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Ce dicton, dont la signification pourrait se traduire par l’expression « qui commet le mal récidivera », peut tout aussi bien s’adresser à la secte Dawa qui, il y a 9 ans (soit en juin 2003), s’était « illustré » tant au Nord, précisément à Kidal ; que dans la capitale.

C’est peut-être en se rappelant de cette ancienne menace de la Dawa que le gouvernement de transition, par la voie du premier ministre, a purement et simplement annulé la grande rencontre de la secte qui devait se dérouler à Bamako. Par cette décision, les autorités maliennes ont tout simplement obéi à la voix de la sagesse et de la précaution. Ne dit-on d’ailleurs pas que mieux vaut prévenir que guérir ?

C’est dire que les soins du médecin ne servent plus à un macchabée (un mort). Mais la question qui reste posée, c’est de savoir : l’idéologie actuelle de la secte Dawa est-elle la même que celle de 2003 ? Cette secte Dawa d’aujourd’hui est-elle la réminiscence de l’autre secte Dawa de 2003 qui avait été rapidement « tuée dans l’œuf » ?

En juin 2003, les autorités maliennes avaient lancé un SOS (qui veut dire « Save our souls : Sauvez nos âmes ») à propos de la présence, dans la mosquée de Kidal, d’une secte terroriste à idéologie fanatique : la secte Dawa (qui signifie « appeler vers Dieu » en arabe), une secte qui avait déjà « semé ses graines » à Sévaré avant d’étendre ses tentacules à Bamako et Kayes. En réalité, la secte voulait envahir toutes les villes et autres localités du Mali. Heureusement que le pouvoir d’antan veillait au grain, tout comme il y veille aujourd’hui encore.

Peu avant juin 2003, l’Ambassade des Etats Unis au Mali avait reçu un avertissement concernant l’imminence d’un raid terroriste sur ses locaux. C’est dire que le SOS lancé par les autorités maliennes de l’époque n’en avait pris que plus d’urgence car pour ces fanatiques religieux « fous de Dieu », il s’agit de convertir les âmes faibles à leur cause tout en les convaincant de « mourir pour l’islam afin d’aller au paradis ». Les prêches et l’argent donné à ces pauvres recrues faisaient le reste, surtout dans un pays majoritairement analphabète où le citoyen lambda reste très vulnérable. Sur ce point, le grand prêcheur Chérif Ousmane Madani Haïdara n’avait pas manqué de lancer un cri d’alarme lors du Maouloud de cette année-là.

Cette lugubre secte était commandée par Iyad Ag Ghaly, ce même chef rebelle du Nord qui dirige aujourd’hui le mouvement Ançardine. Il était secondé à l’époque par ce fameux Ibrahim Ag Bahanga (de triste mémoire), celui-là même qui s’était « illustré » par des tueries et des prises d’otages. En ce temps-là, la secte tissait ses réseaux avec les adeptes de la « charia » en Mauritanie, au Tchad, au Niger et au Nigeria, dans le Nord, à Kaduna et Sokoto, les villes nigérianes les plus réputées pour leur islamisme radical.

Un nombre important d’ex-rebelles aurait déserté pour intégrer la secte. On comprend alors mieux le motif du pillage des stocks d’armes et de munitions dans certaines garnisons du Nord par des gardes et militaires qui avaient, à l’époque, retourné leurs vestes, plutôt leurs uniformes, pour les « beaux yeux » de la secte. Tout ce beau monde reste encore évanoui dans la nature.

La Dawa de l’époque entretenait également des relations avec l’autre fameux Ben Lawar du groupe terroriste armé algérien, le GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat). Or de Ben Lawar à Moctar Ould Moctar, la piste débouchait sûrement sur un certain Oussama Ben Laden.

Ce même Moctar était un ex-officier déserteur (recherché) de l’armée algérienne et dirigeant influent de ce même GSPC. Tout cela mène au Pakistan, là où résiderait le cerveau de la secte Dawa de l’époque, là où Ben Laden était également réfugié. Ce n’est donc pas un hasard si, depuis des mois, des Pakistanais avaient été aperçus dans la capitale, prêchant leurs « bonnes paroles » dans les mosquées de certains quartiers.

Du coup, les citoyens étaient persuadés qu’en réalité, ces prêcheurs étaient membres du réseau Al Qaïda et qu’ils étaient chargés de recruter de nouveaux adeptes, plutôt de nouvelles victimes. Aussi, le gouvernement de l’époque avait pris des mesures draconiennes afin de « tuer ce dangereux poussin déjà sorti de l’œuf » et éviter ainsi le spectre de l’intoxication religieuse au sein de cette frange de la population vulnérable de par sa pauvreté et qu’il suffit de manipuler pour la rendre fanatique et prête à toutes les extrémités.

On se rappelle encore des exhortations jugées antireligieuses entreprises par des Imams et responsables religieux lors du Ramadan 2003. On se rappelle aussi qu’au début de l’année 2003, des Pakistanais avaient été appréhendés et expulsés manu militari du pays pour cause de subversions terroristes. C’est dire qu’hier comme aujourd’hui, la vigilance est toujours recommandée afin de sauver les âmes de certains de nos compatriotes très faibles d’esprit et qui sont donc prêts à se laisser embobiner par le moindre appel de ces « sirènes » terroristes. Prudence étant mère et mer de sûreté, les services de Sûreté de l’Etat sont plus que jamais interpellés. Certes, notre pays est légendairement perçu comme une terre d’accueil, mais le Mali ne sera jamais une terre à…cercueils !

Oumar Diawara « Le VIATOR »

18 Septembre 2012