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Quelques semaines avant le scrutin du premier tour, ils étaient peu nombreux à imaginer un renversement spectaculaire de situation en moins de cinq jours du second tour. Presque tout le monde était convaincu qu’au second tour, IBK allait se retrouver seul contre tous ! Surtout après l’accord du FDR qui avait mobilisé plus d’une vingtaine de présidents de partis politiques, et pas des moindres, avec comme leitmotiv » Tout sauf IBK « . Mais que vivons-nous aujourd’hui ? Un renversement complet de situation. Hier c’était » Tous contre IBK » aujourd’hui, c’est « Tous avec IBK» .

Massivement, les Maliens ont accompli, le dimanche 28 juillet, leur devoir de citoyens. Ils ont porté en majorité leurs suffrages sur le candidat de la « Coalition le Mali d’abord « , l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), en le plaçant en tête du classement provisoire avec un score de 39, 24%, prenant une longueur d’avance de près de 20% sur le second, le candidat du FDR, Soumaïla Cissé.

La majorité du peuple malien a porté son choix sur celui-là même qu’il estime être l’homme de la situation. Cela était pourtant prévisible, vu la grande mobilisation qu’il a réussie au stade du 26 Mars lors du lancement de sa campagne. Sans oublier que le jour de l’élection près de cent journalistes étaient là pour la couverture médiatique du vote de IBK.

Malgré tous ces signes qui ne trompent pas, ils n’ont pas vu venir le tsunami électoral qui a déferlé vers le candidat de la » Coalition Le Mali d’abord « . Après la sortie du ministre de l’Administration territoriale pour l’annonce du 1/3 des résultats, les accusations envers certains guides religieux et l’armée ont fusé de toutes parts. Ces deux groupes sont accusés de rouler pour l’un des deux candidats. Comme si les uns et les autres étaient des citoyens à part. Et comme si c’est la première fois que des consignes de vote sont clairement données par une composante sociale bien compacte.

Le phénomène que nous vivons aujourd’hui est inédit. Sur les 25 candidats recalés au premier tour, 18 se sont déjà clairement prononcés en faveur d’IBK en invitant leurs militants à l’élire massivement au soir du 11 août. Parmi lesquels le 3ème (Dramane Dembelé 9,5%), le 5ème (Housseini Amion Guindo, 4,7%), le 6ème (Oumar Mariko, 2,4%) le 7ème (Choguel Kokalla Maïga, 2,29%) et Konimba Sidibé du Modec,0,55%, pour ne citer que ceux-là. Trois candidats se sont prononcés pour Soumaïla Cissé, à savoir le 4ème (Modibo Sidibé, 4,87), le 9ème (Jeamille Bittar, 1,74%) et Tiébilé Dramé, 0,19%. Les quatre autres sont neutres pour le moment.

Comment expliquer ce renversement de situation quand on sait qu’avant le scrutin du premier tour, de nombreuses voix s’étaient élevées contre IBK ? Les consignes au sein du FDR étaient claires, main dans la main, ils ont signé un pacte d’alliance avec le candidat de la plateforme qui arrivera au second tour. Aujourd’hui, le constat est clair, la maison FDR brûle.

C’est tout le contraire que nous observons maintenant, » Tous avec IBK « . En revanche, « Soumi champion « , se retrouve avec ses trois alliés fidèles au FDR, en supposant qu’ils ne vont pas changer de veste le 11 août. Le moindre mal à souhaiter au candidat de l’URD est de sortir de ce second tour du scrutin par la grande porte. Sinon, au rythme où vont les choses, la crainte d’un KO politique n’est pas loin. Même le séisme qui secoue l’Adema aujourd’hui, risque d’atterrir à l’Urd si le candidat Cissé venait à rater le sprint final.

En somme, ce comportement des candidats explique une terrible guerre de positionnement. Qui sera alors l’opposition ? Ou va-t-on tout droit vers le consensus tel qu’on l’a vecu sous le magistère d’ATT ?

Clarisse NJIKAM

cnjikam2007@yahoo.fr
SOURCE: L’Indépendant du 6 août 2013.