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La sécurité est sans nul doute le principal enjeu des élections, notamment de la présidentielle dont notre pays a vécu le 1er tour le dimanche 28 juillet 2013.

Aussi, conscient des défis sécuritaires, le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile a-t-il procédé à une mobilisation exceptionnelle, comme l’attestent les mesures qu’il a prises pour la couverture sécuritaire des élections présidentielles et législatives de 2013 au Mali.

L’occupation pendant presque une année des régions du Nord par les terroristes et narcotrafiquants ainsi que les événements des 21, 22 mars et du 30 avril au 1er mai 2012 survenus à Bamako, Kati et environs ont exacerbé les problèmes de sécurité et propulsé les questions sécuritaires au premier plan des préoccupations nationales.

Malgré la libération du Nord et le retour progressif des représentants de l’Etat malien (administration, forces armées et de sécurité) dans les régions du nord, la situation sécuritaire du pays préoccupe toujours les citoyens. C’est pourquoi, organiser des élections dans un contexte de post-crise ne saurait être une sinécure.

Conformément aux missions de la Transition, le département de la Sécurité intérieure et de la Protection Civile s’est très tôt penché sur les dispositions sécuritaires à prendre en vue d’assurer un bon déroulement des scrutins. C’est ainsi qu’il a créé en son sein le 19 avril 2013 une » Cellule de coordination de la couverture sécuritaire des élections présidentielles et législatives de l’année 2013 ».

Présidée par un conseiller technique et comprenant entre autres les directeurs des services centraux de sécurité, la cellule de coordination, sous l’autorité du ministre, évalue les besoins en sécurité et formule les propositions d’organisation des forces en vue de la couverture sécuritaire avant, pendant et après les élections.

La sécurité du processus électoral est une prérogative du ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile qui s’en occupe avec les forces qui relève de son autorité. Elles sont généralement articulées de la manière suivante :

dans les communes urbaines, la police nationale, renforcée par la gendarmerie nationale, la garde nationale et la protection civile, assure la coordination ;

dans les communes rurales, la Gendarmerie nationale, appuyée par la Garde nationale assure la coordination. Il est souvent fait recours à l’Armée pour renforcer les effectifs.

Il faut noter cependant que cette année, en raison du contexte spécifique dans le pays, les Forces Armées maliennes seront responsables de la couverture sécuritaire des élections dans les zones d’opérations. Elles seront renforcées par les forces de la Minusma et celles de l’Opération serval.

Pour mener à bien la couverture sécuritaire des élections, le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile prévoit le déploiement de 13.159 éléments, comprenant aussi bien des policiers, des gendarmes, des gardes que des agents de la Protection civile. Par ailleurs, de nombreux militaires, dont le nombre reste à la discrétion des chefs militaires en relation avec les Gouverneurs, seront engagés dans les zones d’opérations, assistés d’éléments des Forces de sécurité en raison de leur technicité.

Il faut enfin noter que plus de huit cents véhicules seront utilisés pour assurer la mobilité des forces.

L’ensemble du dispositif de la couverture sécuritaire des élections est placé, au niveau national, sous l’autorité du Ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, assisté par la Cellule de Coordination. Dans les régions, le Gouverneur est le premier responsable du dispositif excepté dans les zones d’opération où il collabore avec le chef des opérations de sa zone.

Des consignes particulières

Pour éviter des abus et atteintes aux droits des électeurs de la part des forces de sécurité lors de la sécurisation des opérations de vote, des consignes particulières leur sont édictées. Elles doivent notamment ; interdire l’accès des bureaux de vote à tout électeur ne disposant pas de carte Nina ; éviter toute violence inutile ou disproportionnée ; éviter toute discussion avec les électeurs, les agents électoraux, les observateurs ; se conformer uniquement aux instructions du chef de centre et du président du bureau de vote ; ne pénétrer dans le bureau de vote qu’en cas d’extrême nécessité, ou sur réquisition du Président de Bureau de vote ; rendre compte à la hiérarchie, avec la plus grande diligence, de tout évènement survenu dans le centre ou le bureau de vote.

Sounkalo Togola

Chargé de Mission MSIPC

01 Août 2013