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Le Forum civique a réuni à Bamako, du 17 au 19 novembre, à l’hôtel. Les Colibris, les sommités africaines et européennes autour du thème : «Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité, les conflits et leur gestion en Afrique : le cas du Mali». Ce colloque international de trois jours a permis aux participants de passer au peigne fin les dessous des interventions militaires extérieures en Afrique et le processus de déstabilisation de l’Afrique au profit de la mise en place du nouvel ordre mondial.
Durant les trois jours de travaux, plusieurs communications d’imminents chercheurs et personnalités, ayant trait à la sécurité dans le Sahel et le pillage des richesses minières sous couvert des interventions militaires ont été faites.

Selon André Bourgeot, qui a abordé le thème : «Un nouvel ordre pour le capitalisme mondialisé en crise, un exemple : le cas du Mali», il fallait d’abord déstabiliser la Libye pour affaiblir le pouvoir central à Bamako par la création du MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad). Dans sa communication, il a rappelé que le mot Azawad ne correspond à aucune réalité ethno- géographique à lus forte raison à un territoire. Il a dit que la déstabilisation du Sahel à travers le Mali entre en ligne droite de la mise en place du nouvel ordre mondial. Ce nouvel ordre mondial est fondé sur le pillage des ressources naturelles africaines.
«Comment sortir des interventions ?», était le thème central de ce colloque. Les participants ont tous condamné les interventions militaires en Afrique. Avant de dire que la sécurité de l’Afrique incombe aux Africains. Le Pr Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et paneliste, dit qu’il est regrettable de constater qu’après plus de cinquante ans d’indépendance que la sécurité et la défense de l’Afrique soient confiées à la France.

Pour Aminata Dramane Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, les interventions militaires en Afrique ne visent aucun objectif humanitaire, mais de protéger les intérêts européens sur le continent africain. Dans cette même optique, Nouhoum Keïta du Forum civique a laissé entendre que l’accord de coopération militaire signé entre le Mali et la France ne protège que les intérêts et les ressortissants français sur le sol malien. Avant de déplorer que la France puisse intervenir sur n’importe quelle partie du Mali sans consulter ses autorités. D’autres exemples, comme l’installation des bases militaires françaises en Afrique, ont fait l’objet de débats.
Aux yeux des participants, l’Afrique peut sortir des interventions militaires en mettant en place des mécanismes de prétention de conflits et par la restructuration de l’Union africaine (UA). Ils ont demandé aux Africains de prendre conscience des enjeux dont leur continent est l’objet depuis que l’Occident a décidé de reconfigurer la carte du monde. Ils ont aussi mis l’accès sur la formation idéologique des populations dont on pille leurs richesses en miroitant des lendemains sans meilleurs avec des projets de développement appelés «éléphants blancs».

Le président du Forum Civique, Pr Issa N’Diaye, ancien ministre malien de l’Education, soutient que compte tenu des richesses minières que regorge le bassin de Taoudéni le Mali constitue un véritable imbroglio politico- religieux et économique. Il soutient que la déstabilisation de l’Afrique tire son origine des réseaux que la France a établis en Afrique pour gérer les crises et mettre au pouvoir les hommes soumis et capables de garantir ses intérêts.
La cérémonie d’ouverture était présidée par Abraham Bengaly, chef de cabinet du Premier ministre.

Y.S

L’Inter de Bamako du 24 Novembre 2014