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Décidément, dans l’engrenage du RPM, Ladji Bourama aura du mal à imprimer une concordance entre ses discours et les réalités du terrain, tant le parti va de mal en pis. A croire qu’étant fatigué de filer du mauvais coton, les Tisserands aspirent désormais à fuir le métier à filer. C’est du moins ce qu’on est en droit de penser, après les démissions en cascade de centaines de militants du parti, un peu partout à travers le pays.

Celles mémorables de la 4e vice-présidente du Bureau Politique National, Mme Touré Safiatou Touré, de M. Arboncana Ibrahim de la commission électorale, avec, sur leur trace, plusieurs dizaines de militants, étaient loin d’être l’épilogue de la crise de désaffection qui secoue actuellement le RPM.

En effet, à Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako, c’était le tour de Lamine keïta -un responsable à la base du RPM, connu pour être un grand mobilisateur- de débarquer à l’Adéma, avec armes et bagages. Dans son départ pour le parti de la Ruche, le “jeune frère” de Ladji Bourama (comme le veut la tradition, tous les deux étant des Keïta,) est suiviimité par près d’une centaine de militants RPM de Sogoniko.

Le principal artisan de ce “coup de poignard planté dans le dos“ du parti du Tisserand n’est autre que Mamadou Diarra, un aure… ex-grand mobilisateur du RPM, connu dans le temps par le sobriquet ”IBK“. Donc un homme qui était prêt à donner sa tête à couper pour le président du RPM, El Hadji Ibrahim Boubacar Keïta. Et pour la petite histoire, il ne fallait jamais s’aviser de l’appeler par son vrai nom, Mamadou Diarra : il risquait pour cela, d’en arriver aux mains. Il fallait l’appeler IBK…

Pour ceux qui ne l’ont pas encore connu, Mamadou Diarra, bien que handicapé physique, avait sillonné tout le pays avec Ibrahim Boubacar Keïta, à bord de son tricycle frappé aux couleurs du RPM et orné d’un grand poster représentant le Mandémassa lui-même.

Mais aujourd’hui, à tous ceux qui lui demandent les raisons de son divorce avec le RPM et son président, Mamadou Diarra déclare, autant pour se justifier que pour se disculper : “J’ai fini par comprendre que l’homme pour qui j’avais tout abandonné n’était qu’un imposteur, un homme loin d’être l’image qu’il prétend réfléter”. Et depuis son adhésion à l’Adéma, Mamadou Diarra s’était juré de vider le RPM de tous ses militants en Commune VI.

Même si l’on est encore loin d’être à ce niveau, l’homme vient de prouver qu’il entend tenir son pari, avec la défection de Lamine Keïta et de plusieurs militants RPM, au profit de l’Adéma.

Pour consacrer cette victoire, une cérémonie de présentation des nouveaux arrivants a été organisée dans la soirée du lundi 30 Juin 2008, en présence du Secrétaire Général de la sous-section de Sogoniko, M. Souleymane Dagnon, et de Mamadou Diarra lui-même.

Les nouveaux venus, avec, à leur tête Lamine Keïta, ont eu à expliquer les raisons de leur départ du parti du Tisserand et celles qui ont motivé leur option pour le parti de l’Abeille. Selon eux, aujourd’hui, à Sogoniko, le RPM est devenu un parti où les militants n’ont droit qu’au mépris des responsables de ce parti. Toutes les décisions et les réunions se tiennent entre responsables. Et les militants sont tout simplement mis devant les faits accomplis, reprochent-ils.

Par ailleurs, ils doutent désormais fort de la capacité de Ladji Bourama à garantir des lendemains meilleurs au RPM. Et pour ce qui est du choix de l’Adéma, ils estiment que Mamadou Diarra, qui a troqué son sobriquet “IBK” contre “Madou Adéma”, a été pour beaucoup. Mais ce sont les qualités du Secrétaire Général de la sous-section de Sogoniko, M. Souleymane Dagnon, qui leur ont permis de faire le choix final, soutiennent-ils.

En dépit du travail de titan qu’il déploie pour rassembler les Ruchers à Sogonko, Souleymane Dagnon est un homme qui aura beaucoup oeuvré pour le développement de la Commune VI. Rappelons, en passant, qu’iest également le Maire de la Commune VI.

Souleymane Dagnon a tout simplement rassuré les nouveaux arrivants, en déclarant qu’à l’Adéma, il n’y a pas de militants de premier et de second dégré. “Soyez-donc les bienvenus ! ”, a-t-il lancé à leur endroit, tout en leur donnant l’assurance qu’il rendra compte aux responsables de la section VI. De quoi enthousiasmer le Secrétaire Général de ladite section, M. Yacouba Diallo, dont les actions ont permis, à cette structure du parti en Commune VI, de s’imposer comme une structure de référence dans le District.

Des démissions encore attendues au RPM

Au regard du bicéphalisme qui prévaut aujourd’hui au sein du RPM en Commune VI, on est en droit de dire que la saignée est loin d’être terminée dans les rangs des Tisserands. En effet, l’ex-députée RPM élue en Commune VI, Mme Touré Kany Sangaré, ne serait plus en bon terme avec ses camarades. Ce qui eut, pour conséquence, une rupture de banc.

Aussi, au lieu de participer aux réunions du RPM à son siège, Mme Touré Kany Sangaré préfère se réunir avec ses partisans..chez elle-même. Et comme le dit l’adage, “toute personne censée sait que le sommet de la montagne est plat”. C’est dire que cette dissidence dirigée par l’ex-députée RPM, Mme Touré Kany Sangaré, est sur la voie de rompre avec le parti.

Cette rupture est instantanée, dans la mesure où nos sources ne donnent pas de précision. Tout porte donc à croire que ce serait avant ou après les municipales. Car on soupçonne Mme Touré Kany Sangaré de vouloir piloter une liste, lors des prochaines municipales, soit avec le RPM, soit en indépendant.

Toujours est-il que Ladji Bourama a du pain sur la planche, lui qui, en ce moment, s’adonne à des critiques vaines et stériles à l’endroit du régime en place. L’homme parle comme comme si le RPM est parvenu à recoller les morceaux, après sa mésaventure des législatives dernières. Alors qu’en réalité, le parti reste menacé par l’implosion.

Adama S. DIALLO

02 Juillet 2008