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sypces.jpgLes candidats au bac qui attendent impatiemment les résultats de l’examen seront fixés sur leur sort dans quelques jours. Les notes de classe dont la rétention bloquait les délibérations, viennent d’être mises à la disposition de l’administration scolaire par les syndicats de l’enseignement secondaire. Le déblocage de la crise est intervenu à l’issue d’une rencontre mardi entre le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga et les syndicalistes de cet ordre d’enseignement. La rencontre s’est déroulée à la primature en présence des ministres Ousmane Thiam, Cheick O. Sissoko, Gaoussou Drabo et Badi Ould Ganfoud, des secrétaires généraux de la primature et du ministère de l’Éducation Nationale. Les membres du comité de suivi pour une école performante et apaisée, des représentants de l’Association des parents d’élèves, du Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec) étaient aussi présents.

SITUATION PREJUDICIABLE

Le Premier ministre a, d’entrée de jeu, précisé qu’il n’était pas en négociation avec les enseignants. Il s’agissait pour lui de faire des propositions de sortie de crise, donc de trouver une issue à une situation préjudiciable à l’école malienne. Aussi, il n’a été question que des points de revendication n’ayant jusque là trouvé de solution acceptable aux yeux des enseignants.

Pour le Syndicat des professeurs contractuels de l’enseignement secondaire (Sypces), la divergence tient en trois points. Le premier porte sur le paiement des arriérés d’indemnités de juillet à décembre 2004. Le Premier ministre leur a donné raison sur ce point et mis les torts du côté de l’administration avant de relever que cette revendication est totalement réglée. En effet, le retard n’existait qu’au niveau du district de Bamako et portait sur quelque 30 millions de Fcfa décaissés depuis quelques jours.

La seconde doléance a trait à la levée des obstacles juridiques, afin de permettre aux professeurs contractuels d’assumer certaines responsabilités administratives (proviseur, censeur) et de bénéficier de congés de formation comme leurs collègues de la fonction publique. Le chef du gouvernement a demandé au ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l’État et des Relations avec les Institutions de mener une étude sur la question, afin de fournir au gouvernement les orientations nécessaires à une prise de décision.

Le dernier point concerne la hiérarchisation des professeurs contractuels. Ici aussi le PM, reconnaissant la légitimité de la doléance, a promis d’établir les plaignants dans leurs droits. « Nous avons augmenté la valeur indiciaire pour tous les travailleurs donc vous méritez une augmentation et il s’agit pour nous de réparer cela« , a-t-il déclaré pour conclure le chapitre du Sypces.

Côté Syndicat national des travailleurs de l’enseignement secondaire (Syntes), on dénombrait aussi trois revendications. La première concerne la relecture de la loi d’orientation sur l’éducation, plus précisément d’un article 60 d’une loi de décembre 1999 instituant la nomination sur concours aux postes de proviseur et de censeur. Ce texte ne s’applique, selon les plaignants, qu’au seul corps enseignant du secondaire général.
Après avoir rappelé que cette loi avait été prise à la demande des enseignants eux-mêmes, le Premier ministre a promis de mettre sur pied une commission présidée par son propre directeur de cabinet. « La commission examinera la question et fera des propositions qui seront soumises au Conseil des ministres« , a précisé Ousmane Issoufi Maïga.

PLUSIEURS CONCILIABULES

Seconde revendication : les primes de logement. Le chef du gouvernement a clairement souligné que l’État ne pouvait donner des indemnités de logement à tous ses travailleurs, même s’il est évident que les enseignants méritent des logements décents comme tous les autres Maliens au service de l’État. Il a tout de même proposé de créer une commission avec laquelle les professeurs discuteront et arrêteront quelque chose.

Le Syntes réclamait, enfin, une hausse des primes de surveillance et de correction des examens. Le Premier ministre a manifesté sa surprise de voir la question revenir sur le tapis, alors que la dernière augmentation des primes en question fait l’objet d’un décret datant seulement du 30 mai dernier.

Après ces clarifications, Ousmane Issoufi Maïga a demandé aux deux syndicats de mettre fin à la rétention de notes. Youssouf Diarra, le secrétaire général du Syntes, et son homologue du Sypces, Tiémoko Dao, conditionneront alors la levée de ce mot d’ordre à un engagement ferme d’octroi de prime de logement ou de logement tout court (pour le premier) et à la levée des obstacles juridiques (pour le second). Ces deux propositions ont été rejetées par le Premier ministre. Après plusieurs conciliabules, les syndicalistes ont accepté de remettre sans délai les notes de classe.

Une issue heureuse qui contentera, à n’en pas douter, tous les partenaires de l’école. Et qui met fin à un regrettable gâchis.

C. DIAWARA-L’Essor

19 juillet 2007.