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« Plus de 1, 4 millions de personnes ont besoin d’une assistance immédiate. Une attention particulière mérite d’être accordée aux populations déplacées internes et aux personnes refugiées… dont le retour dans leurs localités d’origine pourrait s’accélérer dans les mois à venir ». Cette déclaration a été faite par Mme Sally Haydock, chef de file des partenaires techniques et financiers du Programme de restructuration du marché céréalier, le 15 août 2013, au CICB, lors de la 10ème session du Conseil national sur la sécurité alimentaire au Mali.

Baba Berthé, ministre de l’agriculture, a présidé le 15 août 2013, la 10ème session du Conseil national sur la sécurité alimentaire au Mali. Mme Sally Haydock, chef de file des partenaires techniques et financiers du programme de restructuration du marché céréalier, a indiqué que la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations du Mali, en particulier celle des régions du nord, a été fortement affectée par les différentes crises qui ont secoué le pays. Selon elle, cette situation s’est améliorée en 2013 grâce à la bonne production agricole enregistrée lors de la dernière campagne, mais également à travers la réponse massive que le gouvernement, les partenaires techniques et financiers ainsi que l’ensemble des acteurs humanitaires ont apporté et apportent encore aux populations affectées. Cependant, se basant sur une évaluation du système d’alerte précoce (SAP), elle dira que plus de 1,4 millions de personnes ont besoin d’une assistance immédiate.

Mieux, elle dira qu’une attention particulière devra être accordée aux populations déplacées internes et aux personnes refugiées dont le retour dans leurs localités d’origine pourrait s’accélérer dans les mois à venir. Elle a aussi rappelé qu’une enquête récente sur la sécurité alimentaire des ménages au nord du Mali conduite conjointement par le PAM et la FAO en partenariat avec le Système d’alerte précoce (SAP) montrent une dégradation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la plupart des ménages. « Cette étude montre, entre autres, que 90% des ménages enquêtés ont eu recours à des stratégies de crises, notamment la vente d’actifs productifs, pour subvenir à leur sécurité alimentaire. Plus de 85% des dépenses des ménages sont consacrées à l’alimentation », a-t-elle déclaré.

Pire, en ce qui concerne la campagne agricole actuelle, elle a indiqué que les premières tendances et informations remontées par leurs partenaires sur le terrain ne sont pas encourageantes, à cause du démarrage tardif des pluies et des poches de sécheresse. « Ceci devait nous alerter pour nous permettre d’anticiper les conséquences de cette situation si elle se confirme », a-t-elle déclaré. En ce qui concerne les partenaires techniques et financiers de notre pays, elle dira que dans le cadre du plan de réponse élaboré par le gouvernement, ils vont mettre l’accent sur un certain nombre de points.

Ce sont : l’audit organisationnel et financier approfondi du dispositif de sécurité alimentaire financé par l’Union Européenne sera réalisé en aout 2013 et les PTF vont poursuivre le renforcement de l’assistance humanitaire et le relèvement des moyens d’existences des ménages fortement éprouvés par les crises à travers des distributions alimentaires ciblées, la restauration des capacités de production agricole et l’appui en faveur de la nutrition, des cantines scolaires et la résilience. « Les efforts doivent être poursuivis en matière de mobilisation de ressources pour la mise en œuvre des activités concourent à renforcer la sécurité alimentaire durable des populations.

Un accent particulier mérite d’être mis sur l’appui aux 166 communes les plus vulnérables du pays et à la mise en œuvre des grandes projets et programmes du Gouvernement », a-t-elle indiqué. Représentant le Premier ministre, Baba Berthé, ministre de l’agriculture, a rappelé que dans le cadre du plan d’actions d’urgence de réponses aux difficultés alimentaires de 2012-2013, l’Etat et ses partenaires, sont venus en aide à plus de 4 600 000 de personnes vulnérables recensées dans 210 communes des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Tombouctou,

Gao et Kidal. Après avoir rappelé que l’Etat a consenti environ 15, 5 milliards de FCFA au financement du plan d’actions d’urgence, Baba Berthé a révélé que 188 532 personnes sont en crise alimentaire, 1 207 803 personnes en difficultés alimentaires et 2 073 162 personnes en difficulté économique. Selon lui, dans ces zones, il existe un besoin d’intervention de l’Etat et de ses partenaires techniques et financiers pour prés de 45 000 tonnes de céréales.

Assane Koné

16 Août 2013