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Le dispositif national de sécurité alimentaire regroupe plusieurs acteurs, mais les rôles sont bien définis.La Commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara a présidé mardi à l’hôtel Laïco El Farouk un atelier de sensibilisation sur les informations engendrées par le dispositif conjoncturel de sécurité alimentaire.

jpg_securite-alimentaire.jpgLe coordonnateur des donateurs du Programme de restructuration du marché céréalier, Mme Alice Martin Dahirou qui est la représentante du PAM, les représentants d’autres partenaires techniques et financiers ont pris part à la rencontre. L’organisation de cet atelier traduit l’importance que le Commissariat à la sécurité alimentaire accorde à la dimension conjoncturelle de la sécurité alimentaire.

Le Programme de restructuration du marché céréalier (PRMC) a été créé au début des années 80 par le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers. Sa principale vocation est d’améliorer la sécurité alimentaire en assurant la libéralisation du marché céréalier et sa modernisation. Depuis, le programme s’est progressivement transformé en un dispositif national de prévention et gestion des crises alimentaires, a rappelé le Commissaire à la sécurité alimentaire. A ce titre, il génère de l’information et exécute des actions de sécurité alimentaire.

Il s’agit le plus souvent de distributions alimentaires gratuites, d’opérations de rotation technique du stock national de sécurité et de ventes d’intervention dans les zones présentant des difficultés d’approvisionnement. En raison de plusieurs campagnes agropastorales globalement favorables, les distributions alimentaires gratuites ont été relativement limitées au cours de ces dernières années, a constaté, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara.

Mais les acteurs du dispositif n’en restent pas moins vigilants pour détecter et faire face à des difficultés alimentaires localisées. Comme c’est le cas actuellement dans le Nord du pays qui vit une situation particulièrement difficile en cette période de soudure. Il faut également noter qu’en certaines occasions, le renforcement des banques de céréales ou la mise en œuvre de petits périmètres irrigués villageois est assuré par le programme.

Pour mener ses missions à bien, le Programme de restructuration du marché céréalier s’appuie en grande partie sur son secrétariat technique, l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM), le Système d’alerte précoce (SAP) et l’Observatoire du marché agricole (OMA). Comment la collecte du renseignement est-elle organisée entre toutes ces structures ?

Dans le cadre du système établi par le Programme de restructuration du marché céréalier, l’Observation du marché agricole diffuse des informations sur les prix et l’état de disponibilité des céréales. Le Système d’alerte précoce surveille les 703 communes en matière de sécurité alimentaire. La gestion du stock national de sécurité (SNS) est confiée à l’Office des produits agricole du Mali.

La Commissaire à la sécurité alimentaire a également expliqué que l’utilisation du système national de sécurité alimentaire s’est toujours faite à la suite de recommandations formulées par le Système d’alerte précoce à l’endroit des décideurs. « Si les modes d’interventions du Programme de restructurations du marché céréalier sont généralement bien connus, nous avons constaté que les méthodes de collecte, de traitement et d’analyse des données exploitées par les structures spécialisées du programme sont plutôt méconnues des utilisateurs de l’information », a déploré Mme Lansry Nana Yaya Haïdara.

C’est pourquoi, il s’est avéré nécessaire de réunir tous les intervenants pour leur expliquer le schéma de la collecte et du traitement de l’information. L’atelier du mardi procède de cette démarche. Le Système d’alerte précoce a fourni de gros efforts pour développer sa propre méthodologie d’analyse de la sécurité alimentaire basée sur le mode de vie des ménages dans les différentes zones agro-écologiques du pays.

Grâce aux pronostics du SAP, les risques d’apparition de crises alimentaires sont dans l’ensemble bien maîtrisés. Avec sa longue expérience, le SAP dispose d’une masse importante d’informations. Par exemple, le travail de ciblage des communes à risque est le fruit d’un cheminement relativement long et complexe qui mérite d’être davantage explicité pour une collaboration entre partenaires.

Le Commissariat à la sécurité alimentaire a le souci constant d’améliorer les performances du dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires tout en favorisant l’établissement de liens entre les dimensions conjoncturelles et structurelles de la sécurité alimentaire, a assuré la patronne de la structure.

La prise en compte de l’analyse rétrospective du Système d’alerte précoce dans l’identification des 166 communes les plus vulnérables en est un exemple éloquent.

Mariam Dolo

L’Essor du 15 Juillet 2010.