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La scène était digne d’un film de série B. Hier jeudi 7 août 2008, quand nous étions en plein bouclage, un motocycliste, comme s’il était poursuivi par un démon, a abandonné sa Jakarta en catastrophe pour se réfugier entre deux véhicules stationnés devant notre redaction à l’ACI 2000.

Une Mercedes 190 immatriculée S5056 MD cherchait à l’écraser. Quelques minutes plus tard, des cris de stupeur en ont ajouté à la confusion.

La Mercedès qui arrivait en trombe est passée la même vitesse en écrasant la Jakarta abandonée à temps par son conducteur qui était la cible.

Le motocycliste qui tremblait à la fois de frayeur et de colère s’est emparé d‘un cailloux qu’il a lancé contre la pare-brise de la voiture qui voulait le réduire en bouillie. Le conducteur du véhicule alors en rage, n’ayant pas eu l’opportunité d’écraser le motocycliste a pris pour cible l’engin. Et certaines parties de ce qui restait de la moto endommagée ont volé en éclats. Le conducteur qui n’avait cure de la présence des badauds s’est garé à quelque dizaine de mètres du lieu de son forfait.

Le motocycliste atterré proférait des imprécations contre son adversaire qui avait déjà enlevé son boubou pour en découdre avec le motard. Interrogé, le propriétaire de l’engin s’explique:« Nous étions non loin du bitume quand il a insulté mes parents parce qu’il voulait que je lui cède le passage.

Puis, il a dit qu’il peut me rouler dessus sans problème et m‘a traité de fils de pauvre. Énervé, je l’ai suivi et lui ai retourné les mêmes injures. C’est alors qu’il m’a suivi en trombe et a voulu me tuer. Heureusement que j’ai été averti par le bruit de son moteur».

Dans la version du propriétaire de la Mercedes, les imprécations qui seraient à la base de l’incident ne sont pas évoquées. « Il m’a poursuivi du bord du bitume jusque dans la rue pour me demander de répéter ce que j’ai dit, si je suis un vrai homme. Il a eu le culot d’ajouter que je dois être fou et a même insulté mes parents», a raconté le conducteur du véhicule.

Les témoins de cette scène incroyable étaient dépassés. Une vieille dame qui habite non loin des lieux ne pouvait rester tranquille après avoir vu ce fait horrible. « Je ne suis ni pour l’un ni pour l’autre. Vous avez failli tuer mon petit fils qui errait à la porte de ma concession.

Je ne sais pas ce que vous avez dit au conducteur du véhicule pour qu’il vous suive comme ça, mais ce doit d’être grave », a déploré la vieille dame.

Très rapidement, des proches du motocyclistes ont fait appel au Commissariat du 5ème arrondissement qui a envoyé des policiers pour faire le constat. Peu après l’arrivée des policiers, une dame en civil est arrivée sur les lieux. Et s’est présentée comme un sergent de police.

Elle serait l’épouse du conducteur de la Mercedès.

Alerté par la foule, un journaliste du Républicain est sorti pour faire des photos de la scène qui se passait juste devant la porte, la moto était immobilisée à deux mètres de l’entrée. Les policiers s’en sont pris à ce journaliste du “Le Républicain” en lui intimant de leur remettre son appareil photo. Réfus catégorique du reporter. Efface les images, ordonnent les policiers. Qui êtes-vous, intérrogent-ils ? Je suis un journaliste et vous êtes devant le siège d’un journal, repond le journaliste.

Puis, ils ont tenté de l’emmener au Commissariat en vain. Décidément, Le Républicain a été le témoin gênant d’une tentative d’assassinat.

Le siège du journal fut assiègé pendant plus d’une heure, pendant que les collègue du journaliste et les policiers se tiraillaient. Le constat de l’accident s’est mué en poursuite d’un journaliste pour avoir fait des images. Après des échanges avec leur inspecteur, les policiers finissent par lever le siège qui les avait conduit jusque dans la cour du journal.
Pourquoi tout ça ?

Soumaila T. Diarra

Assane Koné

Boukary Daou

08 Aout 2008