Partager

Dans le camp du FDR, le parti de la poignée de main (URD) est le seul bénéficiaire de ce second tour.

L’écart entre Ibrahim Boubacar Kéita (39,23%) et Soumaïla Cissé (19,44%) est grand. Cependant, «Soumi» croit toujours en son étoile. Il pense certainement gagner à la «manière guinéenne» où il y avait un écart considérable au premier tour entre Ceyllou Dalein Diallo 44% et Alpha Condé 17% ou même au Libéria entre Georges Woya 34% et Hellen Johnson Sirleaf 17% au premier tour.
Dans les deux cas, les seconds, loin derrière, ont remporté la victoire au deuxième tour.

Au Mali la réalité est toute différente, car il ne s’agit ni plus ni que d’un vote sanction de tout un peuple contre des prébendiers et de rentiers qui n’ont jamais caché leur prétention de perpétuer le régime «ATT» sans « ATT». Le résultat d’IBK (39,23%) est édifiant et ne saurait être le couronnement de l’effort d’un parti politique ou d’un regroupement de partis politiques.
Il est également établi que le candidat qui est arrivé en tête n’a jamais été dépassé au second tour par celui qui le suit.

En 1992, Alpha Oumar Konaré avait obtenu au premier tour 22% des voix exprimées et Tiéoulé Mamadou Konaté 14%.

En 2002, ATT a obtenu 28,07% et Soumaila Cissé 21,32%. Et récemment en 2007 entre ATT et IBK le scénario n’a pas changé. Il ressort, à partir de l’expression des suffrages, que le malien de nature n’est pas un homme engagé politiquement ; tout ce qui se confirme après le scrutin dernier : (Inscrits : 6 829 696 ; votants : 3 520 242 ; bulletins nuls 403 532). Dans un tel contexte, ce sont les reports de voix qui seront certes déterminant dans la victoire du vainqueur du second tour.

«Soumi» peut-il renverser cette tendance confortable d’IBK ? Rien n’est moins sûr, dans la mesure où l’électorat est partagé entre deux camps implicitement constitués : le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) groupe des restaurateurs et le groupe, avec leader IBK, qui prône le changement dans la gouvernance avec des slogans porteurs.

Rien n’est moins sûr, puisque pour l’électorat voter «Soumi» ce serait voter «ATT» sans «ATT».

Pour ce second tour «Soumi» se montre offusquer par la mauvaise organisation du vote des maliens de l’extérieur. Cependant, IBK peut tenir le même langage ; tout compte fait, on ne saurait gagner une élection présidentielle à partir de l’extérieur.

Fatou CISSE

05 Août 2013