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Après deux semaines de séance de travail entre les responsables militaires maliens et l’équipe d’évaluation technique conjointe Cedeao-Ua-Onu, les deux parties sont difficilement parvenues à un point de consensus. Toutefois, les experts ont tenu à faire savoir à la partie malienne les suggestions susceptibles de renforcer le dispositif sécuritaire de l’armée malienne. On ne peut pas dire que tout s’est déroulé comme sur des roulettes. L’équipe des experts a émis beaucoup de réserves.

Pour ce qui est de l’intégration des officiers d’état-major et du personnel civil, les deux parties ont accepté un accord de principe pour cette proposition. Le nombre et la qualité des personnels seront fonction de la structure du centre de coordination des opérations de sécurisation des institutions de la transition. Cette structure sera arrêtée de commun accord entre les deux parties.

L’équipe d’évaluation technique de la Cedeao a noté des insuffisances dans le dispositif sécuritaire mis en place sur les différents sites. Ces insuffisances portéront sur le manque d’équipements de détection d’explosifs, de métaux, de mines. S’y ajoutent le manque d’équipement de destruction d’explosifs, le manque de groupe Nedex, le manque de miroir de détection, le manque de concertina. Pour combler ces insuffisances, la mission d’évaluation technique de la Cedeao, est convenue du renforcement des capacités des forces de sécurité en détection d’explosifs, des mines, des métaux, et la mise à disposition d’instructeurs sur les équipements nouveaux ainsi que le renforcement des capacités de la police scientifique. Les experts ont en outre demandé l’installation de scanner, de détecteur de métaux et d’explosifs, d’un système de vidéo surveillance. Il a aussi été question de l’élaboration de règles d’engagement, d’installation de projecteurs, de miradors, du renforcement des moyens de transmission et la construction d’un héliport, pour ne citer que ceux-là.

S’agissant du centre de coordination des opérations de sécurisation des institutions de la transition par ailleurs logé au ministère de la sécurité intérieure et de la protection civile, il a été question de l’installation de cellules d’analyse, de synthèse et de conduite, la structuration de la chaine de commandement, la coordination des activités des unités déployées.

Les experts militaires ont suggéré d’installer leur base militaire à Bamako en cas d’une intervention militaire. Les autorités militaires ont rejeté cette proposition de l’équipe des experts arguant qu’une installation de la base de la Micema à Bamako serait mal accueillie par la population. Et qu’en termes de stratégie pour une éventuelle offensive militaire contre les bandits armés, le camp de Sévaré est le mieux indiqué. Ce point reste encore à l’étude pour les deux parties. Toutefois, le Niger a fait savoir par son représentant, qu’il ne pourra pas venir jusqu’à Bamako. Compte tenu du fait que le Niger est à quelques centaines de kilomètres des trois régions occupées, le déploiement nigérien se fera certainement à partir de l’une des trois capitales, a-t-on fait savoir. Par ailleurs, l’équipe des experts a suggéré l’installation d’un hôpital militaire. Une demande qui n’a pas non plus eu l’assentiment de la partie malienne. Qui a déclaré que le dispositif sanitaire en place offre un plateau technique fort appréciable en la matière.

Autres points sur lesquels l’équipe d’experts a beaucoup insisté, c’est surtout la sécurisation des institutions de la transition. Les émissaires de la communauté internationale ont déterminé le dispositif à sécuriser et à défendre. Il s’agit tout d’abord de la présidence à Koulouba, la résidence officielle du président de l’Assemblée nationale, l’Assemblée nationale, la Cour suprême, la primature et la cité administrative, le centre de commandement de la police nationale, l’ORTM et la résidence du premier ministre.

Abdoulaye DIARRA

L’Indépendant du 24 Juillet 2012