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Le bras de fer engagé dès le 1er trimestre par la Coordination des syndicats enseignants de l’enseignement secondaire (COSES) a certes fait des dégâts en empêchant les évaluations (les compositions) et en installant une rétention des notes de devoirs, mais deux raisons permettent d’entretenir un espoir raisonnable.

Primo, les cours ne se sont pas interrompus et de l’avis de plusieurs professeurs membres de la Coses, deux semaines de classe suffiraient à boucler les programmes annuels. Secundo pour les 10è et 11è qui ne sont pas des classes d’examen, deux évaluations restent possibles à condition de réaménager la fin de l’année scolaire. Les terminales vont devoir se limiter à une seule évaluation avant les examens.

L’année scolaire s’est déroulée presque normalement. En dehors de débrayages isolés et de cours séchés à l’approche des fêtes (désormais, une tradition), tous les établissements secondaires publics et privés avaient rompu avec les assemblées générales (A.G.) porteuses de désordre.

L’Ecica où les élèves des 4è année ont fait grève durant une bonne partie du 2è trimestre pour protester contre le retard accusé dans le paiement de leurs bourses de stage estimées à 20 000 Fcfa, semble être l’exception qui confirme la règle. Les mécontents n’ont repris les cours qu’à partir de la dernière semaine d’avril.

Voilà bientôt deux semaines cependant que les établissements secondaires publics ont renoué avec les débrayages pour réclamer des évaluations et, accessoirement, empêcher le privé de procéder à une seconde évaluation de ses élèves. La décision de débrayer ne relève pas de l’initiative de quelques agitateurs mais du bureau de coordination de l’AEEM, lui même, qui a décrété lundi dernier une grève de 72 heures pour les écoles publiques et d’une semaine pour les écoles privées, confirme le secrétaire général du bureau de coordination de l’AEEM, Mohamed Ibrahim Baby, joint au téléphone.

C’est donc pour forcer aux évaluations comme dans le privé que le syndicat estudiantin s’est résolu à vider les classes. Les lycéens reviendront peut être aujourd’hui mais aucun proviseur ou directeur d’établissement ne se fait d’illusions puisque la reprise ne signifie pas l’extinction du mouvement. Le problème posé reste, en effet, entier :

comment évaluer les élèves des lycées publics si la Coses campe sur son refus de participer aux compositions ? C’est à la réponse à cette question que travaille le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique. Le département explore les pistes avec la commission nationale pour une école performante et apaisée et les autres partenaires de l’école parmi lesquels les syndicats d’enseignants qui ne partagent pas l’option radicale de la Coses.

Le chronogramme esquissé pour sauver l’année, démarre le 19 mai par les compositions dans le secondaire public. Auparavant une cellule de communication sera chargée de l’information du public sur la nécessité et les moyens de sauver l’année. Elle devrait insister en toute logique sur les conséquences graves et générales d’une invalidation de l’année scolaire.

Dans quelques jours, annonce le conseiller technique chargé de l’enseignement secondaire, le cabinet rencontrera les directeurs d’académie. Ousmane Saïd Cissé est convaincu qu’en mettant à contribution les autorités scolaires, les parents d’élèves, les élèves et les enseignants conscients du danger de l’année blanche, il est possible de conclure normalement l’année scolaire.

« Les programmes sont exécutés. Quant aux évaluations qui font pourtant partie des obligations pédagogiques des professeurs, quelque soit leur différend avec le gouvernement, elles se feront avec ceux qui le veulent« , précise Ousmane Saïd Cissé.

Les récentes perturbations survenues dans les écoles privées sans trop grand effet, juge-t-il en estimant qu’elles peuvent être rapidement réparées.
Il reste cependant une inconnue : l’attitude de l’AEEM. À l’issue d’une récente rencontre, explique Ousmane Saïd Cissé, l’AEEM, après un long débat, a fini par se convaincre de l’impérieuse nécessité de sauver l’année et a donc naturellement rallié le camp de ceux qui œuvrent dans ce sens.

Le secrétaire général de l’Association des élèves et étudiants du Mali assure, lui, avoir appris la date des évaluations programmées pour le 19 mai dans la rue. Son mouvement, dit-il, n’a été associé à rien. Le syndicat estudiantin semblant de bonne foi, il est encore temps de mettre les formes pour obtenir son ralliement actif à l’opération de sauvetage.

C. DIAWARA

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Une Grève différemment appréciée

Les établissements secondaires publics et privés de Bamako et sûrement ceux de l’intérieur (à l’exception de quelques uns) ont débrayé lundi dernier pour 72 heures à la demande du bureau de coordination de l’AEEM. Aux lycées Askia, Ba Aminata, Technique etc. on promet de revenir ce matin. Peut être pour décider d’une autre sortie ? La plupart des établissements privés et l’Ecica ont décidé de se « reposer » toute la semaine.

Hier, aux environs de 10 heures les lycées du centre-ville étaient quasiment déserts. Seuls quelques professeurs et l’administration scolaire vaquaient à leurs occupations. Dans ces établissements, on ne croisait pas un seul agent de police pour la simple raison que les pensionnaires de ces écoles ne courent aucun danger. Au contraire, ce sont souvent eux qui vont provoquer leurs voisins.

Le lycée Notre Dame du Niger semble être un des rares établissements privés à avoir sérieusement analysé l’évolution des événements. Il a demandé et obtenu une protection. Ainsi lundi matin avant 6 heures, un dispositif impressionnant d’éléments des forces de l’ordre a été déployé à l’intérieur de l’école et à son unique entrée.

Les Terminales en composition n’ont pas plus été inquiétées que les autres classes qui ont suivi normalement leurs cours. Le même dispositif était reconduit hier matin.
Le lycée Prosper Kamara n’a pas eu cette chance. D’après nos renseignements, ses élèves ont été contraints de quitter leur domaine, sous la pression des agitateurs.


C. D.

08 Mai 2008