problématique, par les cadres du ministère pour favoriser le démarrage des travaux d’introduction de manipulation et de dissémination des plants génétiquement modifiés, s’est indigné le président de la CNOP.

Afin de se protéger contre les risques avérés des OGM, le processus d’élaboration de ce document extrêmement important pour notre pays n’a pas respecté les dispositions des conventions internationales signées par notre pays“, a-t-il poursuivi. Il s’agit notamment de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) et du Protocole de Cartagena, qui exigent des consultations populaires pour élaborer les textes nationaux.

La preuve : bien que connue et reconnue par les autorités du pays, ainsi que par des cadres des ministères en charge de la coordination de l’élaboration dudit document, la COPAGEN-Mali, regroupant l’ensemble des organisations du pays travaillant sur cette problématique, a été ignorée à dessein dans le processus.

Ainsi, aucun représentant des organisations paysannes n’a participé au processus. En témoigne l’exclusion de la CNOP, membre de la COPAGEN, qui a pourtant eu le privilège de conduire le processus d’élaboration de la Loi d’Orientation Agricole (LOA) du Mali.

“Ce processus est donc en contradiction avec les engagements du pays. Et rien ne pousse aujourd’hui à la précipitation pour élaborer et introduire ce document qui, en l’état, a présenté plusieurs incohérences par rapport aux aspirations du peuple malien, en matière de bio-sécurité. Cette expression a été faite durant plusieurs manifestations aux plans national, régional, local, …”, a martelé le président de la CNOP, avant d’inviter toutes les couches de la société, particulièrement les hommes de média, à se joindre à eux pour arrêter le vote de cette loi par l’Assemblée nationale du Mali, avant qu’il ne soit trop tard.

A cet effet, les membres de la COPAGEN-Mali demandent, entre autres, la suspension du processus d’étude et de vote du projet de loi sur la bio-sécurité soumis par le gouvernement du Mali, pour permettre d’élaborer un nouveau document avec la participation effective de tous les acteurs concernés, notamment la COPAGEN et ses membres ; l’engagement des processus concertés d’élaboration, d’adoption et d’application effective des texes de lois et règlements nécessaires s’inspirant des lois modèles de l’Union Africaine sur les droits des agriculteurs et des communautés locales et sur la bio-sécurité.

Ils demandent aussi la prise des dispositions nécessaires, en collaboration avec des organisations citoyennes intéressées, pour mieux informer toute la population malienne sur les enjeux et défis liés aux OGM, en accord avec notre héritage et notre culture, afin de recueillir leurs réactions de façon transparente ; la mise en place d’un moratoire de cinq ans au moins sur les OGM, afin de se donner le temps d’informer la population, mieux approfondir les connaissances sur la question et prendre des décisions concertées en “connaissance de cause”, conformément à un principe majeur de la convention sur la bio-diversité et du Protocole de Carthagène.

Moussa TOURE

13 Octobre 2008