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Pour ceux qui ne le connaissent pas, ou qui l’auraient oublié, M. Souleymane Camara est cet ancien député Adéma de Diéma qui, dans la foulée des préparatifs du 4ème Congrès du parti de l’Abeille, avait publié un rapport accablant sur la section de la localité, dans lequel il faisait le procès de la gestion de Marimantia Diarra. Ce dernier, en plus d’être le Secrétaire Général du Comité Exécutif (CE) de l’Adéma-PASJ, est également le Secrétaire Général de la section de Diéma.

Jusqu’au rapport sous forme de pamphlet de l’enseignant du Second Cycle et ex-député Souleymane Camara, la gestion de Marimantia Diarra n’avait jamais été constestée par qui que ce soit à Diéma. C’est la preuve qu’il a toujours su gérer sa section avec tact, détermination et responsabilité, tout en restant ferme sur les principes et le respect des textes du parti.

C’est d’ailleurs pourquoi le rapport-pamphlet du sieur Souleymane Camara sur une gestion supposée calamiteuse de la section du Diéma avait suscité de l’émoi dans l’esprit de nombreux cadres et militants de l’Adéma-PASJ qui avaient du mal à saisir le sens de l’acharnement de l’homme contre Marimantia Diarra.

Mais ils ont très vite fait de comprendre à la veille du congrès, période généralement mise à profit par des politiciens en panne de charisme ou d’inspiration pour tenter de se faire une nouvelle santé politique, à travers des méthodes frisant l’orthodoxie et l’élégance politique. Sinon, quoi d’autre? En quoi le Secrétaire Général d’une section peut-il être tenu pour responsable de l’échec d’un ancien député qui aura fait deux mandats législatifs successifs?

Souleymane Camara aurait sûrement compris la leçon du vote-sanction, une sentence ultime des élections face à leurs mandats qui se seraient illustrés par la sauvegarde de leurs seuls intérêts personnels. Et lorsqu’à cela s’ajoute ensuite des déboires avec l’administration -comme c’est le cas pour Souleymane Camara-, alors il y a vraiment de quoi faire “péter les plombs”, même au mortel politique le plus endurci.

Enseignant du Second Cycle de son état -un détail qu’il avait peut-être oublié face, dit-on, aux “billets craquants” et aux “dotations en carburant” que lui conférait son titre de président de la Commission Défense de l’Assemblée nationale-, Souleymane Camara “s’offrira” même, durant son mandat de député, un Diplôme d’Etudes Supérieures à l ‘Institut National de Formation des Travailleurs Sociaux (INFTS).

Sanctionné d’un “ carton rouge” par les électeurs de Diéma, l’enseignant et ancien député décida alors de réintégrer l’Administration, mais avec l’idée qu’il sera promu à une catégorie et un grade supérieurs. Alors, c’est là qu’il déchantera ! En effet, ayant effectué des études supérieures sans en informer l’Administration et sans une autorisation préalable de cette dernière, le reclassement de l’ex-député Souleymane Camara lui sera alors refusé.

Il ne disposait alors plus que de trois options: reprendre la craie (comme on dit) en tant qu’Enseignant, devenir Directeur d’école de Second Cycle, ou accepter un poste de Conseiller pédagogique. Mais aucune de ses options ne semblait convenir à Souleymane Camara qui, après dix années passées à l’Assemblée nationale (deux fois deux mandats), s’estimait désormais devenu “grand quelqu’un”, comme disent les Ivoiriens, concernant celui qui occupe un haut poste.

Aussi s’est-il vite établi la conclusion que le responsable de ses malheurs n’est autre que Marimantia Diarra qui, à l’époque, était ministre du Plan et de l’Aménagement du terriroire. Comme si un ministre du gouvernement pouvait tout se permettre !…

Cette seule idée, du moins ce seul ressentiment l’encontre de Marimantia Diarra est amplement édifiant sur la vraie nature du politicien Souleymane Camara. C’est aussi la preuve que les électeurs de Diéma ne se sont guère trompés en le laissant “sur le banc de touche“. Sa tentative de mal dépeindre Marimantia Diarra, à la veille du 4ème congrès de l’Adéma, pour le faire tomber ensuite, n’a pas du tout fonctionné.

En effet, ce dernier, en plus d’avoir conservé son poste de Secrétaire Général de la section de Diéma, a été reconduit à son poste de Secrétaire Général du CE-Adéma. Mieux, lors du renouvellement des structures de base du parti, Marimantia Diarra, après avoir accepté les excuses publiques du sieur Souleymane Camara -et cela, sans rancune-, lui tend au contraire la perche en le reconduisant dans le bureau de la section,… sans que la sous-section dont il relève soit renouvelée.

Mais coup de théâtre : lors du renouvellement de ces structures, Souleymane Camara fut tout simplement évincé du bureau de sa sous-section. Les responsables de cette structure demandent à ce qu’il soit déposé de la section, car il n’a ni la compétence, ni les prérogatives nécessaires pour les représenter.

Dans ce cas, l’on peut dire que Marimantia Diarra a été victime de sa largesse de cœur envers un homme qui ne cherchait pourtant qu’à le muire. Mais c’est cela aussi, être un responsable !

Toujours est-il que n’étant plus membre du comité de son ressort, Marimantia ne peut plus faire grand’chose pour Souleymane Camara. C’est dire que ce dernier n’en a pas encore fini avec sa descente aux enfers politique. Dans cette situation, il ne peut et ne doit s’en prendre qu’à lui-même.


Adama S. DIALLO

19 Novembre 2008