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Occupant la troisième place dans notre économie, après le coton et l’or, l’élevage est pratiqué par au moins 80% de la population rurale au Mali et constitue la principale source de subsistance pour plus de 30% de la population. L’élevage contribue pour 12 % au PIB et rapporte au Mali 40 milliards de FCFA de recettes annuelles d’exportation, soit 17,5% des exportations totales.

Malgré ces énormes potentialités, le Mali bien que premier producteur de l’UEMOA en matière de cuirs et peaux, n’exploite pas suffisamment ce filon.

D’une production annuelle estimée à plus de 500.000 cuirs de bovin et 3.500.000 peaux d’ovin et de caprin, le secteur des cuirs et peaux maliens est confronté à de nombreux handicaps comme les exportations du produit brut de mauvaise qualité, les débouchés insuffisants, la non collecte d’une partie de la production nationale, la mauvaise commercialisation et l’insuffisance de la transformation.

Ainsi, constat a été fait que ces contraintes engendrent d’importantes pertes économiques en termes de valeur ajoutée, de création d’emplois. Comme exemple, les exportations toutes origines confondues n’apportent à l’économie nationale que 3 à 4 milliards de francs CFA. La Tunisie quant à elle, produit deux fois moins que le Mali, mais par contre exporte plus de 120 milliards de francs CFA par an.

De même, paradoxalement, le Mali continue d’importer à coup de devises des articles en cuir, car la qualité et surtout la finition de nos articles laissent à désirer, avec nos artisans qui ont du mal à répondre aux besoins des consommateurs de plus en plus exigeants.

Ainsi, dans le but de palier aux contraintes liées à la qualité des cuirs et peaux, le Mali a sollicité et obtenu, auprès du Fonds commun pour les produits de base, une subvention pour le financement d’un projet régional d’amélioration de la qualité des cuirs et peaux qui a démarré en 2005. Projet pilote, il n’intervient que dans quelques zones de production à cause de ses moyens limités.

D’une durée de trois ans, ce projet concerne le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal.
Eradiquer les défauts des cuirs et peaux du vivant et après abattage de l’animal représente son principal objectif.

Cette amélioration est obtenue grâce à la mise en place d’un système de marquage de qualité et de certification conforme aux normes de qualité déterminées.

Aussi, le succès du projet va pérenniser le système d’amélioration de la qualité des cuirs et peaux, permettant ainsi à travers un système d’information fiable, de promouvoir leur commercialisation.

L’opération, consiste à encadrer les bouchers et apprentis bouchers ; à former les collecteurs et employés de séchoir aux techniques de production, de conditionnement et de conservation des cuirs et peaux et à former et sensibiliser les éleveurs sur les techniques de marquage des animaux et la lutte contre les maladies cutanées, a expliqué Ibrahima Diané coordinateur du projet.

La meilleure manière de valoriser et promouvoir nos cuirs et peaux, a estimé Mr Diané, passe par l’amélioration de la qualité et la transformation en articles avec le sceau culturel du pays, dans un premier temps pour couvrir les besoins nationaux, puis à la longue les besoins régionaux.

Et pour cela a indiqué Mr Diané, la diffusion d’informations et de données exactes, fiables et fournies en temps réel sur les prix et la qualité dans ce processus, sont fondamentales dans les transactions commerciales.

Le Cadre intégré d’assistance technique lié au commerce est d’augmenter dans le commerce mondial, la part de marché des pays les moins avancés. Aussi, il est important de créer une image vendable des articles en cuir du Mali, à travers les foires et le WEB.

29 novembre 2006.