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En dépit de plusieurs handicaps,la production céréalière de la campagne agricole 2007-2008, a été estimée à 3 885 477 tonnes. Supérieure à celle de 2006-2007, évaluée à 3 693 240 tonnes et à celle de la moyenne des 5 dernières années, estimée à 3 172 850 tonnes, la production agricole 2007-2008 a été jugée globalement bonne, par Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, Commissaire à la sécurité alimentaire.

C’était le 25 avril 2008, au cours du 5ème conseil national de la sécurité alimentaire. Malgré cette bonne campagne, elle a révélé que certaines communes du pays ont enregistré des poches de mauvaises récoltes.

Avec une production de 3 885 477 tonnes de céréales, le Mali devait en principe être à l’abri des difficultés alimentaires. Mais, la flambée des prix des denrées de première nécessité à travers le monde et les poches de mauvaises récoltes dans certaines communes du pays viennent influencer négativement les effets positifs de cette production record.

A la 5ème session du conseil national de la sécurité alimentaire présidée par le Premier ministre, Mme Lansry a affirmé que malgré la bonne production, les prix de mil, sorgho et maïs sont supérieurs à ceux de 2006-2007 et de la moyenne des 5 dernières années, à la même période. Elle a estimé que cette tendance haussière devrait se poursuivre en raison de la situation suffisamment tendue dans les pays voisins, voire la région ouest africaine et du possible report des achats de riz sur les mil-sorgho.

En ce qui concerne le cas particulier du riz, elle a soutenu que l’évolution de son prix à la hausse est exceptionnelle pour diverses raisons exogènes régionales et mondiales. Mais, selon elle, cette tendance haussière devrait se maintenir voire se poursuivre du fait que les raisons exogènes mondiales évoquées semblent s’installer dans la durée.

En dehors de cette influence extérieure, à la lumière des résultats de la campagne agricole 2007-2008, le système d’alerte précoce a identifié des poches de difficultés dans certaines zones du pays. Ce sont les populations de 34 communes à travers 13 cercles du pays (Diéma, Nioro, Banamba, Nara, Macina, Bandiagara, Gourma-Rharous, Goundam, Gao, Ansongo, Bourem, Abéïbara et Tessalit) qui sont concernées.

Et pour atténuer les souffrances des populations de ces communes, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara a levé le voile sur le plan de réponse élaboré par le Commissariat à la sécurité alimentaire. Selon elle, ce plan met essentiellement l’accent sur l’amélioration de la disponibilité des céréales et de la nutrition. Il vise aussi le rétablissement des facteurs de production dans les zones identifiées vulnérables.

Au cours de cette rencontre, le Commissaire à la sécurité alimentaire a aussi présenté l’état d’exécution des recommandations de la 4ème session du Conseil national de la sécurité alimentaire tenue le 29 janvier 2007 à Ségou.

Elle a aussi mis un accent sur l’état de mise en oeuvre du Programme national de sécurité alimentaire (PNSA) dont l’objectif est de vaincre la faim et d’assurer la sécurité alimentaire au niveau national et à l’échelon des ménages à l’horizon 2015 dans une perspective durable sur les plans économique et environnemental et dans le souci de justice sociale.

Auparavant, Mme Alice Martin-Daïhirou, représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) au Mali, chef de file des partenaires techniques et financiers du programme de restructuration du marché céréalier (PRMC), a estimé que le Mali devrait profiter de son potentiel agricole pour accroître sa production et réduire sa dépendance en riz vis-à-vis de l’extérieur.

Assane Koné

30 Avril 2008