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A la grande satisfaction des parents d’élèves et d’une bonne part de lycéens qui redoutaient la menace de l’année blanche qui planait sur l’exercice actuel.

Au secondaire général, les classes de terminales (12è ), toutes séries confondues, ont donné le ton de concert avec le BT dans le technique professionnel.

Les enseignants de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses) ont cependant maintenu leur refus de procéder aux évaluations et ne sont donc pas présentés.

« COMPOSEZ TRANQUILLEMENT …  » A la surprise générale, c’est du côté de l’AEEM, favorable aux évaluations, qu’est venue la division. Partisans et opposants de l’évaluation se sont nettement démarqués hier : les premiers s’adjoignant souvent, après un flottement, une partie des indécis.

Ainsi au lycée Askia, les compositions ont débuté avec une heure de retard. A 8 heures, les adversaires de l’évaluation ont tenté de saboter les épreuves en balançant des pierres avant de quitter la cour suivis par un impressionnant contingent d’indécis.

Après leur départ et une fois le calme revenu, un petit nombre d’élèves décidés à être évalués, est revenu en classe. Le bon exemple appuyé par des appels téléphoniques aux copains et proches ont fini de persuader de nombreux élèves de faire demi-tour.

Juste avant 10h, un groupe d’élèves s’inquiétait ainsi de savoir s’il était encore possible de composer. Ils ont été acceptés dans leurs salles et assurés de terminer l’épreuve comme les autres quelque soit l’heure à laquelle ils auraient commencé.

Ici l’administration, en faisant le tour des classes, a multiplié les assurances : « Composez tranquillement, dites aux autres de venir s’ils veulent composer et sachez que ceux qui vous surveillent ne sont ni des badauds, ni des chômeurs, mais des professeurs de l’enseignement secondaire ».

Au lycée Bâ Aminata Diallo, les agents de police arc-boutés sur leurs ordres, ont refusé l’accès de la cour à notre équipe.

Mais à quelques pas de là, à l’ECICA, au Lycée technique et, plus loin, au Centre de formation professionnelle « Soumangourou Kanté », tous sécurisés par la gendarmerie comme le lycée Askia, nous avons pu accéder sans difficulté aux classes pour jauger la situation des compositions.

Au Lycée technique, 4 des 6 classes d' »économie » étaient présentes tout comme 2 classes de « génie civil » et 2 autres d' »industrie ».

Tout le monde n’a donc pas accepté de composer. Les partisans de l’évaluation se sont mis à la tâche dès que les contestataires ont vidé les lieux.
Dans le secondaire général, chaque série a débuté par sa matière principale pour une épreuve de 4 heures.

Littérature pour les langues et littérature (LLT), philosophie pour les sciences humaines (SHT), mathématiques pour les sciences exactes (SET), biologie pour les sciences biologiques (SBT).

QUI VA CORRIGER ? Les choses ont été moins aisées dans le technique professionnel où des matières spécifiques ne peuvent être surveillées que par les professeurs attitrés. C’est le cas, par exemple, de la sténographie dont l’épreuve a été annulée hier au CFP.

Dans cette école professionnelle où cohabitent depuis des années les élèves du B.T. et ceux du CAP, seuls 56 éléments ont participé aux compositions sur les 287 occupants des 11 classes de B.T.. Pourtant à 8h, la cour était pleine d’élèves.

C’est au moment où ils ont été priés de rejoindre les salles que les adversaires des « compos » ont déclenché, comme au lycée Askia, des jets de pierre. Ils ont été rapidement chassés des lieux par les agents qui accompagnaient jusque devant les salles les retardataires désireux de composer .

L’ECICA n’a pas connu de remue-ménage et à 10 heures, sa cour revêtait les allures d’une école fermée ou en vacances. A l’exception des agents postés aux entrées, il n’y avait que deux dames dans la cour, venues probablement accompagner les rares candidats à l’évaluation.

Ici seules les 3è années (BT1) composaient et on ne dénombrait que 8 candidats en tout et pour tout : 5 de 3è année G.M. (topographie), 1 de TCB (commerce distribution) et 2 de SD (secrétariat de direction).

Dans la plupart des écoles privées où deux compositions ont déjà eu lieu, les élèves ont été priés de rester chez eux.

Ce démarrage à vitesse variable des évaluations suscite des interrogations qui recevront des réponses dans les jours qui viennent, des questions comme, par exemple, comment va se dérouler la suite des compositions et qui va corriger toutes ces épreuves, surtout celles de l’enseignement technique et professionnel ?

Ceux qui les ont surveillées ne pourront pas forcément le faire d’autant que malgré ce qu’ont soutenu certains de nos interlocuteurs, ils n’étaient pas tous des professeurs de l’enseignement secondaire privé. Pas de problèmes apparents par contre pour les épreuves.

Celles-ci ont été choisies comme d’habitude par les académies, expliquent plusieurs responsables. Ce ne sont, assurent-ils, ni des anciens sujets d’examen, ni des sujets de compositions passées.

« Ce sont nos enseignants du public qui ont évalué les élèves du privé et pour nous faire une idée des sujets qu’il faut à nos élèves du public, il nous a suffi de nous référer à ce qui a été donné dans les établissements privés », explique un directeur d’école secondaire.

L’épreuve de force n’en prend pas moins une tournure marquée par nombre d’incertitudes. Et plus que jamais, un apaisement est souhaitable mais depuis le temps qu’on l’espère …


C. DIAWARA

20 Mai 2008